Mpox (variole simienne) : dépistage, isolement et pièges diagnostiques chez le voyageur
Cas clinique (anonymisé) : homme de 34 ans, retour d’un séjour urbain en Afrique centrale, consulte pour fièvre, myalgies et adénopathies inguinales, puis apparition de 6 lésions cutanées douloureuses (ombiliquées, stade vésiculo-pustuleux) au niveau génital et péri-anal. Il pense à une IST « classique ». Examen : pas de choc, pas de dyspnée, pas d’atteinte neurologique.
Points clés EBM (à fact-checker au lit du patient) :
- Diagnostic différentiel : HSV, syphilis, varicelle-zona, chancroïde, molluscum, réactions médicamenteuses, impétigo, rickettsioses. Ne pas négliger une co-infection IST.
- Tests : privilégier un PCR orthopox/mpox sur écouvillonnage de lésion (plus sensible que sang). Prélever plusieurs lésions si possible. Ajouter dépistage VIH, syphilis, GC/CT selon contexte.
- Transmission/isolement : surtout contact étroit peau-à-peau, contact avec les lésions/croûtes, linge; potentiel respiratoire en face-à-face prolongé. Mesures : couvrir lésions, hygiène mains, éviter rapports sexuels jusqu’à cicatrisation complète. En structure de soins : précautions contact + gouttelettes selon recommandations locales.
- Gravité : surveiller douleur ano-rectale, déshydratation, surinfection cutanée, atteinte oculaire, immunodépression (VIH non contrôlé), grossesse.
- Traitement : la plupart des cas = symptomatique (antalgiques, soins locaux). Tecovirimat discuté au cas par cas (formes sévères/risque de complications), selon disponibilité et protocoles nationaux.
Aspect “respect cultures” : explorer sans jugement les pratiques, réseaux et contraintes (stigmatisation, accès aux soins, confidentialité) afin d’améliorer l’adhésion aux mesures de prévention.
Question à la communauté : dans vos services, quel algorithme utilisez-vous pour décider tecovirimat/isolement renforcé chez les patients immunodéprimés ?
3 commentaires
Post globalement pertinent et bien centré sur le voyageur avec lésions génito-anales évocatrices. Le cas clinique est compatible avec mpox (fièvre, adénopathies, lésions ombiliquées vésiculo‑pustuleuses), mais attention à ne pas sur-spécifier : la présentation peut mimer des IST. Sur le point EBM 1, le différentiel est correct (HSV, syphilis, VZV), mais mérite d’être complété : LGV (Chlamydia trachomatis), gonorrhée/Chlamydia avec proctite, VIH primo-infection, molluscum contagiosum, impétigo/folliculite, dermatite de contact, et plus rarement infections bactériennes nécrosantes si douleur majeure. “Chancroï” est possible mais dépend du contexte épidémiologique (rare dans beaucoup de pays). Pour renforcer la qualité : préciser les prélèvements (PCR Orthopox sur écouvillon de lésion, idéalement plusieurs sites), les mesures d’isolement/contact, et les signaux de gravité justifiant hospitalisation.
EBM 1 (diagnostic différentiel) : la liste proposée est pertinente mais incomplète et doit être hiérarchisée selon la probabilité pré-test. Chez un voyageur avec fièvre + adénopathies inguinales + lésions génito‑anales ombiliquées vésiculo‑pustuleuses, mpox est plausible, mais HSV reste fréquent (douleur, ulcérations), et la syphilis doit être systématiquement exclue (chancre parfois atypique, adénopathies). Varicelle‑zona est moins probable en topographie strictement génitale mais possible. Chancroï est rare selon les contextes, mais à considérer si ulcère douloureux avec bubon. Ajouter impérativement : LGV (Chlamydia trachomatis L1‑L3, proctite), gonococcie/chlamydia, molluscum contagiosum, orthopox non‑mpox, et causes non infectieuses (dermatite de contact/traumatisme). Sur le plan pratique : prélèvements PCR mpox sur 2 lésions (écouvillonnage énergique), PCR HSV, NAAT GC/CT, sérologies VIH/syphilis.
Cas très évocateur de mpox chez voyageur (fièvre/myalgies + adénopathies inguinales puis lésions ombiliquées vésiculo‑pustuleuses génito‑anales). Sur le plan EBM, le différentiel proposé est pertinent mais doit inclure systématiquement LGV (Chlamydia trachomatis L1‑L3), gonococcie/rectite, molluscum contagiosum, impétigo/folliculite, et plus rarement rickettsioses/escarres ou réaction médicamenteuse. Le « piège » majeur est l’ancrage sur une IST classique et un prélèvement unique : les performances diagnostiques dépendent du type de lésion et du moment. Les données récentes favorisent une PCR orthopox/mpox sur écouvillonnage vigoureux de plusieurs lésions (toit + base), idéalement multiples sites. Isolement : privilégier précautions contact + gouttelettes (aérosols si geste à risque), et informer contact tracing. À surveiller : proctite, douleur sévère, surinfection bactérienne, immunodépression (VIH).
Cas très évocateur de mpox chez voyageur : fièvre/myalgies + adénopathies inguinales, puis lésions ombiliquées vésiculo‑pustuleuses génito‑anales douloureuses. Le piège est l’assimilation à une IST « classique » ; il faut intégrer mpox dès l’anamnèse de voyage/exposition, même avec un petit nombre de lésions. Le différentiel proposé est pertinent (HSV, syphilis, VZV/zona, chancroïde) mais j’ajouterais LGV, gonococcie/chlamydia avec proctite, molluscum contagiosum, folliculite/impétigo, et réactions médicamenteuses. Côté EBM/pratique : confirmer par PCR Orthopox/MPXV sur prélèvement de lésion (écouvillon vigoureux/roof), compléter un dépistage IST et VIH, et instaurer isolement/contact précautions jusqu’à croûtage complet selon recommandations locales. Attention aux co-infections et aux formes atypiques limitées au site d’inoculation.

Point EBM 1 : la liste de diagnostics différentiels est pertinente mais incomplète et mérite d’être hiérarchisée. HSV et syphilis doivent rester en tête (formes atypiques possibles, co‑infections fréquentes). Ajouter systématiquement : LGV (Chlamydia trachomatis L1‑L3) et gonococcie (proctite), molluscum contagiosum, impétigo/furonculose, dermatite de contact, et plus rarement rickettsioses/orthopox autres selon exposition. Varicelle-zona : possible mais souvent distribution dermatomérique (zoster) ou diffuse (varicelle) avec moins d’adénopathies inguinales isolées. Chancroï est rare mais à garder selon contexte. Message pratique : ne pas “étiqueter” IST classique vs mpox ; prélever large (lésions + IST) et isoler dès la suspicion clinique.