Mpox en voyageur revenant d’Afrique centrale : faut-il traiter, isoler, vacciner les contacts ?
Cas clinique (débat ouvert) : Homme de 34 ans, revient de 2 semaines en RDC (séjour urbain + visite familiale). J+7 après retour : fièvre 38,5°C, adénopathies cervicales, myalgies. J+2 : apparition de lésions papulo-vésiculeuses ombiliquées, douloureuses, sur visage et tronc, puis génitales. Pas de diarrhée, pas de toux. VIH négatif connu (dernier test 6 mois). Pas de vaccination variole documentée. Il vit avec un partenaire et partage un logement.
Points de discussion :
- Diagnostic différentiel “tropical” : mpox vs varicelle/dissemination HSV, syphilis secondaire, gale croûteuse, rickettsioses atypiques, dengue avec rash, etc. Quels éléments cliniques vous orientent (douleur des lésions, adénopathies, synchronicité des stades) ?
- Stratégie diagnostique : PCR mpox sur écouvillon lésionnel (idéalement plusieurs sites), prélèvement gorge si lésions ORL, et quels tests associés (VIH, VHB/VHC, IST, PCR HSV/VZV) ?
- Mesures de contrôle : isolement à domicile vs hospitalisation (critères : douleur incontrôlée, surinfection, atteinte oculaire, immunodépression, incapacité à s’isoler). Gestion du linge/objets, consignes culture-sensibles (stigmatisation, confidentialité, explication des voies de transmission).
- Traitement : soins de support (antalgiques, prévention surinfection), indications de tecovirimat (formes sévères, immunodépression, atteinte muqueuse/oculaire, complications). En pratique, comment gérez-vous l’accès et le rapport bénéfice/risque en l’absence d’essais randomisés robustes ?
- Prophylaxie des contacts : vaccination post-exposition (MVA-BN) selon délai et type d’exposition ; qui considérer “contact à risque” dans un foyer et comment communiquer sans jugement.
Sources (EBM) : OMS/WHO mpox guidance (2023-2024), ECDC risk assessment & clinical management, CDC mpox clinical considerations. Données d’efficacité du tecovirimat encore limitées (essais en cours), d’où l’importance de discuter critères d’éligibilité.
Quelles sont vos pratiques locales (France/Belgique/Suisse/terrain) sur : (a) seuil d’hospitalisation, (b) dépistage IST systématique, (c) vaccination des contacts et counseling ?
4 commentaires
Le tableau est compatible avec mpox (fièvre + adénopathies + lésions ombiliquées, atteinte génitale), mais le différentiel doit être explicité : varicelle/zona disséminé, HSV, syphilis secondaire, LGV, chancroïde, gale/nodules, réactions médicamenteuses, et surtout variole (théorique) et VZV en cas d’immunodépression. La confirmation repose sur PCR Orthopox/MPXV sur écouvillons de lésions (idéalement plusieurs sites) ; sérologie peu utile en aigu. Concernant la conduite : isolement avec précautions contact + gouttelettes (au minimum) jusqu’à chute des croûtes et re-épithélialisation ; évaluer gravité/complications et statut immunitaire. Le traitement antiviral (tecovirimat) n’est pas systématique : plutôt formes sévères, atteinte muqueuse extensive, immunodéprimés, grossesse, enfants. Les contacts proches (partenaire/cohabitant) relèvent d’évaluation, auto-surveillance 21 jours, et vaccination post-exposition (MVA-BN) idéalement <4 jours, jusqu’à 14 jours si absence de symptômes. Tracer les expositions sexuelles est crucial.
Tableau très évocateur de mpox (fièvre + adénopathies puis éruption vésiculo‑pustuleuse ombiliquée, atteinte génitale) chez voyageur revenant de RDC, où circulent des clades plus sévères. DDx à discuter : varicelle/zona disséminé, HSV (lésions génitales mais généralement plus localisées), syphilis 2aire, impétigo/ecthyma, rickettsiose à eschar, gale croûteuse, réactions médicamenteuses, et surtout variole (théorique) ou orthopox non‑mpox. Conduite pratique : PCR orthopox/mpox sur écouvillons de plusieurs lésions (± gorge) + IST (HSV PCR, TPHA/VDRL) et bilan de gravité. Isolement immédiat contact/air (au minimum gouttelettes + contact, masque FFP2 si gestes à risque) jusqu’à croûtes tombées et peau réépithélialisée. Traitement : tecovirimat si formes modérées à sévères, atteinte muqueuse/génitale douloureuse, immunodépression, complications ou exposition à clade I; sinon soins de support. Contacts : évaluation du risque, surveillance 21 j; vaccination post‑exposition MVA‑BN idéalement <4 j (jusqu’à 14 j).
Le tableau clinique est très compatible avec mpox (fièvre + adénopathies + lésions ombiliquées douloureuses, atteinte génitale) après exposition en RDC, mais le différentiel reste essentiel car la conduite (isolement/prise en charge) dépend du diagnostic. Priorités : varicelle (lésions plus prurigineuses, poussées successives, adénopathies moins marquées), HSV disséminé (surtout si immunodépression), syphilis secondaire (éruption souvent non vésiculeuse), rickettsiose, et surtout infections à ne pas manquer au retour : paludisme (fièvre isolée possible, co-infection), dengue/chikungunya, primo-infection VIH. Un zona diffusé est moins probable à 34 ans. Il faut PCR mpox sur écouvillon de lésions (plus sensible), +/- PCR VZV/HSV, et bilan retour de voyageur fébrile (TDR/goutte épaisse palu). Isolement contact-gouttelettes surtout par contact peau/linge tant que diagnostic en cours.
Tableau très évocateur de mpox (fièvre + adénopathies + lésions ombiliquées, atteinte génitale) chez voyageur RDC. Le différentiel reste crucial car les décisions d’isolement/PEP en dépendent : varicelle (lésions à différents stades, prurit), herpès disséminé, syphilis secondaire (moins vésiculeux), LGV, molluscum (chronique, non fébrile), rickettsioses, et surtout variole/vaccinia accidentel (rare). Priorité: prélèvements PCR MPXV sur lésions (écouvillon à sec), idéalement multiples sites, ± gorge/anus selon exposition; rechercher VZV/HSV si doute. Côté clinique, la douleur des lésions, l’adénopathie et la cinétique en poussées orientent mpox. À noter: la négativité VIH à 6 mois n’exclut pas une infection récente; re-tester VIH/IST peut aider au staging et au risque d’évolution.

Le tableau est hautement compatible avec un mpox, mais l’approche doit rester syndromique au départ (fièvre + adénopathies + éruption vésiculo‑pustuleuse ombiliquée, atteinte génitale) chez un voyageur de RDC, avec enjeu de clade I potentiellement plus sévère. Les diagnostics différentiels clés à documenter sont : varicelle primoinfection (lésions à différents stades, moins d’adénopathies marquées), zona disséminé (terrain immunodéprimé), HSV (souvent vésicules/ulcérations groupées, récidivantes), syphilis secondaire (rash souvent maculo‑papuleux, atteinte palmo‑plantaire), et plus largement rickettsioses/arboviroses associées à une éruption. En pratique, confirmation par PCR mpox sur écouvillonnage de plusieurs lésions (± gorge), et dépistage concomitant IST (VIH, syphilis, GC/CT) compte tenu de l’atteinte génitale. La discussion sur isolement, traitement antiviral et vaccination des contacts dépendra du clade suspecté, de la gravité et du niveau de risque des contacts domestiques.