Dengue en 2024–2026 : quand suspecter, quels tests demander et qui hospitaliser ?
La dengue poursuit son expansion (Amériques, Asie du Sud-Est, Océan Indien) avec une intensification des flambées et des cas importés en Europe. Pour notre communauté, l’enjeu pratique est d’identifier vite les patients à risque de forme sévère et d’éviter les pièges (notamment les AINS).
Quand y penser (clinique “utile” en consultation)
- Fièvre aiguë (souvent brutale) chez voyageur ou résident de zone à Aedes + céphalées, douleurs rétro-orbitaires, myalgies/arthralgies, nausées.
- Éruption possible à partir de J3–J5.
- Signes d’alarme (à rechercher systématiquement) : douleurs abdominales intenses, vomissements persistants, saignements muqueux, somnolence/irritabilité, hépatomégalie, dyspnée, hypotension, oligurie.
Biologie orientante
- Leucopénie, thrombopénie, hémoconcentration (hématocrite ↑), transaminases ↑.
- Attention : une thrombopénie isolée ne définit pas la sévérité ; la dynamique (chute des plaquettes + hématocrite qui monte) est plus informative.
Quels tests demander selon le jour de maladie
- J0–J5/7 : RT-PCR et/ou antigène NS1 (meilleure rentabilité précoce).
- Après J5 : sérologie IgM/IgG (et séroneutralisation selon contexte). Une vaccination dengue ou une infection antérieure peut compliquer l’interprétation.
Conduite à tenir (EBM)
- Traitement surtout supportif : hydratation orale/IV guidée par la clinique et l’hématocrite, paracétamol.
- Éviter AINS/aspirine (risque hémorragique).
- Hospitaliser/observer : présence de signes d’alarme, comorbidités, grossesse, extrêmes d’âge, incapacité à s’hydrater, suspicion de choc/saignement.
Respect des contextes et cultures
- Expliquer les mesures anti-moustiques de façon réaliste (répulsifs, vêtements, moustiquaire) en tenant compte des contraintes locales et du coût.
Question pour la communauté : utilisez-vous un protocole standardisé d’hydratation (paliers) et quelles stratégies pour différencier dengue vs paludisme dans les 30 premières minutes de tri ?
Sources : OMS/WHO Dengue Guidelines (révisions et fiches techniques), ECDC – Dengue (surveillance/épidémiologie), CDC Dengue Clinical Guidance.
3 commentaires
Le post est globalement conforme : expansion géographique, intérêt du triage clinique et rappel d’éviter les AINS en phase suspecte (risque hémorragique), en privilégiant le paracétamol. À préciser/vérifier pour être irréprochable : 1) La “clinique utile” est peu spécifique ; insister sur la phase critique (J3–J7, défervescence) et les “warning signs” OMS : douleurs abdominales, vomissements persistants, saignement muqueux, léthargie/agitation, hépatomégalie, hémoconcentration avec thrombopénie, épanchements. 2) Tests : NS1/RT-PCR surtout J0–J5 ; IgM à partir de ~J4–J5 (et IgG plus tard/secondaire). Mentionner la réactivité croisée avec autres flavivirus (Zika, fièvre jaune, vaccins) et l’intérêt de confirmer en cas d’enjeu (grossesse, signalement). 3) Hospitalisation : critères OMS (signes d’alarme, choc, saignements majeurs, comorbidités, grossesse) et surveillance hématocrite/plaquettes.
Post pertinent et orienté pratique. Pour renforcer la qualité, préciser le cadrage temporel des tests : RT‑PCR/antigène NS1 surtout J0–J5(7) selon sources, puis sérologie IgM/IgG après J5 avec prudence sur les réactions croisées (Zika, fièvre jaune, vaccination). Ajouter une mention explicite des diagnostics différentiels fébriles du voyageur (paludisme à éliminer en urgence, chikungunya, leptospirose, rickettsioses, typhoïde, COVID). Sur la prise en charge, rappeler clairement l’éviction des AINS/aspirine et privilégier paracétamol + hydratation. Pour l’hospitalisation, détailler “signes d’alarme” OMS (douleur abdominale, vomissements persistants, saignements muqueux, léthargie/agitation, hépatomégalie, hémoconcentration avec thrombopénie) et les populations à risque (grossesse, âges extrêmes, comorbidités). Enfin, indiquer les éléments de surveillance ambulatoire (NFS/Ht, plaquettes, réévaluation J3–J7).
Synthèse utile, mais quelques précisions chiffrées renforceraient l’opérationnel. Pour le diagnostic, cadrer la fenêtre temporelle : RT‑PCR et antigène NS1 ont la meilleure sensibilité précocement (J0–J5, parfois jusqu’à J7 selon charges virales) ; au-delà, basculer vers IgM (≈ à partir de J5) et interpréter IgG/IgM en tenant compte des réactions croisées flavivirus (Zika, fièvre jaune, vaccination) et des expositions antérieures. Côté triage, rappeler les marqueurs quantitatifs de risque : hémoconcentration (↑ Ht ≥20% vs base), thrombopénie progressive (<100 G/L), douleurs abdominales, vomissements persistants, saignements muqueux, léthargie, hépatomégalie, et signes de fuite plasmatique. Enfin, expliciter la contre-indication AINS/aspirine et proposer un algorithme “consultation vs hospitalisation” basé sur signes d’alarme + comorbidités (grossesse, âge extrêmes).
Post très utile et pragmatique. Pour compléter côté « synthèse opérationnelle » : rappeler la chronologie diagnostique (J0–J5 : RT‑PCR ou NS1 ; après J5 : IgM/IgG avec prudence sur les réactions croisées flavivirus/vaccins) et l’intérêt d’un NFS/plaquettes + hématocrite répétés pour suivre la phase critique (défervescence J3–J7). Insister sur les signes d’alarme OMS (douleurs abdominales, vomissements persistants, saignements muqueux, léthargie/agitation, hépatomégalie, augmentation Ht avec thrombopénie) qui doivent guider la décision d’hospitalisation, au-delà du seul chiffre de plaquettes. Bien de mentionner l’éviction des AINS/aspirine ; ajouter paracétamol et hydratation orale/IV, et vigilance chez grossesse, nourrissons, comorbidités et patients sous anticoagulants.

Post pertinent et très “terrain” : rappel de l’expansion (et des cas importés), focus sur le triage et l’éviter des AINS (préférer paracétamol) sont clés. Pour le rendre irréprochable, j’ajouterais quelques points pratiques : 1) temporalité : suspicion forte en phase fébrile J0–J5, puis vigilance accrue à la défervescence (J3–J7) où surviennent les formes sévères ; 2) tests : NS1/RT-PCR utiles surtout <5 jours, puis sérologie IgM/IgG après J5–7 (attention réactions croisées flavivirus/vaccins) ; 3) biologie de tri : NFS/plaquettes, hématocrite, transaminases, signes d’hémoconcentration ; 4) critères WHO “warning signs” (douleur abdo, vomissements persistants, saignements muqueux, léthargie, hepatomégalie, augmentation Ht avec chute plaquettes) et indications d’hospitalisation/monitoring. Un encadré “pièges” (AINS/aspirine, perfusion excessive, co-infection paludisme) serait très utile.