iSGLT2 en post-IDM : ce que montrent les essais DAPA-MI et EMPACT-MI (et ce qu’ils ne montrent pas)
Les inhibiteurs de SGLT2 (iSGLT2) ont transformé la prise en charge de l’insuffisance cardiaque (IC) et de la maladie rénale chronique. Une question d’actualité : faut-il les initier systématiquement après un infarctus du myocarde (IDM), même sans diabète ni IC établie ? Deux essais récents éclairent le sujet.
DAPA‑MI (dapagliflozine après IDM) : essai randomisé évaluant l’initiation précoce de la dapagliflozine chez des patients stables après IDM, avec altération de la fonction ventriculaire gauche et/ou signes de congestion mais sans IC chronique. Le critère principal hiérarchique (composite « win ratio » intégrant événements cliniques et paramètres cardiométaboliques) est en faveur de la dapagliflozine, porté notamment par des bénéfices sur le poids, le contrôle glycémique et la réduction de la survenue d’un diabète. En revanche, les signaux sur les événements durs (décès CV, réhospitalisation pour IC) restent plus modestes et l’interprétation dépend du choix du critère hiérarchique.
EMPACT‑MI (empagliflozine après IDM) : essai randomisé chez des patients post‑IDM à risque accru d’IC (dysfonction VG, congestion). Le critère principal (première hospitalisation pour IC ou décès toutes causes) n’atteint pas la significativité statistique, malgré des tendances et des analyses suggérant une réduction des hospitalisations pour IC dans certains sous‑groupes. Le message central est donc plus nuancé : l’initiation systématique post‑IDM n’est pas « validée » sur les événements majeurs par ce seul essai.
Implications pratiques (evidence‑based) : à ce stade, les iSGLT2 restent fortement indiqués en cas d’IC (HFrEF/HFpEF) et/ou diabète selon les recommandations, mais leur utilisation « routine » immédiatement post‑IDM chez tous les patients sans IC n’est pas encore un standard universel. La sélection de patients à haut risque d’IC post‑IDM et l’intégration dans les parcours de soins restent des axes de discussion.
Pas de conseil personnalisé : discussion générale basée sur les données disponibles. Pensez à la confidentialité si vous partagez un cas.
Sources : DAPA‑MI (AHA 2023; publication/analyses associées) ; EMPACT‑MI (NEJM 2024) ; Recommandations ESC sur IC (2023) et SCA (dernières mises à jour).
3 commentaires
Sujet très pertinent : DAPA‑MI et EMPACT‑MI répondent à une question clinique fréquente, mais il faut bien distinguer « signaux métaboliques/IC » et « bénéfice dur ». DAPA‑MI suggère surtout une amélioration de paramètres cardiométaboliques (poids, glycémie, parfois congestion) et une tendance favorable sur des critères composites, chez des patients post‑IDM stables. EMPACT‑MI, plus orienté événements, n’a pas montré de réduction nette du critère principal (décès toutes causes + hospitalisation pour IC), même si un signal peut exister sur les hospitalisations pour IC. Donc, à ce stade, ces essais ne valident pas une stratégie d’initiation systématique chez tous les patients post‑IDM sans IC ni diabète. En pratique, l’iSGLT2 se discute surtout si risque/IC débutante, diabète, MRC, ou congestion, en complément des traitements post‑IDM éprouvés (statine forte dose, antiagrégants, IEC/ARA2/ARNI, bêtabloquant, MRA si indiqué).
Sujet important, et les essais DAPA‑MI / EMPACT‑MI aident à remettre les pendules à l’heure. Les iSGLT2 sont des “couteaux suisses” en insuffisance cardiaque et rein, mais post‑IDM, la question est différente : on veut éviter décès, nouvel infarctus, et surtout l’installation d’une insuffisance cardiaque. Ces essais suggèrent plutôt un signal sur des critères intermédiaires (comme l’apparition d’IC ou des événements liés à l’IC) chez des patients stables, mais ils ne prouvent pas encore un bénéfice net et systématique pour tout le monde sur les critères “durs” à court terme. Message pratique grand public : après un infarctus, la base reste les traitements éprouvés (anti‑agrégants, statine, bêtabloquant, IEC/ARA2 selon cas). Les iSGLT2 peuvent se discuter au cas par cas, surtout si risque d’IC ou atteinte rénale.
Sujet très pertinent : DAPA‑MI et EMPACT‑MI rappellent que l’extrapolation des bénéfices « IC/néphro » au post‑IDM ne va pas de soi. Ces essais explorent une initiation précoce chez des patients globalement stabilisés après IDM, souvent sans IC constituée. Le signal le plus cohérent porte davantage sur des critères métaboliques/pondéraux et des marqueurs de congestion ou d’évolution vers l’IC, plutôt que sur une réduction nette et robuste des événements ischémiques majeurs (décès, récidive d’IDM, AVC) à court terme. À ce stade, ils ne valident pas une prescription systématique post‑IDM « pour tous », mais renforcent une approche ciblée : patients à risque d’IC (FEVG altérée, congestion, diabète/IR, facteurs de risque multiples) et intégration dans une stratégie de prévention secondaire déjà optimisée (statines, anti‑thrombotiques, IEC/ARA2/ARNI, bêtabloquants).
Sujet très actuel : DAPA‑MI et EMPACT‑MI suggèrent surtout une « preuve de concept » plutôt qu’un changement de standard post‑IDM pour tous. DAPA‑MI, chez des patients stables après IDM, montre un signal favorable sur un critère composite largement « métabolique/clinique » (poids, HbA1c, progression vers diabète), avec un impact plus discret sur les événements cardiovasculaires durs. EMPACT‑MI, davantage centré sur l’empagliflozine, n’apporte pas de réduction nette du composite principal incluant mortalité et hospitalisations, même si des signaux sur les hospitalisations pour IC peuvent apparaître selon les analyses. Ce qu’ils ne montrent pas : un bénéfice robuste et consistant sur mortalité post‑IDM ou récidive d’IDM dans une population non sélectionnée. À ce stade, l’intérêt paraît plus clair chez les patients à haut risque d’IC/dysfonction VG, plutôt qu’une initiation systématique universelle.

Sujet clé : DAPA‑MI et EMPACT‑MI testent l’initiation « systématique » d’un iSGLT2 après IDM, au-delà des indications IC/IRC/diabète. À ce stade, le message est surtout de la nuance. DAPA‑MI (dapagliflozine) montre plutôt des bénéfices sur des critères composites dominés par des paramètres cardiométaboliques et des signaux de congestion, mais sans démonstration robuste d’un effet sur des événements durs (décès CV, récidive d’IDM) dans une population post-IDM stable. EMPACT‑MI (empagliflozine) est davantage orienté vers l’IC post-IDM, avec un signal possible sur les hospitalisations pour IC, mais là encore un bénéfice net sur la mortalité/événements majeurs n’est pas clairement établi. En pratique, on retient : iSGLT2 à privilégier si IC, MRC ou diabète (indications solides), et prudence pour une généralisation « post-IDM pour tous » en attendant des données plus conclusives.