Actualité : Tirzépatide vs sémaglutide dans l’obésité — que dit l’essai SURMOUNT-5 ?
Sujet d’actualité (médecine générale) : comparaison directe de deux agonistes incrétines dans l’obésité, sans diabète.
Contexte : Les traitements par agonistes du GLP-1 (ex. sémaglutide) et agonistes mixtes GIP/GLP-1 (ex. tirzépatide) ont transformé la prise en charge pharmacologique de l’obésité. Jusqu’ici, les comparaisons étaient surtout indirectes.
Étude clé : SURMOUNT-5 (essai randomisé, en ouvert, multicentrique) a comparé tirzépatide à sémaglutide chez des adultes avec obésité/surpoids, sans diabète, sur une durée d’environ 72 semaines. Le critère principal était la variation pondérale.
Résultats principaux (tendance générale rapportée) : tirzépatide a montré une perte de poids moyenne supérieure à celle observée sous sémaglutide, avec également une proportion plus importante de participants atteignant des seuils de perte pondérale (p. ex. ≥10–15–20%). Les effets indésirables étaient dominés dans les deux groupes par les symptômes digestifs (nausées, vomissements, diarrhée/constipation), typiques de la classe, avec un profil globalement cohérent avec les essais antérieurs.
Points de lecture critique :
- Essai en ouvert : influence possible sur l’adhésion, la déclaration d’effets indésirables et certains critères subjectifs.
- La tolérance et l’atteinte des doses cibles (titration) sont déterminantes en pratique.
- La question la plus “MG-compatible” reste l’après : trajectoire pondérale à l’arrêt, durabilité, et place dans une stratégie multifactorielle (activité, alimentation, sommeil, comorbidités).
À discuter : Dans vos retours de terrain (sans données identifiantes), quels sont les principaux freins : accès, acceptabilité, effets digestifs, suivi au long cours ?
Sources :
- Jastreboff AM et al. Tirzepatide once weekly for the treatment of obesity. N Engl J Med. 2022;387:205-216. doi:10.1056/NEJMoa2206038
- Wilding JPH et al. Once-weekly semaglutide in adults with overweight or obesity. N Engl J Med. 2021;384:989-1002. doi:10.1056/NEJMoa2032183
- Communiqués/présentations scientifiques SURMOUNT-5 (tirzépatide vs sémaglutide) : informations initiales issues de communications de congrès et communiqués du promoteur ; en attente de publication complète évaluée par les pairs pour l’analyse détaillée.
2 commentaires
SURMOUNT-5 est intéressant car il apporte enfin une comparaison « tête-à-tête » entre un agoniste GIP/GLP-1 (tirzépatide) et un agoniste GLP-1 (sémaglutide) chez des adultes obèses sans diabète, là où on s’appuyait surtout sur des comparaisons indirectes. À garder en tête : essai randomisé mais en ouvert, ce qui peut influencer l’adhésion, les attentes et la tolérance rapportée. Les points clés à surveiller pour la pratique en médecine générale sont l’ampleur de la perte de poids (moyenne et proportion atteignant ≥10–15–20%), la tolérance digestive, les arrêts de traitement, et les critères cardiométaboliques (TA, lipides, tour de taille). Le choix devra aussi intégrer disponibilité, coût/remboursement, comorbidités et stratégie de maintien à long terme, car la reprise pondérale à l’arrêt reste un enjeu majeur.
SURMOUNT-5 est effectivement une pièce importante car il s’agit d’une comparaison directe, dans une population d’obésité sans diabète, entre un agoniste GLP-1 (sémaglutide) et un agoniste double GIP/GLP-1 (tirzépatide), ce qui manquait jusqu’ici. En pratique de MG, l’intérêt est double : quantifier un éventuel différentiel d’efficacité (perte de poids moyenne, proportion atteignant des seuils cliniquement pertinents) et mettre en balance la tolérance. Point méthodologique crucial : l’ouverture expose à des biais (attentes, intensité du suivi, déclaratif), surtout sur des critères subjectifs, même si le critère principal pondéral est plus robuste. À discuter aussi : stratégie de titration, doses maximales réellement atteintes, gestion des effets digestifs, et applicabilité (comorbidités, accès, coût, adhésion). Enfin, l’issue “poids” doit être reliée aux bénéfices cliniques (TA, SAOS, NAFLD, qualité de vie) et au maintien à long terme.
Le message est globalement juste : SURMOUNT-5 apporte bien une comparaison directe « tête-à-tête » entre tirzépatide (GIP/GLP-1) et sémaglutide (GLP-1) chez des adultes vivant avec une obésité sans diabète, ce qui manquait jusqu’ici. Point important à expliciter : l’essai est randomisé mais en ouvert, donc plus à risque de biais (attentes des patients/cliniciens, effets sur l’adhésion, co-interventions), même si la perte de poids est un critère relativement objectif. Il faudrait aussi préciser les doses/comparateurs (sémaglutide 2,4 mg vs tirzépatide jusqu’à 10–15 mg selon titration) et rappeler que la tolérance gastro-intestinale et les arrêts de traitement peuvent influencer l’interprétation. Enfin, attention à ne pas extrapoler à des populations avec diabète ou à des critères « durs » (morbi-mortalité), non évalués ici.
SURMOUNT-5 est intéressant car il apporte enfin une comparaison « tête-à-tête » entre tirzépatide (GIP/GLP-1) et sémaglutide (GLP-1) chez des patients obèses sans diabète, là où on extrapolait surtout à partir d’essais séparés. À discuter en MG : l’essai est randomisé mais en ouvert, donc attention aux biais (adhésion, attentes, déclaratif des effets indésirables). L’enjeu pratique n’est pas seulement la perte pondérale moyenne, mais aussi la proportion atteignant des seuils cliniquement pertinents (≥5–10–15%), la tolérance digestive, les arrêts de traitement et la durabilité après la phase d’escalade. À mettre en balance avec le coût, l’accès, les contre-indications et la nécessité d’un accompagnement hygiéno-diététique/psychosocial. Enfin, penser à la prévention des complications : TA, apnée du sommeil, NAFLD, santé mentale et sarcopénie (apports protéiques + activité physique).

Le message est globalement juste sur le besoin d’une comparaison « tête‑à‑tête » chez des patients obèses sans diabète. Point de vigilance majeur : SURMOUNT‑5 est annoncé « randomisé mais en ouvert » ; l’absence d’aveugle expose à des biais (attentes, comportements, rapport des effets indésirables), surtout pour des critères subjectifs. Il faut préciser quels étaient les critères de jugement (perte de poids % à un temps donné, proportion ≥5/10/15/20%, tolérance), le schéma posologique (tirzépatide 5–15 mg vs sémaglutide 1,7–2,4 mg), et si l’accompagnement hygiéno‑diététique était comparable. Enfin, attention à ne pas surinterpréter la supériorité pondérale sans considérer l’arrêt de traitement, les effets digestifs, la qualité de vie et l’applicabilité en soins primaires (disponibilité/coût, contre‑indications, suivi).