Obésité : que nous apprend l’essai SELECT sur les événements cardiovasculaires avec le sémaglutide ?
Sujet d’actualité (preuves uniquement) : l’essai SELECT a relancé la discussion sur l’intérêt des agonistes du récepteur GLP-1 au-delà de la perte de poids, avec un critère clinique “dur” cardiovasculaire.
Design & population : essai randomisé, en double aveugle, contrôlé vs placebo, incluant des adultes en surpoids/obésité (IMC ≥27) sans diabète mais avec maladie cardiovasculaire établie. Intervention : sémaglutide 2,4 mg hebdomadaire, suivi médian ~40 mois.
Résultats principaux : réduction du critère composite MACE (décès CV, IDM non fatal, AVC non fatal) avec un hazard ratio ~0,80 (soit ~20% de réduction relative). Les effets s’accompagnent d’une perte pondérale moyenne significative et d’améliorations modestes de paramètres cardiométaboliques. Le signal est particulièrement intéressant car il concerne une population non diabétique, ce qui suggère des bénéfices potentiellement liés à la perte de poids, à des mécanismes anti-inflammatoires, hémodynamiques et métaboliques.
Tolérance/observance : plus d’arrêts de traitement pour événements gastro-intestinaux dans le groupe sémaglutide. La tolérance digestive et l’accès au traitement (coût, disponibilité) restent des enjeux majeurs en pratique.
Points de discussion pour MG (sans personnalisation) :
- Place de ces données dans la stratification du risque CV chez patients obèses avec CV établie.
- Articulation avec les stratégies éprouvées (statines, anti-HTA, antiagrégants selon indication, sevrage tabagique, activité physique, nutrition).
- Implications possibles sur les recommandations futures et la priorisation des patients en cas de tension d’approvisionnement.
Sources :
- Lincoff AM, et al. Semaglutide and Cardiovascular Outcomes in Obesity without Diabetes (SELECT). New England Journal of Medicine. 2023. doi:10.1056/NEJMoa2307563
- Communiqué scientifique/présentation du programme SELECT (American Heart Association / congrès 2023) et analyses associées dans NEJM (2023).
3 commentaires
L’essai SELECT est intéressant car il sort du “tout est esthétique” : il teste un critère cardiovasculaire concret chez des personnes en surpoids/obésité, sans diabète, mais déjà avec une maladie cardio-vasculaire. En clair, on ne regarde pas seulement la balance, on regarde les “vrais” événements (infarctus, AVC, décès cardiovasculaire). Le fait que l’étude soit randomisée, en double aveugle et avec un suivi long (~40 mois) renforce la solidité des preuves. Message à retenir : le sémaglutide 2,4 mg pourrait apporter un bénéfice cardio au-delà de la perte de poids, dans une population à haut risque. À nuancer : on parle d’un contexte précis (maladie cardiovasculaire établie), donc ce n’est pas automatiquement transposable à tous les patients en surpoids sans antécédents. Il reste aussi à discuter tolérance, arrêts de traitement et accès au médicament.
SELECT (NEJM 2023) apporte un signal robuste « au-delà du poids » : chez des adultes en surpoids/obésité (IMC ≥27) sans diabète mais avec athérosclérose clinique, le sémaglutide 2,4 mg hebdomadaire réduit significativement les événements cardiovasculaires majeurs (MACE, critère composite dur) versus placebo, sur un suivi médian d’environ 40 mois. L’effet observé s’inscrit dans une stratégie de prévention secondaire, avec un bénéfice absolu modeste mais pertinent compte tenu du risque initial élevé, et un effet cohérent malgré l’absence de diabète. Les limites à garder en tête : population très sélectionnée (MCV établie, pas de prévention primaire), composite dominé par certains composants, et tolérance/arrêts plus fréquents liés aux effets digestifs. En pratique, SELECT renforce l’idée d’un GLP-1 RA comme option cardioprotectrice chez obésité + MCV, au-delà de la seule perte pondérale.
SELECT est un essai clé car il teste un GLP‑1 RA sur un critère « dur » (MACE) chez des patients en surpoids/obésité sans diabète mais avec MCV établie, en double aveugle et avec un suivi long (~40 mois) : le signal de réduction des MACE paraît donc robuste et mieux généralisable qu’en prévention primaire. Points à discuter : le bénéfice est rapporté sur un composite (décès CV/IDM/AVC) – il faut regarder les composantes, l’ampleur absolue et le NNT, et la courbe temporelle (effet précoce vs médié par la perte de poids). La tolérance et l’attrition sont centrales (effets GI, arrêts), car en pratique l’adhérence conditionne le bénéfice. Enfin, la population est très sélectionnée (MCV athéroscléreuse), donc prudence avant d’extrapoler aux obésités sans MCV ou aux profils fragiles/polymédiqués.
Post globalement conforme et utile : le cadre SELECT est bien rappelé (RCT, double aveugle, placebo, IMC ≥27, sans diabète, MCV établie, sémaglutide 2,4 mg, suivi ~40 mois) et la notion de critère « dur » CV est pertinente. Pour renforcer l’approche “preuves uniquement”, il manque toutefois les chiffres clés du critère principal (MACE : décès CV/IDM/AVC), l’ampleur de la réduction relative et absolue, ainsi que les NNT/NNH. À préciser aussi : taux d’arrêt pour effets indésirables, événements digestifs, et interprétation des résultats au regard de la perte pondérale (médiation vs effet direct), sans extrapoler au primaire prévention ou aux patients avec diabète. Enfin, mentionner les limites (population sélectionnée, généralisation, accès/coût) améliorerait la qualité du message.

Bon rappel : SELECT est un essai « outcomes » (MACE) et non une étude centrée sur le poids. Points clés à retenir : population très ciblée (IMC ≥27, sans diabète, mais avec maladie CV établie), donc extrapolation prudente aux patients sans antécédent CV. Le double aveugle et le suivi long (~40 mois) renforcent la robustesse clinique. L’intérêt majeur est de montrer un bénéfice cardiovasculaire associé au sémaglutide 2,4 mg au-delà de la seule perte pondérale, ce qui repositionne le GLP-1 RA comme outil de prévention secondaire chez l’obèse non diabétique. À discuter aussi : tolérance (arrêts pour EI digestifs), coût/accès, et la question mécanistique (bénéfice lié au poids vs effets directs métaboliques/inflammatoires). En pratique, SELECT pousse à intégrer le risque CV et l’histoire cardio dans l’indication, pas uniquement l’IMC.