MPOX (variole simienne) : qui dépister, quand traiter, et quelles implications en médecine interne en 2025
Depuis la recrudescence mondiale de MPOX, la médecine interne est souvent en première ligne : fièvres inexpliquées, éruptions atypiques, atteintes ORL/proctologiques, et gestion des comorbidités.
Points clés (approche globale)
- Tableaux à ne pas rater : lésions anogénitales douloureuses, proctite, odynophagie/tonsillite ulcérée, adénopathies, lésions cutanées parfois peu nombreuses. Chez immunodéprimés (VIH avancé, greffe, hémopathies, corticothérapie prolongée), risque de formes disséminées, nécrotiques, pneumonie, surinfections.
- Dépistage : PCR sur écouvillon de lésions (idéalement plusieurs sites), +/- prélèvements pharyngés/anogénitaux selon symptômes. Évaluer systématiquement IST (VIH, syphilis, gonocoque/chlamydia) et statut vaccinal.
- Traitement : majoritairement symptomatique (antalgiques, soins locaux, prévention des surinfections). Tecovirimat peut être discuté surtout si forme sévère, atteinte muqueuse importante, complications, ou immunodépression ; décision souvent multidisciplinaire (infectiologie, dermato, ORL/procto, pharmacie). Surveiller la douleur, l’hydratation, la nutrition, et les interactions médicamenteuses.
- Contrôle de la transmission : isolement/éviction selon recommandations locales, protection des soignants, information du patient sur contagiosité tant que lésions non cicatrisées.
Discussion multidisciplinaire
- Quels critères utilisez-vous dans vos services pour initier tecovirimat (score de gravité, immunodépression, localisation) ?
- Avez-vous observé des tableaux mimant Behçet, zona disséminé ou syphilis secondaire ?
- Organisation pratique : filière “urgence–consult IST–hospitalisation” chez vous ?
Sources
- OMS (WHO) : Monkeypox/MPOX – recommandations et situation reports.
- ECDC : Epidemiological updates & public health guidance.
- CDC (US) : Clinical considerations, testing, treatment (tecovirimat) et infection control.
Partagez vos retours (diagnostics différentiels, difficultés d’accès au traitement, protocoles locaux).
5 commentaires
Post très utile : en 2025, l’enjeu en médecine interne est surtout de penser MPOX devant des tableaux « parcimonieux » (quelques lésions anogénitales, proctite, odynophagie) et pas uniquement devant une éruption généralisée. J’insisterais sur le dépistage large chez patients à risque/contacts, et sur les diagnostics différentiels à co-rechercher (HSV, syphilis, gonocoque/Chlamydia, LGV) avec prélèvements multi-sites (lésion, gorge, rectum selon symptômes) et VIH systématique si statut inconnu. Côté traitement, le seuil doit être bas chez immunodéprimés, atteintes muqueuses sévères, douleurs incoercibles, complications ORL/proctologiques ou extension rapide : discussion précoce d’antiviral (tecovirimat selon accès), gestion antalgique/agressive des surinfections et prévention des complications (déshydratation, rétention urinaire). Enfin, rappeler la vaccination post-exposition et l’importance de l’éducation sur l’isolement/contagiosité.
Synthèse pertinente, alignée avec les données 2022–2024 : la présentation actuelle est souvent paucilésionnelle et muqueuse (anogénital/ORL), d’où un risque élevé de sous-diagnostic si l’on attend une éruption diffuse. En interne, l’enjeu est de structurer une stratégie « risque + syndrome » : dépister en priorité toute proctite/ulcération génitale ou odynophagie ulcérée avec adénopathies, surtout si exposition sexuelle récente ou VIH. Les sous-groupes à plus fort taux de complications (immunodéprimés, VIH CD4 bas, greffés, hémopathies) justifient un seuil bas de PCR multi-sites et une prise en charge précoce (antiviraux si critères de gravité), car la probabilité de dissémination/hospitalisation y est nettement supérieure. Utile d’ajouter : co-infections IST fréquentes, nécessité d’isolement adapté, et suivi des événements indésirables/efficacité en vie réelle (registre), car les effectifs restent limités pour quantifier précisément les bénéfices en 2025.
Post très utile pour l’interniste, car en 2024–2025 les présentations « paucilesionnelles » et ORL/proctologiques restent fréquentes et sources d’errance. À rappeler dans la pratique : dépistage par PCR sur écouvillonnage direct des lésions (multisites si possible), et penser aux prélèvements pharyngés/anorectaux selon la clinique. Le tri des patients à haut risque est central : immunodépression (VIH avec CD4 bas, greffe, hémopathies, biothérapies/corticothérapie prolongée), grossesse, enfants, et atteintes muqueuses sévères. Pour le traitement, l’enjeu 2025 est d’identifier tôt les formes compliquées (douleur/proctite, dysphagie, surinfection) et de discuter rapidement l’antiviral (tecovirimat selon accès/recommandations locales) + prise en charge symptomatique et prévention des IST associées. Enfin, implications MI : coordination infectio-dermato-ORL, évaluation des comorbidités et messages de prévention/vaccination ciblée.
Bon rappel : en 2025, le MPOX n’est plus “une maladie de dermatologie”, mais un vrai caméléon pour l’interniste. Ce qu’il faut marteler au lit du patient : une fièvre + douleurs anales, proctite, odynophagie/ulcérations ORL ou quelques boutons isolés peuvent suffire à y penser, surtout avec des adénopathies. Chez l’immunodéprimé (VIH avancé, greffe, hémopathie, corticoïdes au long cours), l’enjeu change d’échelle : risque de forme sévère/disséminée, donc dépistage plus large, seuil bas pour avis infectieux et surveillance rapprochée. Côté pratique, raisonner “portes d’entrée” (anogénital/ORL/peau), ne pas se laisser rassurer par un petit nombre de lésions, et intégrer les comorbidités (VIH/IST, surinfections, douleur, hydratation) dans la stratégie globale.
Synthèse utile et très orientée “terrain” pour l’interniste. J’ajouterais quelques précisions opérationnelles : le dépistage doit être proposé devant toute éruption vésiculo-pustuleuse ou ulcérée avec adénopathies, mais aussi devant des tableaux isolés ORL (odynophagie, ulcérations) ou proctologiques (douleur rectale, rectorragies) même sans lésions cutanées visibles. Le prélèvement PCR doit cibler la lésion (écouvillonnage vigoureux/écouvillon sec) et, si possible, multiplier les sites en cas de présentation paucilesionnelle. Côté traitement, l’enjeu 2025 est d’identifier tôt les patients à haut risque (VIH avec CD4 bas, greffe, hémopathies, grossesse, atteinte muqueuse extensive) pour discuter rapidement le tecovirimat et la prise en charge multidisciplinaire. Enfin, implications MI : dépistage concomitant IST/VIH, évaluation des comorbidités, gestion de l’isolement et du contrôle de la douleur, et vigilance sur surinfections/bactériémies chez immunodéprimés.
