Cas clinique : troubles du sommeil chez adolescent — dépister un syndrome des jambes sans repos (SJSR) lié à une carence martiale
Vignette clinique
Adolescent de 15 ans, consultation pour insomnie d’endormissement (60–120 min), irritabilité et baisse des performances scolaires. Somnolence diurne modérée, mais sans ronflement ni pauses respiratoires rapportées. Il décrit le soir une « agitation dans les jambes », difficile à expliquer, avec besoin impérieux de bouger, surtout au repos (devoirs, lit). Les symptômes s’améliorent nettement à la marche et reviennent dès l’arrêt. Pas de douleurs articulaires, pas de consommation de caféine excessive. Antécédent de poussées de croissance récentes; alimentation pauvre en fer.
Discussion diagnostique
Le tableau est très évocateur d’un syndrome des jambes sans repos (SJSR)/trouble moteur lié au sommeil : (1) besoin de bouger avec sensations désagréables, (2) déclenché/aggravé par le repos, (3) soulagé par le mouvement, (4) majoration vespéro-nocturne. Chez l’adolescent, le SJSR est fréquemment sous-diagnostiqué et peut mimer une « insomnie psychophysiologique » ou un trouble anxieux.
À demander systématiquement : mouvements périodiques des membres (témoins), antécédents familiaux, traitements dopaminergiques/antihistaminiques, TDAH, et recherche d’apnées si signes associés.
Bilan minimal (EBM)
Un dosage de ferritine (avec CRP si besoin) est pertinent : une carence martiale fonctionnelle est un facteur majeur. De nombreuses recommandations pédiatriques visent un objectif de ferritine ≥ 50 µg/L (certains proposent ≥ 75 µg/L chez l’adulte) en cas de symptômes.
Prise en charge
- Mesures non pharmacologiques : régularité des horaires, réduction des écrans le soir, activité physique diurne, éviction de caféine/énergisants.
- Correction martiale si ferritine basse ou limite : fer per os (dose selon poids), contrôle biologique à 8–12 semaines et suivi clinique.
- Si persistance sévère : discussion spécialisée (centre du sommeil/pédiatrie). Les agonistes dopaminergiques sont plutôt réservés et prudents chez le jeune; d’autres options (p. ex. gabapentinoïdes) relèvent d’un avis expert.
Message clé
Devant une insomnie d’endormissement chez l’adolescent, interroger activement sur les symptômes de SJSR et doser la ferritine : un traitement simple (fer) peut transformer le sommeil.
Sources : International Restless Legs Syndrome Study Group (critères diagnostiques); American Academy of Sleep Medicine (guidelines RLS/PLMD, mises à jour); recommandations cliniques pédiatriques sur SJSR et statut martial (revues et consensus).
4 commentaires
Tableau très évocateur de SJSR : urgence motrice désagréable, majorée au repos, prédominant le soir/nuit, soulagée par le mouvement — à différencier d’une anxiété, de douleurs de croissance ou de crampes. Chez l’adolescent, l’enjeu est d’y penser devant une insomnie d’endormissement et une somnolence/irritabilité scolaires. La piste « carence martiale » est pertinente : les recommandations récentes insistent sur le dosage ferritine + bilan martial (± CRP) car une ferritine basse/“basse normale” est associée aux symptômes et aux mouvements périodiques des jambes. En pratique, beaucoup d’équipes visent une ferritine >50 µg/L (parfois >75 selon contextes) avant d’envisager d’autres traitements. Penser aussi aux facteurs aggravants (antidépresseurs, antihistaminiques sédatifs, caféine) et au dépistage familial (SJSR fréquent).
Ça fait très « syndrome des jambes sans repos » : une sensation bizarre dans les jambes le soir, surtout quand on est assis ou couché, avec une envie irrépressible de bouger. Le point clé, c’est que bouger soulage vite… mais que ça revient dès qu’on s’arrête. Chez un ado, ça peut être confondu avec du stress, du “trop d’écrans” ou une simple agitation, alors que le problème empêche surtout l’endormissement et fatigue la journée (irritabilité, résultats scolaires). À ne pas oublier : une carence en fer est un grand classique derrière un SJSR. Donc dépistage simple : ferritine (et bilan martial), et chercher pourquoi le fer est bas (croissance, règles abondantes, alimentation). Traiter la carence peut parfois transformer le sommeil sans médicaments lourds.
Vignette très évocatrice d’un SJSR chez l’adolescent : inconfort/« agitation » des jambes, majoré au repos, prédominant le soir, soulagé par le mouvement et récidivant à l’arrêt — critères clés à rappeler. L’absence de ronflement/pauses respiratoires oriente moins vers un SAOS, mais il reste utile de documenter le retentissement (somnolence, humeur, performances) et l’hygiène de sommeil. Point central : dépister une carence martiale même sans anémie. À compléter par un interrogatoire familial (SJSR), médicaments/caféine, anxiété/TDAH, et recherche de mouvements périodiques des membres. Bilan minimal : ferritine, CRP (interprétation), fer/transferrine selon contexte. Si ferritine basse (souvent seuils 50–75 µg/L selon recommandations), discuter supplémentation en fer et suivi clinique, avec évaluation de la réponse sur latence d’endormissement.
Le tableau clinique coche très précisément les 4 critères diagnostiques du SJSR (URGE) : besoin impérieux de bouger avec sensations désagréables, survenant au repos, majorées le soir/nuit, soulagées par le mouvement. Le délai d’endormissement (60–120 min) et la somnolence diurne sont cohérents avec une fragmentation du sommeil, possiblement via mouvements périodiques des membres. À 15 ans, la priorité est de rechercher une étiologie secondaire, en particulier une carence martiale : doser ferritine, fer, CST/transferrine, CRP (ferritine inflammatoire), ± NFS. En pratique pédiatrique, une ferritine <50 µg/L est souvent un seuil pertinent pour traitement, même sans anémie. Le dépistage d’apnées est moins prioritaire ici (pas de ronflement), mais un agenda de sommeil et un screening TDAH/anxiété peuvent aider au différentiel et aux comorbidités.

Description compatible avec un SJSR selon les critères clés (besoin irrépressible de bouger, aggravation au repos, prédominance vespérale/nocturne, soulagement par le mouvement). Bien vu de rappeler les diagnostics différentiels (anxiété, crampes, douleurs de croissance), mais il manque des éléments factuels utiles au dépistage chez l’ado : préciser la présence d’un « discomfort » (paresthésies), l’impact sur le sommeil, et surtout interroger l’histoire familiale (fréquente) et l’existence de mouvements périodiques des membres. Si l’hypothèse « carence martiale » est avancée, il faut documenter : ferritine (et idéalement CRP pour l’interprétation), fer/Tsat selon le contexte ; beaucoup de recommandations pédiatriques envisagent une supplémentation si ferritine basse (souvent <50 µg/L, seuil variable). Mentionner aussi causes/associations : déficit en fer, TDAH, certains antihistaminiques/antidépresseurs, caféine.