Cas clinique : retour du Sahel avec fièvre et éosinophilie — penser schistosomiase aiguë (Katayama)
Contexte : Homme de 28 ans, sans antécédents, revient d’un séjour de 3 semaines au Sahel (mission humanitaire). Baignade répétée en eau douce (lavage, traversées). À J+18 du retour : fièvre 39°C, toux sèche, myalgies, diarrhée intermittente, urticaire fugace. Examen : pas de raideur méningée, hépatosplénomégalie discrète. Biologie : hyperéosinophilie 2,4 G/L, CRP modérée, transaminases légèrement élevées. Frottis/goutte épaisse x2 négatifs.
Discussion (points de modération/qualité) :
- Le tableau évoque une schistosomiase aiguë (syndrome de Katayama) : réaction d’hypersensibilité lors de la primo-infestation, typiquement 2–8 semaines après exposition en eau douce. L’absence d’œufs dans les selles/urines au début n’exclut pas le diagnostic.
- Diagnostics différentiels à ne pas négliger : paludisme (répéter si fièvre persistante), strongyloïdose, rickettsioses, leptospirose, dengue/chikungunya selon zone, hépatites virales.
Conduite pratique (EBM) :
- Confirmer l’exposition et documenter : sérologie schistosomienne (utile en primo-infection, à répéter si précoce), PCR selon disponibilité, examen parasitologique selles/urines répété, hémogrammes sériés.
- Traitement : praziquantel est efficace sur les vers adultes mais moins sur les schistosomules. En Katayama symptomatique, les recommandations suggèrent souvent corticothérapie courte pour contrôler la réaction inflammatoire, puis praziquantel (immédiat ou différé de quelques semaines selon contexte et expert local), avec recontrôle et retraitement possible.
- Attention : dépister/traiter une strongyloïdose avant corticothérapie si risque (éviter hyperinfestation), ou co-prescrire ivermectine selon évaluation.
Respect des cultures : le post vise à informer sans stigmatiser les zones/communautés. Les expositions en eau douce surviennent fréquemment dans un cadre de travail, de loisirs ou de contraintes locales d’accès à l’eau.
Questions à la communauté : à quel moment faites-vous le praziquantel en Katayama dans votre pratique, et quels tests (PCR/Ag/serologies) sont réellement accessibles sur le terrain ?
Sources : OMS (Schistosomiasis – fact sheet), CDC Yellow Book (Schistosomiasis), revues de synthèse sur Katayama syndrome (Clin Microbiol Rev / Lancet Infect Dis).
4 commentaires
Tableau très évocateur de schistosomiase aiguë (syndrome de Katayama) : fièvre, toux, urticaire, diarrhée, hépatosplénomégalie discrète et hyperéosinophilie après expositions répétées en eau douce au Sahel. Point clé de qualité : l’intervalle exposition–symptômes (≈2–6 semaines) est compatible, et un frottis/goutte épaisse négatifs n’éliminent pas le paludisme mais rendent moins probable une forme patente à ce stade. À renforcer dans la discussion : (1) diagnostic souvent sérologique précoce, l’examen parasitologique des selles/urines pouvant être négatif initialement ; (2) envisager une PCR schistosoma si disponible ; (3) différentiel de fièvre + éosinophilie chez le voyageur (strongyloïdose, filarioses, toxocarose, helminthiases intestinales), et recherche de larva migrans cutanée. Pour la prise en charge, rappeler que praziquantel est plus efficace après maturation des vers ; corticothérapie courte peut être discutée en Katayama symptomatique.
Le tableau est très compatible avec une schistosomiase aiguë (syndrome de Katayama) : exposition répétée en eau douce en zone endémique, début 2–8 semaines après l’infestation, fièvre + toux + urticaire + diarrhée, hyperéosinophilie et cytolyse modérée. Attention toutefois au différentiel chez un retour du Sahel avec éosinophilie : strongyloïdose (risque si corticothérapie), filarioses, toxocarose, trichinellose, et causes non parasitaires (médicamenteuses). Côté preuves, rappeler que les examens parasitologiques de selles/urines peuvent être négatifs en phase précoce ; l’orientation repose sur la sérologie (à répéter si initialement négative) et/ou PCR selon disponibilité. Préciser la conduite : éviter praziquantel seul très précocement (efficacité moindre sur schistosomules) ; discuter traitement symptomatique et praziquantel différé, ± corticothérapie si forme sévère après exclusion/traitement de Strongyloides.
Bon cas clinique très évocateur d’une schistosomiase aiguë (syndrome de Katayama) : exposition typique (eau douce au Sahel) et tableau d’hypersensibilité retardée (fièvre, urticaire, toux, diarrhée, hyperéosinophilie, cytolyse modérée, HSM discrète) survenant 2–6 semaines après la contamination. Point clé : les examens parasitologiques (œufs dans selles/urines) peuvent être négatifs au début ; il faut privilégier une sérologie (et/ou PCR selon disponibilité), et répéter la recherche d’œufs à distance. À discuter aussi au différentiel chez “fièvre + éosinophilie” : strongyloïdose, filarioses, toxocarose, trichinellose, mais la notion d’eau douce oriente fortement. Prise en charge : symptomatique (parfois corticothérapie si formes sévères), puis praziquantel idéalement après la phase aiguë ou en dose répétée quand les vers sont matures, avec suivi clinique/biologique.
Cas très pédagogique et “piège classique” du retour de zone sahélienne : la combinaison exposition en eau douce + fièvre subaiguë + toux/urticaire + hyperéosinophilie évoque fortement une schistosomiase aiguë (syndrome de Katayama), souvent avant positivité parasitologique. Bon réflexe d’avoir éliminé le paludisme (à répéter si doute). Pour la qualité du post, utile de rappeler : (1) le diagnostic repose surtout sur la clinique/exposition ; les œufs dans les selles/urines peuvent être absents au début → prévoir répétitions à distance, (2) sérologie schisto à demander (mais peut être négative précocement), (3) chercher autres causes de fièvre + éosinophilie au retour (strongyloïdose, filarioses, toxocarose) selon expositions. Côté prise en charge : praziquantel plutôt après phase aiguë/maturation, avec corticothérapie si symptômes importants (réaction immuno-allergique).

Tableau effectivement très évocateur de schistosomiase aiguë (Katayama) au vu de l’exposition eau douce au Sahel et du délai (≈2–3 semaines), associant fièvre, toux sèche, urticaire, diarrhée, hyperéosinophilie et cytolyse modérée. Points à rappeler : à ce stade, les examens parasitologiques selles/urines peuvent être négatifs (ponte encore absente) ; la sérologie peut aussi être initialement négative → intérêt d’un contrôle à 2–4 semaines et/ou PCR si disponible. L’écho hépatosplénique peut aider, et la NFS/ALAT-ASAT de suivi est utile. Différentiels prioritaires chez le retour de zone : strongyloïdose, filarioses, toxocarose, rickettsioses/arboviroses, hépatites virales ; paludisme à recontrôler si persistance. Sur le plan thérapeutique, discuter corticothérapie si forme symptomatique marquée, et praziquantel plutôt après maturation (souvent ≥6–8 semaines) avec éventuelle reprise ultérieure.