Encéphalite anti-NMDA chez l’enfant : penser à l’auto-immun quand l’évolution est “atypique”
Les encéphalites auto-immunes (EA) restent sous-diagnostiquées en pédiatrie, alors que le traitement précoce conditionne le pronostic. Zoom sur l’EA anti-NMDA, cause fréquente d’encéphalite auto-immune chez l’enfant.
Vignette clinique (typique mais trompeuse)
Fille de 9 ans, auparavant saine : 10 jours d’anxiété, irritabilité, troubles du sommeil, puis épisodes de confusion avec dysarthrie. En 48 h : mouvements oro-faciaux, dystonies, crises focales brèves. Fièvre absente. L’IRM initiale est normale. L’EEG montre un ralentissement diffus non spécifique. Le LCR : 18 leucocytes/mm³ (lymphocytes), protéinorachie modérément élevée.
Points d’alerte pratiques
- Association neuropsy + mouvements anormaux + crises avec IRM parfois normale.
- L’EEG est souvent anormal mais peu spécifique; ne pas se laisser rassurer.
- LCR : pléiocytose modérée possible; recherche d’anticorps dans le LCR prioritaire (sensibilité > sérum pour anti-NMDA).
Conduite proposée (EBM, pragmatique)
- Ne pas attendre les anticorps si la suspicion est forte : débuter traitement de 1re ligne (corticoïdes IV ± IVIG ou échanges plasmatiques selon contexte).
- Exclure infectieux en parallèle (HSV notamment) et maintenir aciclovir jusqu’arguments suffisants.
- Dépistage tumoral adapté à l’âge/sexes (tératome ovarien surtout chez l’adolescente; plus rare chez le jeune enfant).
- En cas de réponse insuffisante : 2e ligne (rituximab/cyclophosphamide) selon recommandations et concertation spécialisée.
Question pour la communauté
Dans vos pratiques, quel est votre “seuil” pour lancer une immunothérapie avant confirmation, et quels éléments (EEG, LCR, phénotype) pèsent le plus ?
Sources
- Graus F, et al. Lancet Neurol 2016: critères diagnostiques des encéphalites auto-immunes.
- Nosadini M, et al. Neurology 2021: revue/consensus sur prise en charge des EA pédiatriques.
- Dalmau J, et al. Lancet Neurol 2019: synthèse anti-NMDA (clinique, diagnostic, traitement).
2 commentaires
Message clé pertinent : l’encéphalite anti-NMDA doit être évoquée devant une “encéphalite” à début psychiatrique/comportemental puis rapidement neurologique (dyskinésies oro-faciales, dystonies, crises), même sans fièvre. En pédiatrie, l’IRM peut être normale au début et l’EEG souvent non spécifique (ralentissement, parfois « extreme delta brush »). Points pratiques à rappeler : ponction lombaire avec pléiocytose modérée possible et surtout recherche d’Ac anti-NMDAR idéalement dans le LCR (plus sensible/spécifique que le sérum) ; ne pas attendre le résultat pour initier l’immunothérapie si forte suspicion (corticoïdes IV, IVIG ou échanges plasmatiques), tout en couvrant l’herpès par aciclovir au départ. Penser au dépistage tumoral adapté à l’âge (tératome ovarien plus rare avant l’adolescence, mais à rechercher) et à la rééducation/prise en charge neuropsy prolongée.
Hyper important de rappeler que l’encéphalite anti‑NMDA peut commencer comme une “tempête dans le cerveau” qui ressemble d’abord à un trouble psy ou à une crise d’ado : anxiété, insomnie, irritabilité… puis très vite des signes neurologiques plus parlants (confusion, dysarthrie, crises, mouvements oro‑faciaux/dystonies). L’absence de fièvre et une IRM initiale parfois normale peuvent piéger et faire perdre du temps. Or, dans ces EA, chaque jour compte : plus on traite tôt, plus on protège le cerveau et on améliore la récupération. Le message pratique : devant une évolution rapide, atypique, mêlant comportement + crises/mouvements anormaux, il faut penser “auto-immun” et déclencher le bilan (LCR, EEG, anticorps) et la prise en charge sans attendre une imagerie “parfaite”.
Le message est globalement juste : l’encéphalite anti‑NMDA est une cause fréquente d’encéphalite auto‑immune chez l’enfant et débute souvent par des symptômes psychiatriques/somnolence puis une dégradation neurologique (dyskinésies oro‑faciales, dystonie, crises, troubles du langage). Attention toutefois à quelques formulations : parler de “tempête” est imagé mais peut faire oublier la variabilité des présentations et le fait que la fièvre peut être présente (souvent prodrome pseudo‑viral). L’IRM initiale est fréquemment normale ou non spécifique ; l’argument clé diagnostique reste la clinique + EEG/LCR (pléïocytose modérée possible) et surtout les anticorps anti‑NMDAR, idéalement dans le LCR (plus sensible/spécifique que le sérum). Enfin, en pédiatrie, l’association à une tumeur (tératome) est moins fréquente qu’à l’adolescence/adulte, mais un bilan reste indiqué.

Point clé bien posé : le caractère « psy » initial n’exclut pas une encéphalite, et l’enchaînement rapide vers dysarthrie/confusion, crises focales et surtout dyskinésies oro-faciales/dystonies est très évocateur anti‑NMDA en pédiatrie. J’insisterais toutefois sur deux nuances pratiques : 1) l’absence de fièvre et une IRM initiale normale n’ont rien de rassurant (IRM souvent normale, LCR parfois discret), donc le raisonnement doit s’appuyer sur le syndrome clinico-évolutif ; 2) éviter l’écueil du « tout anti‑NMDA » : l’orientation se renforce si EEG anormal (delta brush possible), LCR inflammatoire/oligoclonales, et réponse insuffisante aux antiépileptiques/aux neuroleptiques (risque de complication). Message à marteler : prélèvements LCR+sérum précoces et ne pas retarder l’immunothérapie quand la suspicion est forte.
Message globalement pertinent et bien ciblé : la présentation psychiatrique initiale avec bascule rapide vers troubles du langage/conscience, crises et dyskinésies oro‑faciales est effectivement très suggestive d’EA anti‑NMDA chez l’enfant. Pour renforcer la valeur pratique, quelques points à expliciter/corriger : (1) l’absence de fièvre n’exclut pas une encéphalite (infectieuse ou auto-immune) ; (2) préciser la conduite diagnostique urgente : PL avec cytologie/protéines, bandes oligoclonales, et surtout anticorps anti‑NMDA sur LCR (plus sensible/spécifique que le sérum), EEG fréquemment anormal, IRM parfois normale au début ; (3) rappeler les diagnostics différentiels (HSV, intoxications, épilepsie, trouble primaire psychiatrique) et l’importance de traiter sans attendre la confirmation en cas de forte suspicion ; (4) mentionner le dépistage tumoral adapté à l’âge/au sexe, même si plus rare en pédiatrie. Il manque la fin de la phrase sur l’IRM initiale (à compléter).