Cas clinique : malaise sous chaleur en entrepôt — distinguer coup de chaleur, hyponatrémie et pathologie cardiaque
Contexte
Homme de 42 ans, cariste en entrepôt logistique. Épisode de malaise en fin de poste lors d’une vague de chaleur (T° intérieure estimée >30°C, ventilation limitée). Il rapporte céphalées, nausées, crampes, puis confusion transitoire. Collègues décrivent une sudation abondante. À l’arrivée des secours : TA 95/60, FC 120, T° tympanique 39,2°C, peau chaude, agitation.
Points clés de différenciation (urgence)
- Coup de chaleur d’exercice ou “classique” : hyperthermie (souvent ≥40°C), atteinte neurologique, défaillance multiviscérale possible. Refroidissement immédiat = pronostic.
- Épuisement par la chaleur : fatigue, hypotension, nausées, sans troubles neuro majeurs ni hyperthermie extrême.
- Hyponatrémie d’effort (surhydratation hypotoniques) : céphalées, confusion, vomissements, parfois convulsions, T° pas forcément très élevée.
- Cause cardiaque : douleur thoracique, palpitations, antécédents, ECG/troponines orientent.
Conduite à tenir en entreprise (pré-établie)
- Alerte / évacuation / mise au repos à l’ombre ou local frais, décubitus, surveillance.
- Refroidissement actif (brumisation + ventilation, packs froids axillaires/inguinaux) sans retarder l’appel au 15.
- Hydratation : si conscience altérée → pas de boisson. Sinon boissons fractionnées, éviter excès d’eau pure en cas de crampes/confusion (risque hyponatrémie).
- Traçabilité : circonstances, poste, charge physique, EPI, pauses, accès à l’eau.
Prévention et réglementation (France)
L’employeur doit évaluer et prévenir le risque chaleur (DUERP), adapter l’organisation (horaires, pauses, rotation), fournir eau potable fraîche, information/formation, et mettre en place des mesures techniques (ventilation, réduction des sources chaudes). Le cadre général repose sur les articles L.4121-1 et suivants et R.4121-1 du Code du travail.
Message pratique
Devant confusion + hyperthermie, raisonner “coup de chaleur jusqu’à preuve du contraire” et prioriser le refroidissement. En parallèle, anticiper au service : protocole canicule, repérage des postes à charge thermique, critères d’alerte et conduites standardisées.
Sources : INRS (risques liés à la chaleur, prévention en milieu de travail) ; Code du travail (obligation générale de sécurité, DUERP).
4 commentaires
Cas très parlant en santé au travail : tableau compatible en première intention avec un coup de chaleur (T° 39,2°C, confusion/agitation, peau chaude, tachycardie, hypotension, contexte de chaleur), qui impose une prise en charge immédiate (refroidissement actif + appel urgent) avant toute discussion étiologique. Pour la différenciation, l’hyponatrémie d’effort se discute surtout si hydratation massive hypotoniques, prise de poids, nausées/vomissements marqués, céphalées, troubles neuro parfois avec T° pas forcément très élevée ; le diagnostic se fait au ionogramme (Na+). La piste cardiaque (arythmie, SCA) doit rester en tête devant hypotension persistante, douleur thoracique, syncope vraie, antécédents, ou anomalies ECG : monitoring/ECG systématique. Intérêt aussi de documenter l’exposition (WBGT, pauses, EPI) et d’organiser le retour au poste avec mesures de prévention.
Cas très utile pour la pratique en entrepôt : il met bien en tension le diagnostic de **coup de chaleur** (hyperthermie + atteinte neurologique) versus causes métaboliques (hyponatrémie) ou cardio. Ici, la combinaison **T° 39,2°C, confusion/agitation, tachycardie, hypotension, peau chaude avec sudation** oriente fortement vers un **coup de chaleur d’effort** (urgence vitale) et impose un **refroidissement immédiat** sans attendre les examens. À valoriser : rappeler que l’hyponatrémie d’effort peut mimer (nausées, céphalées, confusion) mais survient souvent après hydratation hypotone excessive, avec T° parfois moins élevée ; l’ECG/troponine et le contexte (ATCD, douleur thoracique, syncope vraie) aident pour le cardiaque. À compléter : critères d’orientation SAMU/SAU, conduite au poste (arrêt, mise au frais, immersion/pack froid, surveillance) et prévention (acclimatation, pauses, eau + sels).
Post globalement pertinent et orienté “urgence”, avec un contexte professionnel clair (chaleur, ventilation limitée, fin de poste). Quelques points de qualité à corriger/compléter : 1) la température “tympanique” peut sous-estimer/surestimer l’hyperthermie ; pour le diagnostic de coup de chaleur, la référence est la T° centrale (rectale/œsophagienne) et l’altération neurologique. 2) La sudation abondante n’exclut pas un coup de chaleur (notamment d’effort) : éviter l’opposition simpliste “peau sèche = coup de chaleur”. 3) Pour l’hyponatrémie d’effort, préciser les éléments discriminants (prise d’eau hypotoniques, prise de poids, diurèse faible) et l’intérêt d’un ionogramme rapide. 4) Volet cardio : mentionner ECG, troponine selon contexte, glycémie, CK/rhabdomyolyse et conduite immédiate (refroidissement actif, remplissage prudent). Ajouter un rappel sur déclaration/traçabilité AT et mesures de prévention en entrepôt.
Cas très parlant : la triade hyperthermie + trouble neurologique (confusion/agitation) + contexte d’exposition (entrepôt >30°C, ventilation faible) fait prioriser un coup de chaleur, même si la sudation est encore présente (fréquent dans les formes d’effort). La température tympanique peut sous-estimer : idéalement viser une mesure centrale (rectale) en urgence. En parallèle, l’hyponatrémie d’effort se discute si hyperhydratation à l’eau, céphalées, nausées et confusion ; elle impose une natrémie rapide car une perfusion hypotone/agressive peut aggraver l’encéphalopathie. La composante “cardiaque” reste un diagnostic différentiel majeur (syncope, arythmie) : ECG, troponine selon contexte, recherche de facteurs de risque/antécédents et prise de toxiques/médicaments (diurétiques, psychotropes, bêtabloquants). Prévention : plan chaleur, pauses, acclimatation, hydratation avec électrolytes, surveillance des symptômes précoces.

Analyse pragmatique : le tableau est effectivement prioritairement évocateur d’un coup de chaleur (hyperthermie 39,2°C, atteinte neuro = confusion/agitation, tachycardie, hypotension, peau chaude, contexte professionnel chaud). En santé au travail, le point clé est de ne pas se laisser piéger par la sudation : elle n’exclut pas un coup de chaleur, surtout à un stade précoce. La conduite à tenir doit précéder le diagnostic fin : arrêt immédiat de l’exposition, refroidissement actif (immersion/aspersions + ventilation, packs axillaires/inguinaux), mise en PLS si altération, O2 si besoin, appel 15/112. Ensuite seulement, bilan : glycémie, ionogramme (hyponatrémie si prise d’eau hypotone + crampes/nausées/confusion), CPK/créat, et ECG/troponines si douleur/thoracique, syncope vraie ou antécédents. Orientation systématique vers SAU compte tenu des signes neuro + hypotension.