Intoxication au monoxyde de carbone en milieu professionnel : cas clinique, conduite à tenir et obligations de prévention
Cas clinique (réel plausible)
Un homme de 42 ans, technicien de maintenance, consulte pour céphalées, nausées et asthénie évoluant depuis 48 h. Les symptômes s’aggravent en fin de poste et s’améliorent le week-end. Il travaille dans un local technique exigu où un groupe électrogène thermique a été utilisé « temporairement » lors d’une panne électrique, avec ventilation jugée suffisante par l’équipe.
À l’examen : TA 135/80, SpO₂ 99% à l’air ambiant, pas de signes focaux. L’oxymétrie est peu contributive (elle ne distingue pas l’oxyhémoglobine de la carboxyhémoglobine). Le dosage de carboxyhémoglobine (COHb) est à 14% (non-fumeur). Diagnostic : intoxication au CO d’origine professionnelle. Oxygénothérapie normobare, éviction immédiate de l’exposition, déclaration en accident du travail selon le contexte et traçabilité médicale.
Points clés pour la pratique en santé au travail
- Clinique trompeuse : céphalées, vertiges, troubles cognitifs, parfois douleurs thoraciques. L’absence d’hypoxémie à la SpO₂ n’exclut rien.
- Investigation : reconstituer précisément les conditions (sources de combustion, ventilation, durée, co-exposition solvants). Mesures environnementales CO si possible, et alerte de l’employeur pour sécurisation immédiate.
- Prévention primaire : substitution (équipements électriques), interdiction d’usage d’engins thermiques en locaux clos, ventilation efficace, détecteurs CO, procédures de consignation/autorisation de travail.
- Suivi : évaluer séquelles neurocognitives à distance (troubles mnésiques, attention), notamment après COHb élevée ou symptômes marqués.
Réglementation (France)
L’employeur a une obligation générale de sécurité : évaluation des risques, mise en place de mesures de prévention, information et formation. Le CO relève des agents chimiques dangereux ; la démarche de prévention doit s’inscrire dans le DUERP avec mesures techniques et organisationnelles adaptées.
Message constructif
En cas de symptômes « banals » mais corrélés au travail, pensez CO, surtout lors d’usages transitoires (chauffages d’appoint, groupes électrogènes). La clé est la suppression de la source et la détection précoce.
Sources : INRS (Monoxyde de carbone : dangers, prévention) ; Santé publique France (Intoxications au CO) ; Code du travail (obligation de sécurité, prévention des risques chimiques).
5 commentaires
Cas très parlant : les signes (maux de tête, nausées, fatigue) qui empirent au travail et s’améliorent le week-end font penser à une intoxication au monoxyde de carbone (CO). Le piège, c’est la SpO₂ à 99% : l’oxymètre « voit » l’oxygène et le CO un peu pareil, donc il peut rassurer à tort. Le CO est un gaz invisible et sans odeur, comme un “voleur d’oxygène” qui prend la place dans le sang. Devant ce tableau : sortir immédiatement de la zone, oxygène à haut débit, appel au SAMU/urgences, dosage de carboxyhémoglobine (si possible rapidement), et enquête environnementale. Côté prévention : interdiction d’utiliser un moteur thermique en local fermé sans extraction adaptée, entretien/contrôle, détecteurs CO, procédure et formation. Le « temporaire » est souvent le plus dangereux.
Cas très évocateur d’intoxication au CO : symptômes non spécifiques (céphalées, nausées, asthénie) avec cinétique professionnelle (aggravation en fin de poste, amélioration le week-end) et exposition typique (groupe électrogène thermique en local exigu). Point clé : la SpO₂ à 99% n’exclut rien, l’oxymétrie standard surestime la saturation car elle ne distingue pas l’oxyhémoglobine de la carboxyhémoglobine. Conduite à tenir : éviction immédiate de l’exposition, O₂ à haut débit, mesure de COHb (gaz du sang/CO-oxymétrie), évaluation des collègues exposés, et orientation selon gravité (symptômes neuro, grossesse, COHb élevée → discussion OHB). Prévention : interdiction d’usage d’équipements thermiques en espace clos sans extraction/ventilation adaptée, maintenance des appareils, détecteurs CO, procédures d’urgence, information/formation. Penser aussi à la déclaration/traçabilité (AT/MP selon contexte) et à l’analyse des causes avec l’employeur.
Cas très évocateur d’intoxication au CO : céphalées, nausées, asthénie, aggravation en fin de poste et amélioration hors travail = argument temporel professionnel majeur. Point pédagogique clé : la SpO₂ à 99% n’élimine rien, car l’oxymètre ne distingue pas oxyhémoglobine et carboxyhémoglobine (faux sentiment de sécurité). Conduite à tenir : évacuation immédiate du local, oxygénothérapie (O₂ 100% au masque haute concentration), appel au SAMU/urgences si symptômes persistants, perte de connaissance, troubles neuro, douleur thoracique, grossesse, ou suspicion d’exposition importante. Confirmer par mesure de COHb (gaz du sang/CO-oxymétrie) le plus tôt possible. Sur le plan prévention/obligations : suppression du groupe thermique en local clos, ventilation adaptée/contrôlée, détecteurs CO avec alarme, procédures “travaux temporaires”, analyse de risque (DUERP), formation et retour d’expérience, et déclaration/traçabilité de l’évènement pour éviter la récidive.
Cas très parlant, notamment car il illustre le piège classique : SpO₂ normale n’exclut pas une intoxication au CO (l’oxymètre ne différencie pas l’oxyhémoglobine de la carboxyhémoglobine). Le caractère professionnel est fortement suggéré par la rythmicité travail/repos et l’exposition en local exigu avec moteur thermique. La conduite à tenir doit insister sur : arrêt immédiat de l’exposition, O₂ à haut débit sans attendre, mesure de COHb par co-oxymétrie (idéalement gaz du sang), évaluation neurologique/cardiaque (ECG, troponines si douleur/terrain), et discussion d’oxygénothérapie hyperbare selon COHb, symptômes neuro, grossesse, atteinte cardiaque. Sur le plan prévention : suppression de la source (interdiction d’usage en intérieur), ventilation/extraction conforme, détecteurs CO, consignation-procédure « dépannage », information-formation et évaluation des risques/DUERP + traçabilité événement/AT si pertinent.
Cas très évocateur d’intoxication au CO : symptomatologie aspécifique (céphalées, nausées, asthénie) corrélée à l’exposition professionnelle et améliorée hors travail. Point clé rappelé implicitement : la SpO₂ peut rester normale car l’oxymètre ne distingue pas oxyhémoglobine et carboxyhémoglobine, d’où le risque de faux rassurement. La conduite à tenir devrait insister sur l’évacuation immédiate, l’oxygénothérapie à haut débit, le dosage de COHb (idéalement gaz du sang avec co-oxymétrie) et la recherche d’atteintes neurologiques/cardiaques, avec discussion d’OHB selon critères. Sur le plan prévention, l’usage d’un groupe thermique en local exigu impose une évaluation des risques, des mesures techniques (interdiction/évacuation des gaz, ventilation efficace), détection CO, procédures de travail et information-formation. Déclaration/traçabilité et analyse d’événement sont à intégrer.
