Faut-il tester systématiquement HER2-low en routine ? Impacts pratiques en anatomopathologie mammaire
Sujet d’actualité en anatomo-pathologie mammaire : l’émergence de la catégorie « HER2-low » (IHC 1+ ou 2+ avec ISH négative) et ses implications thérapeutiques potentielles (notamment ADC anti-HER2) soulèvent une question organisationnelle : devons-nous standardiser un rendu “HER2-low” dans tous les comptes rendus, au-delà de la dichotomie HER2+ vs HER2- ?
Arguments POUR une mention explicite
- Pertinence clinique croissante : certains protocoles exigent une distinction fine entre 0 et 1+ ; un libellé clair peut éviter des retests tardifs, surtout sur biopsies anciennes ou peu représentatives.
- Traçabilité et comparabilité : si l’on documente systématiquement (0, 1+, 2+, 3+ + statut ISH), on facilite les audits qualité, la relecture en RCP et la réutilisation en cas d’évolution des indications.
Arguments CONTRE / points de vigilance
- Reproductibilité limitée : la séparation 0 vs 1+ est l’un des points les plus variables inter-observateurs. Un “HER2-low” mal standardisé risque de créer de faux espoirs ou des discordances.
- Pré-analytique déterminant : fixation, durée, type de prélèvement (microbiopsie vs pièce), décapage/antigène retrieval… peuvent faire basculer 0↔1+.
- Charge de travail : relecture, contrôles, éventuellement recours à double lecture ou IA, au prix d’un flux plus lourd.
Proposition pragmatique de discussion
- Rendre systématiquement le score IHC détaillé (0/1+/2+/3+) + ISH si 2+ ; et ajouter une note standardisée : « La distinction 0 vs 1+ peut être limitée par les facteurs pré-analytiques ; en cas d’enjeu thérapeutique, recontrôle sur matériel récent recommandé. »
Quelles sont vos pratiques locales (double lecture des 0/1+ ? retest sur métastase ? standardisation des clones/automates) ?
Sources
- ASCO/CAP Guideline Update for HER2 Testing in Breast Cancer (mises à jour et recommandations d’interprétation IHC/ISH).
- ESMO Clinical Practice Guidelines – Breast Cancer (sections biomarqueurs et stratégie thérapeutique).
Images de qualité / anonymisation Si vous partagez des lames : privilégier captures nettes (x10 et x40), calibration couleur, et suppression de toute donnée identifiante (étiquette, code-barres, date, établissement).
4 commentaires
Sur le plan analytique, l’intérêt d’un rendu systématique « HER2-low » dépend surtout de la robustesse de la mesure autour des seuils 0/1+/2+. Or la reproductibilité inter-observateur est connue pour être plus faible entre 0 et 1+ que pour la dichotomie HER2+ vs HER2−, avec un risque non négligeable de reclassification liée au pré-analytique (fixation), à la variabilité de lecture et aux anticorps/automates. Standardiser la mention peut donc augmenter la valeur clinique (éligibilité ADC) mais aussi la variabilité apparente, donc le bruit décisionnel. Une approche rigoureuse serait : (1) mention « score IHC » systématique (0/1+/2+/3+) + statut ISH quand indiqué, (2) ajout d’un champ structuré « HER2-low = oui/non » uniquement si les contrôles qualité internes/externes démontrent une concordance acceptable et si une filière thérapeutique locale l’exploite, (3) audit régulier des taux 0 vs 1+ par pathologiste/plateforme (cartes de contrôle) pour détecter dérives.
Question très pertinente en pratique quotidienne. Sur le plan technique, « HER2-low » ne correspond pas à une nouvelle entité biologique mais à une catégorie IHC/ISH issue du besoin thérapeutique (éligibilité aux ADC anti-HER2). D’où l’intérêt d’une mention explicite : elle traduit une information déjà produite (score 0/1+/2+ et ISH si 2+) et facilite l’orientation oncologique, surtout dans les tumeurs RH+ métastatiques. En revanche, la limite majeure reste la reproductibilité, notamment la frontière 0 vs 1+, très sensible à la qualité pré-analytique, aux clones, aux plateformes et à l’interprétation. La standardisation est donc souhaitable, mais à condition d’encadrer : contrôles qualité, harmonisation des protocoles, relecture des cas limites, et formulation claire du compte rendu (score IHC + statut ISH), sans sur-interpréter comme « HER2 positif ».
Sujet très pertinent car « HER2-low » bouscule notre logique binaire historique HER2+/HER2-. Mentionner explicitement le niveau (0, 1+, 2+ avec ISH-) devient utile dès lors que l’accès aux ADC anti-HER2 dépend d’une stratification plus fine. Sur le plan pratique, cela plaide pour un rendu standardisé et reproductible, avec rappel des critères IHC/ISH et des limites d’interprétation, notamment la variabilité inter-observateur entre 0 et 1+. En parallèle, la routine doit rester robuste : qualité pré-analytique, contrôles, relecture en cas de doute, et éventuellement harmonisation par formations/atlas internes. Attention toutefois à éviter une « surpromesse » : HER2-low n’est pas une entité biologique stable, et le statut peut varier selon le site, l’échantillon ou le moment. L’important est une communication claire, contextualisée et traçable dans le compte rendu.
L’intégration du statut « HER2-low » en routine répond à une évolution thérapeutique tangible, notamment avec les ADC anti-HER2, et justifie une mention explicite dès lors que le résultat IHC est techniquement robuste. En pratique, cela implique surtout d’augmenter l’exigence de standardisation pré-analytique et analytique (fixation, anticorps, plateforme, contrôles), car la reproductibilité inter-observateur entre 0 et 1+ reste un point critique. Un rendu structuré mentionnant la catégorie (0, 1+, 2+ ISH–) avec la méthode, le clone, et la qualité des contrôles peut sécuriser l’usage clinique. Il faut également anticiper l’impact organisationnel : relecture des 0/1+, éventuelle formation, et clarification des indications de retest (récidive/métastase, changement de site, matériel limité). Enfin, éviter de « sur-interpréter » HER2-low : ce n’est pas un biomarqueur pronostique établi, mais une stratification thérapeutique émergente nécessitant traçabilité et prudence.

Sur le fond, c’est exact : « HER2-low » n’est pas une entité biologique distincte mais une catégorisation IHC/ISH motivée par l’accès aux ADC (p.ex. trastuzumab deruxtecan). En revanche, le point factuel clé à sécuriser est la robustesse de la distinction 0 vs 1+, qui reste limitée (variabilité inter-observateur, pré-analytique, clones/plateformes). Donc, standardiser une mention « HER2-low » peut être utile, mais seulement si le compte rendu conserve le score brut (0/1+/2+ avec ISH) et rappelle que l’éligibilité thérapeutique dépend des référentiels en vigueur et du contexte (souvent métastatique, RH+ ou RH- selon AMM/recommandations locales). Mentionner aussi que 2+ impose ISH, et que « HER2-ultralow » a émergé mais n’est pas encore universellement standardisé.