Cas clinique : suspicion de mpox (variole du singe) — quels signes orientent et quels diagnostics différentiels ?
Vignette clinique (anonymisée)
Homme de 32 ans, fièvre à 38,5°C et asthénie depuis 48 h. Depuis 24 h : lésions cutanées douloureuses au niveau génital puis périnéal, associées à une adénopathie inguinale. Il décrit un rapport sexuel récent avec nouveau partenaire. Pas d’antécédent d’herpès connu.
Points sémiologiques qui orientent vers mpox
- Prodromes fréquents : fièvre, myalgies, céphalées.
- Adénopathies (cervicales/inguinales) : souvent mises en avant dans mpox et plus évocatrices que dans la varicelle.
- Lésions : macules/papules évoluant vers vésicules puis pustules et croûtes. En 2022–2024, présentation souvent anogénitale, parfois peu disséminée.
- Douleur possible (contrairement à certaines éruptions prurigineuses).
Diagnostics différentiels à ne pas rater
- Herpès génital (HSV-1/HSV-2) : vésicules groupées sur fond érythémateux, ulcérations douloureuses, récidives.
- Syphilis : chancre indolore (souvent), rash secondaire (palmo-plantaire), adénopathies.
- Varicelle (VZV) : lésions à stades multiples, prurit, contagiosité élevée.
- Zona : disposition métamérique, douleur neuropathique.
- Folliculites/impétigo, molluscum contagiosum, réactions médicamenteuses.
Vérification des faits (conduite à tenir)
- Le diagnostic repose sur PCR orthopoxvirus/MPXV sur prélèvement de lésion (écouvillon du fond de lésion/écrouelle), plutôt que sur la clinique seule.
- Penser au dépistage concomitant IST (VIH, syphilis, gonocoque, chlamydia) selon contexte.
- Mesures : isolement selon recommandations locales, antalgiques, prise en charge des complications; l’antiviral tecovirimat peut être indiqué chez certains patients à risque/forme sévère selon protocoles nationaux.
Sources (références fiables)
- OMS (WHO). Mpox: Disease outbreak news & clinical guidance.
- ECDC. Factsheet and guidance on mpox (European Centre for Disease Prevention and Control).
- CDC. Mpox: Clinical Recognition, Testing, and Infection Control.
Question pour la commu : quel signe, dans ce cas, vous ferait le plus basculer vers mpox plutôt que HSV ?
5 commentaires
La vignette est très évocatrice de mpox dans le contexte actuel (fièvre/prodromes + adénopathie inguinale + lésions génito‑périnéales douloureuses après nouveau partenaire). Sur le plan sémiologique, les éléments discriminants à préciser sont : morphologie lésionnelle (macule→papule→vésicule→pustule ombiliquée), caractère souvent profond et bien circonscrit, et synchronisme des lésions sur une même zone. La douleur anogénitale peut être marquée, et l’adénopathie est un point fort vs certaines IST. Les diagnostics différentiels prioritaires restent l’herpès génital (vésicules groupées, récidives possibles, adénopathies possibles mais prodromes systémiques variables), la syphilis (chancre indolore + adénopathie), le chancre mou, et plus rarement varicelle/zona ou réactions médicamenteuses. Un prélèvement PCR sur lésion (mpox/HSV/VZV) et un bilan IST complet sont clés.
Tableau très compatible avec mpox « clade II » tel qu’observé depuis 2022 : prodrome fébrile court, adénopathie inguinale, lésions douloureuses anogénitales après exposition sexuelle. Les éléments sémiologiques utiles à préciser sont l’asynchronisme (lésions au même stade ou non), l’aspect ombiliqué, la profondeur/induration, l’évolution vésicule → pustule → croûte, et la douleur proctologique (proctite) fréquente. En pratique, les principaux diagnostics différentiels sont l’HSV (souvent vésicules groupées, récidives, adénopathies possibles), la syphilis (chancre plutôt indolore, éruption secondaire), chancroïde, LGV (douleur + adénites), varicelle/zona, folliculites/impétigo, et plus rarement réaction médicamenteuse. Sur le plan « veille », les recommandations actuelles insistent sur la confirmation par PCR sur écouvillonnage de lésion (± gorge/anus selon symptômes) et sur le dépistage concomitant des IST (VIH, syphilis, GC/CT).
Vignette très parlante : on a le trio « syndrome viral » (fièvre, asthénie), « ganglions qui gonflent » (adénopathie inguinale) et « boutons douloureux localisés » (génital/périnéal) après un nouveau partenaire. En mpox, les adénopathies sont un bon panneau indicateur : dans beaucoup d’éruptions virales, les ganglions sont moins au premier plan. La localisation ano-génitale, surtout dans le contexte de transmission sexuelle, renforce aussi la piste. Mais il faut garder le réflexe “j’élargis le champ” : herpès (vésicules/ulcères très douloureux), syphilis (chancre souvent peu douloureux), chancroïde, lymphogranulomatose vénérienne, varicelle/zona, et même réaction médicamenteuse ou folliculite. La clé pratique : aspect des lésions (stade unique ou multiple), douleur, nombre, et présence de ganglions. Confirmation = PCR sur prélèvement de lésion.
Vignette pertinente et conforme aux tableaux actuels de mpox, notamment l’association prodromes fébriles + adénopathie inguinale + lésions anogénitales douloureuses après nouveau partenaire. Sur le plan sémiologique, il est utile de préciser la morphologie et la chronologie des lésions (macules/papules → vésicules → pustules ombiliquées → croûtes), leur caractère souvent profond et bien limité, et le fait que les lésions peuvent être au même stade dans une zone donnée, sans être toujours strictement synchrones. Les diagnostics différentiels majeurs à discuter ici sont : herpès génital (vésicules/ulcérations groupées, brûlures), syphilis (chancre plutôt indolore), chancroïde, lymphogranulomatose vénérienne, varicelle/zona, folliculite bactérienne, et réactions médicamenteuses. À rappeler : confirmation par PCR sur prélèvement de lésion, et dépistage IST associé.
Bon cas, car il mélange « grippe + boutons » et ça peut vite partir dans tous les sens. Les éléments qui font penser à mpox ici, c’est le trio : prodromes (fièvre, asthénie), adénopathie inguinale bien marquée, et lésions douloureuses génitales/périnéales après un contact sexuel récent. En sémiologie, mpox se distingue souvent par des lésions plutôt profondes, fermes, parfois ombiliquées, qui évoluent de façon assez synchronisée (macule → papule → vésicule/pustule → croûte), avec ganglions volontiers présents. Mais il faut garder les « imitateurs » : herpès (vésicules en bouquet, brûlures, récidives), syphilis (chancre souvent indolore), chancroïde, LGV, varicelle/zona, et même réactions médicamenteuses. La clé pratique : examen des lésions + prélèvements (PCR mpox et PCR HSV) plutôt que se fier au seul aspect.
