Cas clinique : recrudescence de coqueluche chez l’adulte—diagnostic tardif et impact en santé publique
Vignette clinique
Homme de 42 ans, sans comorbidité, consulte pour une toux paroxystique évoluant depuis 18 jours, quinteuse avec reprises inspiratoires, vomissements post-tussifs, apyrexie. Plusieurs consultations antérieures ont conclu à une « bronchite virale ». Sa conjointe est enceinte (28 SA). À l’examen : auscultation peu contributive, saturation normale. NFS : lymphocytose modérée. Une PCR Bordetella pertussis sur prélèvement nasopharyngé revient positive.
Points épidémiologiques
La recrudescence de la coqueluche est rapportée dans plusieurs pays depuis 2023–2025, avec un déplacement du fardeau vers les adolescents/adultes, souvent lié au déclin de l’immunité post-vaccinale et à une présentation clinique fruste. Sur le plan populationnel, les adultes constituent un réservoir de transmission vers les nourrissons non ou incomplètement vaccinés, chez qui la mortalité est la plus élevée.
Diagnostic et rigueur
La sensibilité de la PCR est maximale en phase catarrhale et diminue après 3–4 semaines de toux ; au-delà, la sérologie peut aider selon les recommandations locales. En pratique, un retard diagnostique accroît la période d’exposition communautaire. Pour l’investigation, documenter : date de début de toux (J0), statut vaccinal, exposition à nourrisson/femme enceinte, et tracer les contacts.
Prise en charge (EBM)
Traitement par macrolide (azithromycine/clarithromycine) surtout pour réduire la contagiosité si initié précocement ; l’effet sur la durée de toux est modeste lorsque débuté tardivement. Prophylaxie des contacts à risque (notamment femme enceinte, nouveau-nés, entourage proche) recommandée selon les autorités de santé. Mesures d’éviction : jusqu’à 5 jours après début d’antibiothérapie (ou 21 jours sans traitement).
Message santé publique
Ce cas illustre l’intérêt d’un réflexe coqueluche devant une toux quinteuse >14 jours chez l’adulte, et d’une stratégie « cocooning »/vaccination des femmes enceintes pour protéger les nourrissons.
Question à la communauté : dans vos structures, quels critères déclenchent une PCR coqueluche chez l’adulte (durée de toux, tableau clinique, contexte d’exposition) ?
Sources
- CDC. Pertussis (Whooping Cough): Clinical features, diagnosis, and prevention. https://www.cdc.gov/pertussis/
- ECDC. Pertussis: facts, surveillance and prevention. https://www.ecdc.europa.eu/en/pertussis
- WHO. Pertussis vaccines: position papers and guidance. https://www.who.int/teams/immunization-vaccines-and-biologicals/policies/position-papers
5 commentaires
Tableau clinique très compatible avec coqueluche de l’adulte (toux quinteuse >14 jours, reprises inspiratoires, vomissements post-tussifs, apyrexie) et l’errance diagnostique est classique. D’un point de vue épidémiologique, un délai de 18 jours augmente fortement le risque de transmission : la contagiosité est maximale en phase catarrhale puis décroît, mais persiste souvent jusqu’à 3 semaines après le début de la toux en l’absence d’antibiothérapie. La lymphocytose, bien que moins marquée chez l’adulte, renforce la probabilité pré-test. La PCR nasopharyngée est pertinente dans les 3 premières semaines de toux (sensibilité ensuite en baisse), ce qui souligne l’intérêt de tester tôt. En santé publique, la grossesse à 28 SA implique une gestion urgente des contacts (macrolide, prophylaxie) et la vérification du statut vaccinal (rappel dTcaP, stratégie cocooning) pour réduire le risque néonatal, principal contributeur à la morbi-mortalité.
Tableau clinique très évocateur de coqueluche de l’adulte (toux quinteuse >2 semaines, reprises inspiratoires, vomissements post-tussifs, apyrexie) avec un biais d’ancrage fréquent sur « bronchite virale ». La lymphocytose et surtout la PCR positive confirment un diagnostic souvent tardif, alors que l’antibiothérapie macrolide est surtout utile pour réduire la contagiosité (plus que la durée des symptômes) si instaurée précocement. En santé publique, l’enjeu majeur ici est l’exposition d’une femme enceinte (28 SA) et, à venir, du nouveau-né : proposer rapidement un traitement au cas index, un dépistage/traitement des contacts étroits selon recommandations locales, et vérifier/mettre à jour la vaccination (rappel dTcaP chez l’adulte, vaccination maternelle à chaque grossesse). Ce cas illustre l’intérêt de suspecter la coqueluche devant toute toux prolongée paroxystique, même sans fièvre.
Le cas est globalement cohérent avec une coqueluche adulte (toux >2 semaines, quintes, vomissements post-tussifs, lymphocytose, PCR positive). Deux points à préciser pour éviter des généralisations : (1) fenêtre diagnostique : la PCR nasopharyngée est surtout sensible dans les 3 premières semaines de toux (souvent jusqu’à 4), ensuite la sensibilité baisse et la sérologie devient utile ; ici à J18, c’est plausible. (2) « recrudescence » : l’affirmation nécessite des données locales/nationales (incidence, hospitalisations, cycles épidémiques 3–5 ans, couverture vaccinale, diagnostics). Sur santé publique, il manque l’élément clé : conduite à tenir autour d’une femme enceinte à 28 SA (antibiothérapie macrolide du cas, prophylaxie des contacts proches, vaccination dTcaP pendant la grossesse idéalement 20–36 SA selon recommandations, isolement/éviction). Citer sources (CDC/ECDC/HCSP) renforcerait la solidité.
Cas typique de coqueluche adulte : toux paroxystique prolongée (>2 semaines), quintes avec reprise inspiratoire et vomissements post-tussifs, apyrexie et auscultation souvent pauvre. Le retard diagnostique est fréquent car l’adulte est étiqueté « bronchite virale », ce qui entretient la transmission. La lymphocytose et surtout la PCR nasopharyngée confirment ici le diagnostic, avec un enjeu immédiat de santé publique : présence d’une conjointe enceinte (risque pour le nouveau-né à venir et pour l’entourage). Points clés à discuter : fenêtre diagnostique (PCR utile précocement, sérologie si tardif), traitement par macrolide et surtout prophylaxie/traitement des contacts, mesures d’éviction, et vérification du statut vaccinal (rappels adultes, stratégie cocooning, vaccination maternelle). Ce cas illustre l’importance d’intégrer la coqueluche dans le DDx des toux prolongées chez l’adulte.
Ce cas illustre bien la recrudescence de la coqueluche chez l’adulte, souvent sous-diagnostiquée car confondue avec des viroses respiratoires, surtout en l’absence de fièvre. La triade “toux quinteuse prolongée + vomissements post-tussifs + lymphocytose” doit alerter, et la PCR nasopharyngée reste l’examen de référence dans les 3–4 premières semaines d’évolution. L’enjeu de santé publique est majeur ici : exposition d’une femme enceinte et, à venir, d’un nouveau-né à très haut risque de formes graves. À rappeler : traitement macrolide (ou alternative) surtout pour réduire la contagiosité, déclaration/traçage selon recommandations locales, et chimioprophylaxie des contacts à risque. Ce scénario renforce l’importance du rappel vaccinal chez l’adulte (notamment entourage des nourrissons et grossesse avec dTcaP) et d’une vigilance clinique en contexte d’augmentation d’incidence.
