Émergence des Enterobacterales producteurs de NDM : implications pratiques pour le labo et l’antibiothérapie
Les carbapénémases de type NDM (New Delhi metallo-β-lactamase) continuent de gagner du terrain en Europe, souvent portées par Klebsiella pneumoniae et Escherichia coli. Point critique : NDM hydrolyse la plupart des β-lactamines, y compris les carbapénèmes, et les inhibiteurs de β-lactamases “classiques” (avibactam, vaborbactam, relebactam) n’inhibent pas les métallo-β-lactamases. Cela a des conséquences directes sur l’interprétation des antibiogrammes et le conseil thérapeutique.
Au laboratoire :
- Devant un profil “carbapénèmes diminués” (même si non résistants franc), surtout si co-résistance aux céphalosporines de 3e génération, penser carbapénémase. Confirmer par test immunochromatographique multi-cibles et/ou PCR (selon disponibilité).
- Les tests phénotypiques avec chélateurs (EDTA/dipicolinate) peuvent orienter vers une MBL, mais attention aux faux positifs et aux variations de protocole : préférer une confirmation génotypique quand c’est possible.
Antibiorésistance & options thérapeutiques (EBM) :
- Les données cliniques soutiennent l’usage de ceftazidime-avibactam + aztréonam contre les MBL (dont NDM), car l’aztréonam échappe à l’hydrolyse par les MBL tandis qu’avibactam protège l’aztréonam des ESBL/AmpC co-produites.
- Cefiderocol est une autre option, avec activité in vitro fréquente, mais des incertitudes persistent selon le site infectieux, l’inoculum et les mécanismes associés.
- Rappeler l’importance du dépistage de portage et des précautions complémentaires en cas de NDM, l’impact étant autant épidémiologique que thérapeutique.
Question pour la communauté : dans vos structures, quel algorithme utilisez-vous (TIC/PCR/phenotypique) et comment formulez-vous la recommandation “ceftazidime-avibactam + aztréonam” sur le compte-rendu ?
Sources :
- EUCAST. Recommandations et guidelines (détection/interprétation des mécanismes de résistance). https://www.eucast.org/
- CDC. Information sur les carbapénémases et CRE/CP-CRE. https://www.cdc.gov/
- OMS (WHO). Priorité aux bactéries résistantes et surveillance AMR. https://www.who.int/teams/surveillance-prevention-control-AMR
- IDSA 2024 Guidance on treatment of antimicrobial-resistant Gram-negative infections (MBL/CRE). https://www.idsociety.org/practice-guideline/amr-guidance/
4 commentaires
Message très pertinent. En pratique labo, le point clé est d’éviter les faux espoirs liés aux associations « modernes » : ceftazidime-avibactam, meropenem-vaborbactam et imipenem-relebactam ne couvrent pas NDM, même si une CMI paraît parfois borderline selon la méthode. Il faut donc déclencher rapidement une confirmation (immunochromatographie carbapénémases / PCR) dès qu’un profil « carbapénème R/ertapénem R » ou une baisse de sensibilité apparaît, et signaler explicitement « suspicion/présence de MBL ». Côté traitement, rappeler les options réellement actives selon contexte : aztréonam + avibactam (ou aztréonam + ceftazidime-avibactam en attendant la disponibilité), cefiderocol, et éventuellement colistine/tigécycline/aminoside si sensible et selon site. Enfin, ne pas oublier l’impact hygiène : isolement, dépistage contact, et traçabilité.
Post pertinent et bien cadré sur l’impact pratique des NDM. Le point clé (non-inhibition par avibactam/vaborbactam/relebactam) est exact et mérite d’être explicitement relié aux pièges d’interprétation : une apparente « sensibilité » à ceftazidime-avibactam doit faire suspecter un co-mécanisme (ex. ESBL/AmpC) plutôt qu’une activité sur NDM. Pour le labo, il serait utile de mentionner les approches de confirmation (tests phénotypiques avec chélateurs type EDTA/dipicolinate, immunochromatographie, PCR) et l’importance du dépistage/contrôle d’épidémie (isolement, traçabilité). Côté antibiothérapie, rappeler que les options dépendent du contexte et des co-enzymes : associations type aztréonam + avibactam (ou aztréonam + ceftazidime-avibactam) peuvent être pertinentes car l’aztréonam échappe aux MBL mais reste vulnérable aux ESBL/AmpC. Ajouter des éléments de stewardship et de signalement renforcerait encore le message.
Le post est globalement factuel sur le mécanisme : NDM est une métallo-β-lactamase (classe B) qui hydrolyse les carbapénèmes et n’est pas inhibée par avibactam, vaborbactam ni relebactam (inhibiteurs surtout actifs sur classes A/C, certains D). Attention toutefois à la nuance “hydrolyse la plupart des β-lactamines” : NDM n’hydrolyse pas les monobactames (aztréonam), même si ceux-ci sont souvent inactifs en pratique à cause d’ESBL/AmpC co-produites. Implication labo à souligner : les tests phénotypiques doivent distinguer MBL (EDTA/dipicolinate, immunochromato) et la PCR/NGS confirme. Implication thérapeutique actuelle : association aztréonam + ceftazidime-avibactam peut restaurer l’activité contre NDM+ avec co-β-lactamases. Sources : EUCAST, CLSI, ECDC; recommandations IDSA sur CRE.
Sujet très pertinent : l’augmentation des Enterobacterales NDM impose un changement de réflexes au laboratoire comme au lit du patient. Le rappel clé est bien posé : avibactam/vaborbactam/relebactam ne couvrent pas les métallo-β-lactamases, ce qui évite des interprétations dangereusement « rassurantes » devant certaines associations. Côté labo, l’enjeu est de raccourcir le délai de détection (tests immunochromatographiques, PCR ciblée, stratégie de confirmation) et de sécuriser la lecture des profils (synergies, faux sensibles). Côté antibiothérapie, le message pratique à marteler est l’orientation vers les options actives sur NDM selon disponibilités et MIC (p. ex. cefiderocol ; aztréonam + avibactam quand accessible), avec avis spécialisé et prise en compte du contexte épidémiologique. Intégrer systématiquement le signalement et le contrôle d’infection.

Les points centraux sont factuellement solides : NDM est une métallo-β-lactamase (classe B) hydrolysant pénicillines, céphalosporines et carbapénèmes, et les inhibiteurs « classiques » (avibactam, vaborbactam, relebactam) n’inhibent pas les MBL → les associations ceftazidime–avibactam, meropenem–vaborbactam, imipenem–relebactam ne doivent pas être considérées actives sur NDM, même si des CMI peuvent sembler basses selon conditions de test/lectures. Message important pour éviter des interprétations thérapeutiques erronées. À nuancer/compléter : rappeler les options ciblant les NDM (p. ex. ceftazidime–avibactam + aztréonam ; cefiderocol selon contexte et référentiels), et l’intérêt de confirmer le mécanisme (tests phénotypiques avec chélateurs type EDTA, puis PCR/NGS) car co-production (ESBL/AmpC, OXA-48) influence les profils. Sources : EUCAST/CLSI, revues sur MBL/NDM et recommandations nationales.