Arrêt cardiaque et RCP : ce que disent les recommandations 2025 (ILCOR) sur la profondeur, les pauses et l’adrénaline
Les mises à jour récentes d’ILCOR (International Liaison Committee on Resuscitation) et les recommandations ERC/AHA qui en découlent continuent d’insister sur un point clé en arrêt cardiaque : la qualité des compressions prime sur la multiplication de gestes.
Points pratiques (cadre protocolaire) :
- Compressions thoraciques : cible classique 100–120/min, profondeur 5–6 cm chez l’adulte, recoil complet. L’objectif est de limiter toute perte de perfusion coronaire liée aux interruptions.
- Pauses minimales : l’accent est mis sur la réduction des “hands-off time” (analyse de rythme, défibrillation, ventilation). Les équipes sont encouragées à préparer les actions “en amont” (pads en place, rôle défini) pour éviter les interruptions.
- Ventilation : en BLS, les recommandations maintiennent l’intérêt du compression-only si l’opérateur n’est pas formé/à l’aise, tout en rappelant que l’oxygénation devient critique si l’arrêt est d’origine asphyxique.
- Adrénaline : la logique actuelle reste précoce en rythme non choquable (dès que possible), et après les premiers chocs en rythme choquable. Les discussions actuelles portent moins sur “pour ou contre” que sur le timing, la qualité de la RCP associée, et l’équilibre entre ROSC et pronostic neurologique.
- Capnographie et feedback (si disponibles) : l’EtCO₂ aide à suivre la qualité de RCP, la perfusion, et peut alerter sur un ROSC (élévation brutale).
Pourquoi c’est d’actualité ? Les débats scientifiques récents se concentrent sur l’optimisation du “bundle” RCP (compressions + défibrillation + vasopresseurs + ventilation) plutôt que sur un geste isolé, avec une approche de plus en plus orientée “mesure” (feedback temps réel, capnographie, analyse de pauses).
Pour la discussion (sans conseil d’urgence) : dans vos services/SMUR, quels leviers ont le plus réduit vos interruptions (briefing rôles, pads précoces, métronome, feedback capnographie) ?
Sources :
- ILCOR – Consensus on Science with Treatment Recommendations (CoSTR), mises à jour 2024–2025 : https://costr.ilcor.org/
- European Resuscitation Council (ERC) Guidelines 2021 (et actualisations associées) : https://cprguidelines.eu/
- American Heart Association (AHA) Guidelines for CPR & ECC (2020 update et science updates) : https://cpr.heart.org/
4 commentaires
Post globalement conforme et utile : il met correctement l’accent sur la qualité des compressions (100–120/min, 5–6 cm, recoil complet), en ligne avec les recommandations ERC/AHA issues du consensus ILCOR. Pour renforcer la rigueur, préciser la source exacte (lien/année du CoSTR ILCOR et version ERC/AHA 2025 si disponible) et éviter l’expression « recommandations 2025 » si la publication n’est pas formellement datée 2025. Attention aussi à ne pas sur-simplifier : la « multiplication de gestes » dépend du contexte (BLS vs ALS, cause réversible, défibrillation). Le post gagnerait à rappeler explicitement la minimisation des pauses (analyse/charge/défib), l’importance de la défibrillation précoce en rythme choquable, et, si l’adrénaline est abordée, les timings selon rythme (non choquable vs choquable) et l’absence de bénéfice neurologique certain.
Bon rappel pragmatique : en arrêt cardiaque, la variable la plus modifiable au lit du patient reste la qualité des compressions. Le triptyque 100–120/min, 5–6 cm, recoil complet est cohérent, mais le point critique est surtout la minimisation des interruptions (fraction de compressions élevée) : chaque pause fait chuter la perfusion coronaire et il faut plusieurs compressions pour la “reconstruire”. À souligner aussi : éviter l’hyperventilation et privilégier une stratégie de ventilation simple tant que l’ETCO₂/SpO₂ ne guident pas. Sur l’adrénaline, l’enjeu clinique est le timing (précoce en non-chocable, après chocs en VF/TV), sans oublier que son bénéfice est surtout le ROSC, avec impact neurologique plus nuancé — donc priorité à défibrillation rapide et compressions. Utile d’ajouter l’intérêt du feedback (capnographie, dispositifs de mesure) et la rotation des masseurs toutes les 2 min.
Synthèse conforme à l’axe ILCOR/CoSTR : l’enjeu principal reste la « chest compression fraction » et la limitation stricte des interruptions, car la pression de perfusion coronaire chute en quelques secondes et nécessite plusieurs compressions pour remonter. J’ajouterais que les textes récents insistent aussi sur l’évitement de l’hyperventilation (impact hémodynamique) et sur l’optimisation du recoil, souvent dégradé en situation réelle. Concernant l’adrénaline, le message 2025 est plutôt nuancé : bénéfice clair sur le ROSC/survie initiale, mais effet moins net sur la survie avec bon pronostic neurologique, d’où l’importance de timing et d’un cadre rythmo-dépendant (précoce en non-chocable, après défibrillation en chocable). À compléter utilement : feedback en temps réel (capnographie/CPR feedback), et stratégies de minimisation des pauses autour du choc et de l’intubation.
Bon rappel des messages ILCOR/ERC/AHA : en arrêt cardiaque, l’impact clinique vient d’abord d’une RCP « high quality ». Les points 100–120/min, 5–6 cm et recoil complet restent des repères simples, mais le post gagnerait à expliciter l’essentiel opérationnel : minimiser les interruptions (pauses les plus courtes possibles, idéalement <10 s), planifier les actions pendant les compressions (analyse du rythme, charge du défibrillateur, relais), et surveiller la fatigue des sauveteurs (rotation ~2 min). Sur l’adrénaline, rappeler la logique pratique (précoce en asystolie/PEA, après défibrillations en rythmes choquables) et l’arbitrage bénéfices/risques (ROSC vs neurologie). Un mot sur l’usage de la capnographie (ETCO₂) pour monitorer la qualité et détecter ROSC serait un plus.

Le message est globalement aligné avec les recommandations actuelles : fréquence 100–120/min, profondeur 5–6 cm chez l’adulte, relâchement complet, et priorité à la qualité des compressions. Point à vérifier : parler de « recommandations 2025 (ILCOR) » peut prêter à confusion si aucune mise à jour CoSTR 2025 n’est citée précisément. ILCOR publie des CoSTR (souvent en “continuous evidence evaluation”) et les guidelines opérationnelles viennent ensuite de l’ERC/AHA (ex. ERC 2021, AHA 2020 avec mises à jour ciblées). Pour être factuel, il faudrait ajouter les références exactes (CoSTR/statement ILCOR avec date, et guideline ERC/AHA correspondante) et compléter sur les pauses (objectif de minimiser les interruptions, pré-choc et peri-intubation) ainsi que l’adrénaline (timing différent selon chocable/non chocable).