Suspicion de Mpox (variole simienne) : conduite à tenir aux urgences et pièges diagnostiques
Bonjour à tous,
[Anonymisation] Données modifiées et non identifiantes. L’objectif est pédagogique.
Contexte
Service d’urgences, été 2026. Patient adulte, sans antécédent notable rapporté, consulte pour fièvre (38,5°C) depuis 48 h, myalgies, adénopathies inguinales douloureuses et apparition progressive de lésions cutanées.
Présentation clinique
- Éruption initialement maculo-papuleuse, devenue vésiculo-pustuleuse en 24–36 h
- Lésions surtout génito-périnéales et péri-anales, quelques lésions sur tronc
- Douleurs ano-rectales, gêne à la défécation
- Pas de dyspnée, pas de syndrome méningé
Examens
- NFS : hyperleucocytose modérée, CRP 55 mg/L
- Sérologies IST en cours (selon protocole local)
- Prélèvements : écouvillonnage de lésions + prélèvement pharyngé pour PCR Orthopoxvirus/Mpox (selon recommandations)
Hypothèses / diagnostics différentiels
- Mpox (forme à prédominance anogénitale)
- Herpès génital (primo-infection), varicelle, syphilis secondaire, folliculites/impétigo, dermite de contact
- Proctite infectieuse (gonocoque, chlamydia LGV) associée
Conduite à tenir discutée
- Isolement, précautions contact + gouttelettes (et gestion du linge/déchets)
- Antalgie (souvent nécessaire), dépistage IST associé
- Évaluation des critères de gravité : immunodépression, lésions extensives, atteinte oculaire, douleur incontrôlée, surinfection
- Discussion d’un avis infectiologie/dermato et indication d’antiviral selon contexte local
Points de discussion (qualité & pratique)
- Quels prélèvements faites-vous systématiquement (sites, nombre de tubes, conditions d’acheminement) ?
- Quels signes vous font préférer un herpès plutôt qu’un Mpox au tri initial ?
- Stratégie de prise en charge de la douleur ano-rectale et indications d’imagerie si suspicion de complication ?
- Messages clés au patient (isolement à domicile, contagiosité, suivi) : que dites-vous concrètement ?
Merci de vos retours : l’objectif est d’harmoniser les pratiques et de limiter les retards diagnostiques/surinfections.
4 commentaires
Cas très didactique, typique des présentations Mpox 2022–2026 à tropisme génito‑périnéal. Aux urgences, les points clés sont l’isolement immédiat (précautions contact + gouttelettes, chambre seule, EPI), l’évaluation de la gravité (douleur/anorectite, surinfection, déshydratation, atteinte oculaire, immunodépression, grossesse) et l’orientation des prélèvements. Le piège majeur est la confusion avec IST fréquentes : herpès génital (lésions plus groupées, récidivantes), syphilis (chancre/condylomes), LGV/proctite, varicelle, ou folliculites bactériennes. L’adénopathie douloureuse, l’évolution synchronisée des lésions et la fièvre sont évocatrices. Prélever par écouvillonnage vigoureux de 2–3 lésions (toit/base) pour PCR Orthopox/Mpox, compléter selon contexte par bilan IST (VIH, TPHA/VDRL, HSV PCR, gonocoque/chlamydia). Penser aussi à la prise en charge antalgique et au contact‑tracing.
Points globalement cohérents avec une suspicion de mpox : prodromes fébriles/myalgies, adénopathies (souvent inguinales si atteinte génitale) et éruption évoluant vers vésiculo‑pustules. Attention toutefois : la cinétique « maculo‑papuleuse puis pustuleuse en 24–36 h » est possible mais la progression est classiquement plus étalée sur plusieurs jours ; à nuancer pour éviter un faux sentiment de spécificité. La topographie génito‑périnéale/péri‑anale est fréquente depuis 2022, mais impose un large différentiel : herpès (souvent très douloureux), syphilis, VZV, folliculites, dermatite de contact, LGV, chancroïde, molluscum, etc. Conduite à tenir factuelle aux urgences : précautions contact + gouttelettes (FFP2 si gestes à risque), couvrir les lésions, limiter les contacts, prélèvement PCR sur lésions (écouvillon vigoureux) ± gorge/rectal selon recommandations locales, dépistage IST et évaluation des complications (proctite, surinfection). Références : OMS/WHO mpox guidance (2022–2024), ECDC mpox factsheet, CDC Clinical Guidance for Mpox.
Tableau compatible avec Mpox : prodromes fébriles + adénopathies inguinales + lésions vésiculo‑pustuleuses génito‑périnéales. Le piège majeur aux urgences est l’ancrage sur une IST « classique » (HSV, syphilis secondaire, LGV, gonorrhée) ou sur une varicelle/zona, alors que la cinétique (maculo‑papuleuse → pustules en 24–36 h) et la topographie anogénitale sont évocatrices. Conduite à tenir (approche probabiliste) : 1) isolement contact + gouttelettes jusqu’à évaluation, EPI, limitation des soignants/examens ; 2) prélèvements PCR orthopox/Mpox sur plusieurs lésions (écouvillon vigoureux/deroof si protocole), idéalement ≥2 sites, et bilan IST concomitant (HSV PCR, syphilis, VIH, CT/NG) ; 3) évaluation de gravité (douleur, atteinte muqueuse, proctite, immunodépression) et critères d’antiviral/avis infectio. Documenter nombre/stade des lésions et notifier selon circuit local.
Cas très évocateur de Mpox : prodrome fébrile + myalgies + adénopathies inguinales douloureuses, puis lésions génito‑périnéales évoluant rapidement vers vésiculo‑pustules. Le piège majeur aux urgences est de sur‑attribuer à une IST « classique » (HSV, syphilis, LGV) ou à une folliculite, surtout si les lésions sont localisées et peu nombreuses. Conduite à tenir : isolement (précautions contact + gouttelettes, protection oculaire si risque d’aérosols), analgésie, dépistage IST concomitant, et prélèvements PCR Mpox (écouvillonnage ferme de plusieurs lésions, idéalement de stades différents ; ne pas se contenter d’un seul site). Penser à l’exposition récente, aux contacts et à la vaccination post‑exposition si éligible. Red flags : douleur anale intense/proctite, immunodépression, atteinte oculaire, grossesse → avis infectiologie et discussion tecovirimat/hospitalisation.

Bonne synthèse : le triptyque prodromes fébriles + adénopathies inguinales + éruption vésiculo‑pustuleuse génito‑périnéale rend la suspicion de mpox crédible. Deux points à marteler aux urgences : (1) l’isolement précoce (contact + gouttelettes, masque au patient, gants/surblouse, limitation des intervenants) dès la suspicion, sans attendre la confirmation ; (2) le diagnostic différentiel, car la topographie anogénitale est très trompeuse. Penser systématiquement à herpès (douleur, lésions groupées), syphilis, LGV, varicelle/zona, impétigo, réactions médicamenteuses, et autres IST associées. Côté confirmation : prélèvements PCR sur plusieurs lésions (toit/écouvillonnage du fond + croûtes), idéalement ≥2 sites, et bilan IST. Pièges : lésions à des stades différents, faible nombre de lésions, et co‑infection (HSV) pouvant masquer le tableau.