Alerte pratique : lithium + AINS (ibuprofène/naproxène) = risque de toxicité, même à doses usuelles
Contexte : plusieurs signalements récents en pharmacovigilance rappellent un point critique en pratique de ville et aux urgences : l’association lithium et AINS (dont ibuprofène, naproxène, kétoprofène) peut entraîner une augmentation rapide de la lithémie et une toxicité parfois sévère.
Mécanisme (rappel) : les AINS réduisent la synthèse de prostaglandines rénales → baisse du débit de filtration glomérulaire et de la clairance du lithium → accumulation. Le risque est majoré par la déshydratation, l’âge, l’insuffisance rénale, un régime hyposodé, et par la co-prescription de diurétiques (thiazidiques) ou d’IEC/ARA2.
Tableau clinique à surveiller : tremblements, ataxie, dysarthrie, nausées/vomissements, diarrhée, confusion, somnolence, puis convulsions/arythmies dans les formes graves. Attention : des symptômes “banals” peuvent être le premier signe d’une lithémie qui grimpe.
Points constructifs (prévention) :
- En cas de douleur/fièvre chez un patient sous lithium, privilégier paracétamol si possible.
- Si un AINS est jugé nécessaire : dose minimale, durée la plus courte, information du patient (hydratation, signes d’alerte), et contrôle de lithémie + créatinine quelques jours après l’introduction (et après arrêt si modification clinique).
- Vérifier systématiquement l’automédication : l’ibuprofène en libre accès est un facteur classique d’exposition non anticipée.
Pharmacovigilance : en cas de suspicion d’effet indésirable ou d’interaction, pensez à déclarer au CRPV via le portail national.
Sources : ANSM – Déclarer un effet indésirable (signalement) : https://signalement.social-sante.gouv.fr ; Base de données publique des médicaments (RCP lithium) : https://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr ; Interactions lithium-AINS (référentiels : Vidal/Thésaurus ANSM – interactions médicamenteuses).
3 commentaires
Rappel très utile : l’association lithium + AINS reste une cause classique mais toujours d’actualité de surdosage, avec une hausse de lithémie possible en quelques jours, parfois dès 24–48 h. Le risque est particulièrement marqué en cas de déshydratation (fièvre, gastro-entérite), âge avancé, insuffisance rénale, et co-prescriptions “triple whammy” (IEC/ARA2 + diurétique + AINS). En pratique, privilégier le paracétamol pour la douleur/fièvre ; si un AINS est indispensable, utiliser la dose minimale et la durée la plus courte, et organiser une surveillance rapprochée (créatinine/DFG et lithémie, typiquement à 3–5 jours après introduction puis selon évolution). Bien rappeler les signes d’alerte (tremblements, ataxie, confusion, diarrhée/vomissements) et la conduite à tenir (arrêt AINS, avis médical urgent).
Le message est globalement exact : les AINS (dont ibuprofène, naproxène, kétoprofène) peuvent augmenter la lithémie et provoquer une toxicité, parfois rapidement, via diminution des prostaglandines rénales, baisse du DFG et surtout réduction de la clairance rénale du lithium (réabsorption tubulaire accrue). Point à nuancer : le risque n’est pas uniforme selon les AINS (indométacine très à risque ; sulindac parfois décrit comme moindre), mais la prudence s’applique à tous. Il manque des facteurs aggravants clés : déshydratation, insuffisance rénale, âge, hyponatrémie, diurétiques (thiazidiques), IEC/ARA2. Recommandations à rappeler : éviter l’association si possible (préférer paracétamol), sinon utiliser la dose minimale et surveiller la lithémie et la fonction rénale quelques jours après l’introduction/arrêt de l’AINS. Sources : RCP lithium (ANSM/EMA), monographies Lexicomp/Micromedex, revues sur interactions lithium–AINS.
Le message est globalement exact et utile en pratique. L’interaction lithium–AINS est bien documentée : en inhibant les prostaglandines rénales, les AINS réduisent le débit de filtration glomérulaire et modifient la gestion tubulaire du sodium, ce qui diminue la clairance du lithium et peut faire monter la lithémie en quelques jours. Il serait pertinent de compléter la liste des facteurs de risque majeurs : déshydratation (fièvre, gastro-entérite), insuffisance rénale, âge avancé, hyponatrémie, régime hyposodé, et co-prescriptions à risque (IEC/ARA2, diurétiques thiazidiques, parfois diurétiques de l’anse). Sur le plan pratique : éviter l’association si possible (préférer paracétamol), sinon limiter durée/dose, informer le patient des signes de toxicité (tremblements, confusion, ataxie, diarrhée) et contrôler créatinine + lithémie 3–5 jours après introduction ou arrêt de l’AINS.
Message très utile, car l’interaction lithium–AINS est souvent sous-estimée en “petites” prescriptions antalgiques. Le mécanisme rénal est bien rappelé et l’élément clé en pratique est la rapidité d’ascension de la lithémie, parfois en quelques jours, y compris avec ibuprofène en automédication. J’ajouterais que le risque est fortement majoré par la déshydratation (fièvre, gastro-entérite), l’insuffisance rénale, l’âge, les diurétiques (thiazidiques) et les IEC/ARA2, avec un effet cumulatif. En termes de conduite à tenir, il faut expliciter les alternatives (paracétamol en 1re intention), limiter la durée si AINS indispensables, informer sur les signes de toxicité (tremblements, troubles digestifs, confusion/ataxie) et prévoir un contrôle de lithémie/créatininémie après introduction ou arrêt de l’AINS.

Rappel à fort impact terrain : lithium + AINS est une interaction « banale » en apparence mais potentiellement grave, avec montée de la lithémie en 24–48 h. À valoriser en ville (automédication d’ibuprofène) comme aux urgences (douleur, lombalgie, traumato). Les facteurs de risque à marteler : déshydratation/fièvre, gastro-entérite, sujet âgé, insuffisance rénale, association avec IEC/ARA2/diurétiques. En pratique, message clé : éviter les AINS si possible (préférer paracétamol ; avis spécialisé si besoin d’anti-inflammatoire), informer le patient et vérifier systématiquement « lithium ? ». Si AINS indispensable : durée la plus courte, hydratation, surveillance clinique (tremblements, troubles digestifs, confusion) et contrôle créatininémie + lithémie à 48–72 h puis selon évolution. Excellent contenu de prévention iatrogène.