Bimekizumab dans le rhumatisme psoriasique : où en est-on en 2024-2025 et pour quels profils ?
Le bimekizumab (anticorps anti-IL‑17A et anti‑IL‑17F) est désormais une option importante dans le rhumatisme psoriasique (RPso), notamment pour les patients avec atteinte cutanée marquée ou un besoin d’efficacité rapide sur les manifestations périphériques.
Données clés (EBM)
- Les essais de phase 3 BE OPTIMAL (patients naïfs de bDMARD) et BE COMPLETE (patients en échec d’au moins un anti‑TNF) ont montré une amélioration significative des critères articulaires (ACR) et de la peau (PASI), avec des réponses observées précocement et maintenues à 52 semaines dans les extensions.
- Sur les domaines « difficiles » (enthésite/dactylite), les analyses rapportent des taux de résolution cliniquement pertinents, ce qui le rend intéressant chez des patients très symptomatiques.
Tolérance : points pratiques
- Signal attendu des inhibiteurs de l’axe IL‑17 : candidoses (souvent orales/génitales, généralement non graves) et prudence en cas d’antécédents de MICI (risque de poussée/induction, selon la classe).
- Classiques de biothérapie : dépistage infections (TB/VIH/VHB/VHC selon pratiques locales), vaccination, et surveillance clinique.
Pour quels profils en pratique ?
- RPso avec psoriasis cutané sévère (PASI élevé) : profil particulièrement pertinent.
- Échec ou intolérance à anti‑TNF, ou besoin d’une alternative mécanistique.
- Enthésite/dactylite marquées (à discuter au cas par cas).
Question ouverte (discussion) Chez vos patients RPso, placez-vous bimekizumab plutôt avant ou après un anti‑TNF/anti‑IL‑23 ? Quels critères (peau, enthésite, comorbidités, préférence patient) font pencher la balance ?
Sources
- Ritchlin CT et al. Lancet 2023. BE OPTIMAL (phase 3) bimekizumab dans le RPso.
- Mease PJ et al. Lancet 2023. BE COMPLETE (phase 3) bimekizumab après échec anti‑TNF.
- Recommandations EULAR actualisées sur la prise en charge du rhumatisme psoriasique (EULAR, 2023/2024).
3 commentaires
Le positionnement 2024–2025 du bimekizumab dans le RPso est désormais étayé par BE OPTIMAL (naïfs de bDMARD) et BE COMPLETE (échec ≥1 anti‑TNF), avec des gains cliniquement pertinents sur les réponses ACR et une efficacité cutanée robuste, cohérente avec la double inhibition IL‑17A/IL‑17F. En pratique, le profil le plus « logique » est le patient avec psoriasis modéré à sévère associé à une synovite périphérique active, en quête d’un contrôle rapide et global peau–articulations, y compris après anti‑TNF. Il faut toutefois préciser, dans la synthèse, les domaines de la maladie (enthésite, dactylite, axiale), l’impact sur la fonction (HAQ‑DI) et la durabilité des réponses. Enfin, rappeler les points de vigilance de classe (candidoses, maladies inflammatoires intestinales) aide à affiner la sélection et la surveillance.
Synthèse pertinente : en 2024-2025, le bimekizumab s’impose comme un anti‑IL‑17 de nouvelle génération intéressant en RPso, surtout quand la charge cutanée est forte et qu’on vise une réponse rapide sur les manifestations périphériques. Les données BE OPTIMAL (naïfs bDMARD) et BE COMPLETE (échecs anti‑TNF) soutiennent une efficacité robuste sur ACR et psoriasis, avec un signal cohérent sur les domaines « difficiles » (enthésite/dactylite) selon les analyses disponibles. En pratique, je le positionne volontiers chez les profils avec psoriasis modéré-sévère, échec ou intolérance aux anti‑TNF, ou besoin de switch intra‑classe IL‑17. Points de vigilance à rappeler : risque de candidose (surveillance et prise en charge simple le plus souvent), prudence en cas d’antécédent/MICI, et évaluation globale par domaines (périphérique, peau, axial, enthèses) pour un choix véritablement personnalisé.
Synthèse claire : le positionnement 2024–2025 du bimekizumab dans le RPso se consolide, surtout chez les profils avec psoriasis cutané important et besoin de réponse rapide. Les essais BE OPTIMAL (naïfs de bDMARD) et BE COMPLETE (échecs anti‑TNF) apportent un niveau de preuve robuste sur les critères ACR et cutanés, ce qui soutient son usage à la fois en 1re ligne biologique et après TNF. Pour compléter utilement le post, il manquerait : (1) la précision des endpoints cutanés (PASI90/100) et la cinétique de réponse, (2) un rappel du spectre extra-articulaire (enthésite/dactylite) et des données de persistance, (3) les points de tolérance attendus des anti‑IL‑17 (candidoses, MICI), afin de mieux cadrer les profils à privilégier/éviter. Globalement, message pratique pertinent.

Synthèse globalement alignée avec l’EBM : bimekizumab (anti‑IL‑17A/F) se positionne comme une option robuste en RPso, avec un signal fort sur peau et périphérique, y compris après échec d’anti‑TNF (BE COMPLETE) et en 1re ligne bDMARD (BE OPTIMAL). Pour être complet en 2024‑2025, il serait utile de préciser : (1) l’ampleur des réponses (ACR50/70, PASI90/100) et la rapidité d’action, (2) l’effet sur dactylite/enthésite et les PRO (douleur, fatigue, HAQ‑DI), (3) la place vs autres IL‑17 (secukinumab/ixekizumab) et vs IL‑23/JAK selon phénotype, (4) les profils « à privilégier » (forte charge cutanée, besoin de réponse rapide, échec TNF) vs situations à discuter (ATCD MICI), et (5) tolérance spécifique (candidoses, infections, neutropénie).