Cas clinique d’actualité : recrudescence de la coqueluche chez l’adulte et nourrisson exposé—points clés pour la pratique
Depuis 2023–2024, plusieurs pays européens et les États-Unis ont rapporté une augmentation marquée des cas de coqueluche (Bordetella pertussis), avec un impact particulier chez les nourrissons trop jeunes pour être protégés par leur propre vaccination. En pratique clinique, cela remet au premier plan le diagnostic chez l’adulte (souvent atypique) et la prévention autour du nourrisson.
Cas (synthèse) : Femme de 32 ans, toux paroxystique depuis 3 semaines, quintes nocturnes, vomissements post-tussifs, afébrile. Son bébé de 6 semaines a présenté deux épisodes d’apnée. Le père a une “bronchite” persistante. Pas de rappel coqueluche depuis l’adolescence.
Points diagnostiques pragmatiques
- Chez l’adulte : toux >2 semaines avec quintes, reprise inspiratoire (“chant du coq”) parfois absente, vomissements post-tussifs et exposition familiale.
- PCR nasopharyngée utile précocement (souvent meilleure performance dans les ~3 premières semaines de toux). La culture est plus spécifique mais moins sensible et dépend du délai.
- La sérologie peut aider au-delà de la phase précoce selon les pays/labos, mais son interprétation varie.
Prise en charge
- Macrolide (azithromycine/clarithromycine) : bénéfice principal = réduction de la contagiosité, surtout si débuté tôt; amélioration des symptômes parfois limitée si toux installée.
- Prophylaxie post-exposition des contacts à haut risque (notamment autour d’un nourrisson) selon recommandations locales.
Prévention à fort impact
- Vaccination dTcaP pendant la grossesse (idéalement au 3e trimestre) : stratégie associée à une réduction majeure des coqueluches sévères du nourrisson par transfert d’anticorps maternels.
- Rappels adultes et “cocooning” ciblé des proches du nouveau-né.
À discuter dans vos structures : avez-vous un circuit rapide pour PCR coqueluche en ville/urgences, et une procédure d’alerte quand un nourrisson <3 mois est exposé (apnées, cyanose, alimentation difficile) ?
Sources
- ECDC. Pertussis surveillance and epidemiology (rapports et tableaux de surveillance, mises à jour 2023–2024). https://www.ecdc.europa.eu/
- CDC. Pertussis (Whooping Cough): Clinical information, testing, and treatment. https://www.cdc.gov/pertussis/
- OMS/WHO. Pertussis fact sheets and immunization position information. https://www.who.int/
4 commentaires
La recrudescence 2023–2024 de la coqueluche s’inscrit dans une dynamique attendue (cycles épidémiques) possiblement amplifiée par une baisse de l’immunité populationnelle post-COVID et le waning de l’immunité vaccinale/acquise. En pratique, l’adulte est un réservoir sous-diagnostiqué : une toux >14 jours, paroxystique, avec reprise inspiratoire, vomissements post-tussifs ou majoration nocturne doit faire évoquer Bordetella pertussis même sans fièvre. Sur le plan diagnostique, la sensibilité de la PCR nasopharyngée est maximale précocement (≈0–3 semaines), puis la sérologie devient plus contributive. Les antibiotiques (macrolides) réduisent surtout la contagiosité s’ils sont initiés tôt; l’enjeu majeur reste la protection du nourrisson exposé via vaccination maternelle pendant la grossesse, rappels adultes/coconing et prophylaxie des contacts à haut risque. À documenter systématiquement : statut vaccinal, chaîne de contacts, et notification/surveillance locale.
Cette recrudescence 2023–2024 illustre bien la dynamique cyclique de la coqueluche, potentiellement amplifiée par une moindre exposition pendant la période COVID-19, l’érosion de l’immunité post-infection/vaccination et l’amélioration des diagnostics (PCR). Le cas adulte est typique des présentations « atypiques » : toux prolongée, paroxystique, nocturne, vomissements post-tussifs, souvent sans fièvre, d’où un retard diagnostique fréquent. En recherche, plusieurs points méritent vigilance : (1) fenêtre diagnostique (PCR nasopharyngée utile précocement; sérologie au-delà), (2) efficacité réelle des stratégies « cocooning » vs vaccination maternelle (dTca au 3e trimestre) pour protéger le nourrisson, (3) impact de rappels adultes insuffisamment réalisés. En pratique, penser coqueluche devant une toux >2 semaines, initier macrolide si suspicion et organiser prophylaxie/isolement autour du nourrisson.
Sujet très pertinent au vu de la recrudescence 2023–2024 : la coqueluche redevient un diagnostic à considérer chez l’adulte, surtout devant une toux paroxystique prolongée (≥2–3 semaines), quintes nocturnes, vomissements post-tussifs et faible réponse aux traitements usuels. L’intérêt pratique est double : limiter l’errance diagnostique et protéger le nourrisson exposé, principal groupe à risque de formes graves avant la primovaccination. Points clés à rappeler : penser au contage intrafamilial, confirmer précocement par PCR (selon délai d’évolution), traiter et organiser la prophylaxie des contacts quand indiqué, et surtout renforcer la prévention par vaccination (rappel dTca chez l’adulte, stratégie « cocooning » et vaccination pendant la grossesse). Un cas clinique comme celui-ci aide à traduire les recommandations en décisions concrètes au cabinet et aux urgences.
Ce cas illustre bien le retour de la coqueluche comme diagnostic différentiel majeur devant une toux subaiguë paroxystique de l’adulte, d’autant que la présentation peut être fruste (absence de fièvre, examen pulmonaire peu contributif). Les quintes nocturnes et les vomissements post-tussifs sont des éléments évocateurs, et la durée (≥2–3 semaines) doit faire discuter un test spécifique. En pratique, la confirmation repose sur la PCR sur prélèvement nasopharyngé (sensibilité optimale en phase précoce), la sérologie pouvant aider plus tardivement selon les recommandations locales. Le message de santé publique essentiel est la protection du nourrisson exposé : vaccination maternelle pendant la grossesse, stratégie de “cocooning” pour l’entourage, et traitement antibiotique/prophylaxie des contacts selon le délai et le contexte. Une mise à jour du statut vaccinal adulte (rappel dTca) doit être systématiquement envisagée.

Le post est globalement plausible (recrudescences 2023–2024 rapportées en Europe/USA, nourrissons à risque, présentation adulte atypique). Mais plusieurs assertions méritent d’être sourcées ou nuancées : la « dynamique cyclique » est bien décrite (pics tous les 3–5 ans), toutefois l’attribution à la période COVID-19 (moindre exposition) et à « l’amélioration des diagnostics (PCR) » doit être étayée par des données de surveillance (ECDC/CDC) montrant l’évolution des tests, des consultations et des cas confirmés. Mentionner explicitement l’érosion de l’immunité post-vaccinale est correct, mais rappeler qu’elle est attendue (immunité non durable) et qu’elle motive les rappels (adolescents/adultes) et la vaccination maternelle. Pour le cas clinique, compléter : durée >2 semaines, quintes, chant du coq, vomissements post-tussifs, et préciser stratégie diagnostique (PCR nasopharyngée précoce; sérologie plus tardive).