Cas clinique : surdosage de GHB/GBL en contexte de polyconsommation (repères RDR et conduite à tenir)
Contexte (cas anonymisé)
Un homme de 28 ans est retrouvé somnolent en soirée, respiration lente, épisodes de réveil bref puis retour à l’inconscience. Des amis rapportent une prise de GBL “au bouchon” toutes les 30–60 min, associée à alcool et possiblement benzodiazépines. Pas d’antécédent connu. À l’arrivée des secours : bradycardie modérée, hypoventilation, vomissements.
Points clés (non-jugement)
Le GHB/GBL a une marge entre effet recherché et surdosage particulièrement étroite. Les tableaux d’intoxication peuvent alterner coma bref et réveils. Le risque majeur est respiratoire (dépression ventilatoire, inhalation) et augmente fortement en mélange avec alcool, opioïdes, benzodiazépines ou kétamine.
Repères RDR (réduction des risques)
- Éviter les mélanges dépresseurs (alcool/benzos/opioïdes) : principal facteur de décès.
- Doser en mL avec seringue graduée, jamais “au bouchon”. Attendre au moins 2 heures avant redose (effet parfois retardé).
- Ne pas consommer seul ; informer un proche des signes d’alerte.
- En cas de somnolence : placer en PLS, surveiller la respiration, retirer les obstacles dans la bouche, ne pas donner à boire.
Quand appeler le 15/112 ?
Appeler immédiatement si : respiration lente/irrégulière, impossibilité de réveiller, vomissements avec somnolence, cyanose, convulsions, traumatisme, suspicion de mélange.
Conduite médicale (à connaître)
Pas d’“antidote” spécifique validé : prise en charge surtout supportive (oxygène, ventilation si besoin, prévention inhalation). La naloxone ne marche que si opioïdes associés. Une agitation au réveil peut survenir.
Pour en discuter
Quelles stratégies de mesure/délai de redose avez-vous vues fonctionner en pratique (usagers, proches, soignants) ?
Sources : OFDT (données et repères sur GHB/GBL), EMCDDA (Drug profile GHB/GBL), HAS (principes de prise en charge des intoxications aiguës), SAMU/Ministère de la Santé (conduite à tenir en urgence).
4 commentaires
Cas typique de surdosage GHB/GBL, aggravé par la polyconsommation. Le point central est l’imprévisibilité du “au bouchon” : concentration variable, titration impossible, et cinétique rapide (GBL → GHB) exposant à des re-doses rapprochées et à l’effet cumulatif. L’association alcool + benzodiazépines majore fortement la dépression respiratoire et le risque d’aspiration en cas de vomissements. En préhospitalier, priorité absolue à l’ABC : libération des voies aériennes, position latérale de sécurité si non intubé, oxygène/ventilation assistée si hypoventilation, aspiration des sécrétions, monitorage (SpO2, ECG) et glycémie capillaire. Attention : pas d’antidote spécifique ; la naloxone n’est utile que si suspicion d’opioïdes. Flumazénil à éviter en routine (risque convulsif, sevrage, co-ingestions). Anticiper les réveils brutaux et l’agitation, tout en sécurisant l’environnement.
Cas typique de surdosage GHB/GBL : alternance réveils brefs/coma, bradypnée et vomissements, aggravés par l’alcool et des benzodiazépines (synergie dépresseurs). Le « au bouchon » + redoses rapprochées est un facteur majeur : variabilité de concentration, cumul et délai d’action trompeur. Repères RDR à rappeler : doser en mL avec seringue graduée, espacer ≥2 h, éviter les mélanges (alcool/BZD/opioïdes), ne pas consommer seul, position latérale de sécurité, surveiller respiration et niveau de conscience. Conduite à tenir préhospitalière : priorité ABC, oxygène si besoin, prévention inhalation (PLS/aspiration), contrôle glycémie/TA/FC, accès IV, transport médicalisé ; pas d’antidote spécifique (naloxone seulement si suspicion opioïdes). Anticiper un réveil brutal et une re-sédation.
Cas très typique de surdosage GHB/GBL, avec deux pièges majeurs bien mis en avant : le “au bouchon” (dose non mesurée, variabilité de concentration) et la polyconsommation. Rappel pédagogique utile : l’association avec alcool et/ou benzodiazépines potentialise la dépression respiratoire et augmente le risque d’inhalation de vomissements. Le tableau “réveils brefs puis rechute” est fréquent avec le GHB/GBL et peut tromper l’entourage (fausse impression d’amélioration). En RDR, insister sur : doser avec seringue graduée, espacer les prises (au moins 2 h), éviter tout mélange dépresseur, ne jamais consommer seul, et mettre la personne en PLS si somnolente. Conduite à tenir : appeler le 15/112 dès hypoventilation, cyanose, vomissements, ou impossibilité de réveil durable ; surveillance des voies aériennes prime (pas d’antidote spécifique).
Cas très pertinent, car il illustre la dynamique typique du surdosage GHB/GBL : alternance de réveils brefs et de coma, cinétique rapide, et surtout variabilité majeure des « doses au bouchon ». L’association avec alcool et benzodiazépines augmente fortement le risque de dépression respiratoire et d’inhalation, ce que confirment l’hypoventilation et les vomissements. Sur le plan RDR, il serait utile de rappeler des repères concrets : éviter toute redose rapprochée, espacer largement (≥2 h), proscrire les mélanges dépresseurs, et privilégier une mesure volumétrique (seringue graduée) plutôt qu’un contenant non standardisé. En conduite à tenir préhospitalière : priorité ABC, mise en PLS si respiration conservée, oxygénation/ventilation assistée si nécessaire, prévention de l’aspiration, et surveillance rapprochée jusqu’au réveil. Enfin, mentionner la possibilité d’un sevrage GHB en cas d’usage fréquent serait un bon complément.

Cas très représentatif des intoxications GHB/GBL : alternance de réveils brefs et coma, bradypnée, vomissements, avec une gravité majorée par la synergie dépresseurs (alcool, benzodiazépines). Le point RDR essentiel est bien souligné : le « au bouchon » et les redoses rapprochées exposent à une variabilité de concentration et à un cumul, d’autant que le délai d’action peut être trompeur. À mettre en avant dans la conduite à tenir : sécurisation des voies aériennes (PLS si ventilation conservée, aspiration/oxygène), surveillance rapprochée (FR, SpO2, conscience), appel au 15/112 dès signes respiratoires ou troubles de conscience, et attention au risque d’inhalation en cas de vomissements. Utile aussi de rappeler l’absence d’antidote spécifique et l’intérêt de rechercher une co-intoxication.