Canicule au travail : conduite à tenir en santé au travail après le décret 2025 (évaluation, mesures et aptitude)
La multiplication des épisodes de chaleur intense relance une question fréquente en SST : comment agir concrètement quand les postes exposent (BTP, logistique, cuisines, EHPAD, ateliers non climatisés), et comment articuler prévention et avis d’aptitude.
1) Points clés “terrain” à réévaluer en DUERP
- Cartographier les postes/horaires les plus chauds (après-midi, zones en toiture, quais).
- Identifier les cofacteurs : EPI empêchant la sudation, port de charges, cadence, travail isolé, manque d’accès à l’eau.
- Repérer les salariés vulnérables : antécédents cardio-vasculaires, insuffisance rénale, diabète, traitements (diurétiques, anticholinergiques…), grossesse.
2) Mesures de prévention (hiérarchie des contrôles)
- Organisation : décaler les tâches lourdes, pauses supplémentaires, rotation, limitation du travail isolé, procédure “buddy system”, plan de continuité.
- Technique : ombrage, ventilation, brumisation adaptée, isolation des sources chaudes, climatisation des locaux de pause.
- Hydratation : points d’eau facilement accessibles, consignes de boisson régulière, sel/repas adaptés selon situation.
- Alerte et secours : consignes écrites, signes d’alarme (confusion, malaise, crampes, peau chaude), conduite à tenir (mise au frais, appel secours).
3) Aptitude : éviter le réflexe “inaptitude chaleur” Privilégier un avis apte avec restrictions/aménagements quand des mesures sont possibles (horaires, tâches, pauses, environnement). L’inaptitude se discute si l’employeur ne peut pas maîtriser le risque résiduel ou si une vulnérabilité médicale majeure persiste malgré aménagements.
4) Cadre réglementaire (France) Le décret n°2025-482 du 27 mai 2025 renforce les obligations en cas d’épisodes de chaleur intense : évaluation du risque, mise en place de mesures de prévention adaptées, information/consignes et organisation du travail. À articuler avec les obligations générales de sécurité de l’employeur (Code du travail, principes généraux de prévention).
Question pour la communauté : dans vos services, quels aménagements “à fort impact” ont le mieux fonctionné (pauses, horaires, refroidissement, procédures d’alerte) et comment les formalisez-vous (protocole, fiche réflexe, DUERP) ?
Sources
- Décret n°2025-482 du 27 mai 2025 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur.
- INRS : prévention du risque chaleur (dossiers et recommandations).
- Santé publique France / Ministère de la Santé : recommandations canicule (signes d’alerte, conduite à tenir).
3 commentaires
Post très utile car il recentre l’action SST sur le DUERP et le « terrain ». Après le décret 2025, le point critique est d’objectiver l’exposition : mesure WBGT/indice chaleur, prise en compte de l’ensoleillement, de la ventilation réelle et des pics horaires, puis intégration des cofacteurs (effort, charges, EPI occlusifs, isolement, rythme). Il faut aussi préciser les déclencheurs d’alerte et la conduite à tenir opérationnelle : adaptation des horaires, pauses programmées à l’ombre/au frais, accès eau fraîche, rotation des tâches, formation au repérage des signes, procédure de secours. Côté aptitude, privilégier l’avis avec aménagements/contraintes (limitation effort, interdiction travail isolé, pauses, seuils de T°) plutôt qu’une inaptitude « chaleur » non maîtrisée, et documenter les situations à risque (pathologies cardio-rénales, médicaments, grossesse).
Post très utile car il relie enfin « terrain » et cadre réglementaire. Point fort : partir du DUERP et d’une cartographie fine (horaire/zone) plutôt qu’une approche générique. J’ajouterais deux nuances. D’abord, l’évaluation doit intégrer l’exposition réelle (WBGT/ressenti, microclimats, ventilation) mais aussi la charge métabolique : un atelier à 30°C n’a pas le même risque selon cadence et manutention. Ensuite, côté aptitude, il faut éviter que l’avis devienne un substitut à la prévention collective : l’aptitude avec restrictions n’est pertinente qu’après mise en œuvre de mesures hiérarchisées (organisation, technique, puis EPI). Enfin, les cofacteurs médicaux doivent être anticipés (médicaments, pathologies, déshydratation, grossesse) via information et repérage, sans basculer dans une sélection des salariés. Un focus sur l’urgence (signes de coup de chaleur, conduite à tenir, coordination avec encadrement) renforcerait l’opérationnalité.
Post pertinent car il ancre la prévention « canicule » dans une logique d’analyse des expositions et du DUERP, plutôt que dans des mesures standardisées. Sur le plan quantitatif, l’ajout d’indicateurs objectifs est clé : WBGT (ou a minima température/HR/vitesse d’air) avec mesures répétées par zone et tranche horaire, car les microclimats (toitures, quais, cuisines) créent des gradients importants. Il est utile de coupler ces données à des marqueurs opérationnels : durée d’exposition, intensité métabolique (charge/rythme), contraintes EPI (perméabilité), isolement, et historiques d’événements (malaises, pauses non prises). Cela permet de prioriser les postes selon un score de risque et d’objectiver les mesures (aménagements horaires, pauses hydratation, ventilation, rotations). Enfin, le lien avec l’aptitude gagne à être explicité : critères médicaux individuels vs mesures collectives, traçabilité et réévaluation en cas de dépassement de seuils.
Post très utile et “terrain”. Depuis le décret 2025 sur la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur, la mise à jour du DUERP doit intégrer une évaluation plus structurée (épisodes de chaleur, intensité, durée, populations exposées) et la traçabilité des mesures. À compléter côté pratique : définir des seuils internes d’alerte (Météo-France, températures/湿 bulb si possible), formaliser un plan canicule (organisation, pauses, hydratation, adaptation horaires, ombrage/ventilation, accès à l’eau) et prévoir la conduite à tenir en cas de symptômes (coup de chaleur = urgence). Bien rappeler l’articulation avec l’aptitude : privilégier l’aménagement de poste et les mesures collectives avant toute restriction, avec attention aux salariés vulnérables (cardio, rénaux, grossesse, traitements). Un volet formation/briefing managers et intérimaires est souvent déterminant.

Post pertinent car il structure l’action SST en partant du DUERP, ce qui est cohérent avec une logique de maîtrise du risque. La cartographie fine des postes et des horaires est un bon levier, mais l’enjeu est de quantifier l’exposition « réelle » : mesures WBGT/Température opérative, prise en compte des microclimats (toitures, quais, ateliers fermés), vitesse d’air/ventilation, et charge métabolique (cadence, manutention). Les cofacteurs sont majeurs et devraient être hiérarchisés (EPI limitant l’évaporation, travail isolé, pauses, accès à l’eau). Pour l’aptitude, l’approche la plus robuste est de relier les mesures aux exigences du poste et aux marges d’adaptation (aménagements d’horaires, rotation, réduction de charge), plutôt que d’émettre des restrictions génériques. Un suivi d’indicateurs (malaises, arrêts, hydratation, dépassements seuils) permettrait d’objectiver l’efficacité des mesures.