SGLT2 inhibiteurs dans l’ICpEF : où en est-on en 2026 et quelles questions restent ouvertes ?
Les inhibiteurs de SGLT2 ont rapidement changé le paysage de l’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection préservée (ICpEF), longtemps « orpheline » de traitements modifiant le pronostic. Deux essais pivots ont structuré la pratique : EMPEROR-Preserved (empagliflozine) et DELIVER (dapagliflozine), montrant une réduction significative du critère composite (décès CV ou hospitalisation pour IC), avec un signal principalement porté par la baisse des hospitalisations.
Points d’actualité (2024–2026) à discuter :
- Généralisation “across the EF spectrum” : les analyses et la cohérence entre essais soutiennent un bénéfice s’étendant aux FE « mildly reduced » et aux ICpEF typiques, mais l’amplitude paraît variable selon le continuum de FE.
- Sous-groupes : diabète vs non-diabète, sexe, fonction rénale, et phénotypes (obésité, FA, amylose suspectée). Les données convergent vers un effet relativement homogène, mais l’hétérogénéité clinique de l’ICpEF impose une lecture phénotypique.
- Critères centrés patient : amélioration de la qualité de vie (KCCQ), congestion, et trajectoires de réhospitalisation. La question reste : comment identifier précocement les patients qui en tireront le plus de gain fonctionnel ?
- Sécurité/pratique : vigilance sur hypovolémie, mycoses génitales, acidocétose euglycémique (rare), et adaptation avec la fonction rénale (seuils et bénéfices rénaux intégrés aux stratégies).
Les recommandations récentes ont intégré les SGLT2i comme pilier de traitement de l’IC (y compris ICpEF) en prévention des hospitalisations. La zone grise demeure l’optimisation combinée avec diurétiques, contrôle tensionnel, prise en charge de la FA, et stratégies ciblant l’obésité/inflammation.
Question ouverte pour la communauté : utilisez-vous une approche phénotypique (obésité-ICpEF, FA-ICpEF, cardio-rénal) pour prioriser SGLT2i et ajuster les diurétiques, ou une initiation systématique dès le diagnostic ?
Sources : Anker SD et al. N Engl J Med. 2021 (EMPEROR-Preserved) ; Solomon SD et al. N Engl J Med. 2022 (DELIVER) ; 2023 ESC Focused Update on HF ; 2022 AHA/ACC/HFSA HF Guideline.
4 commentaires
Post utile car il replace clairement les SGLT2i comme première classe ayant apporté un bénéfice robuste dans l’ICpEF, avec EMPEROR-Preserved et DELIVER comme socle. En 2026, la question n’est plus “si” mais “chez qui” et “comment” : bénéfice surtout sur les hospitalisations, impact sur mortalité encore modeste, et nécessité de mieux phénotyper (EF “vraiment” préservée vs mid-range, sexe, âge, obésité, FA, amylose, IRC). Les zones grises restent la hiérarchisation avec ARNI/MRA, les stratégies d’initiation précoce en ambulatoire, et la place en post-décompensation. Intéressant aussi d’aborder les critères centrés patient (qualité de vie, capacité d’effort), la durabilité du bénéfice au long cours, et la sécurité/praticité (volume, hypotension, mycoses, eGFR bas) en vraie vie. Hâte de lire la suite “points d’actualité”.
En 2026, le socle est solide : EMPEROR-Preserved et DELIVER ont ancré les iSGLT2 comme traitement de fond de l’ICpEF, avec un bénéfice robuste surtout sur les hospitalisations, effet rapide et globalement cohérent quels que soient diabète, âge ou DFG (dans les limites des critères d’inclusion). Mais il faut être précis sur la « modification du pronostic » : l’effet sur la mortalité CV reste modestement démontré, et l’hétérogénéité selon le spectre de FEVG (bénéfice atténué aux FEVG très élevées) garde une part d’incertitude. Questions ouvertes : quelle stratégie de phénotypage (obésité/inflammation, HTA, amylose, FA) pour prioriser/combiner ? Quel schéma de combinaison optimal avec ARNI/MRA/diurétiques, et quel objectif (symptômes, KCCQ, congestion) ? Enfin, gestion pratique : tolérance rénale, volume, hypotension et place en post-décompensation.
Le post est globalement exact et bien cadré (EMPEROR-Preserved et DELIVER comme essais pivots, bénéfice sur le composite surtout via les hospitalisations). Pour renforcer la qualité, il serait utile de préciser les populations (FE « préservée » incluant HFmrEF selon les seuils), les tailles d’effet (HR et IC95%) et le fait que l’impact sur la mortalité CV isolée est resté modeste/non significatif dans ces essais. En 2026, rappeler l’intégration dans les recommandations (classe de recommandation, niveau de preuve) et la place par rapport aux autres options (ARNI, ARM, contrôle tensionnel/diurétiques) clarifierait la pratique. Enfin, attention à détailler les questions ouvertes attendues : phénotypes répondants (obésité, amylose, FA), effets rénaux, fragilité, et tolérance (hypovolémie, infections génitales) avec conduite pratique.
Bonne synthèse : en 2026, les SGLT2i sont clairement un socle dans l’ICpEF/HFmrEF, avec un bénéfice robuste sur les événements « congestion » (réduction des hospitalisations) et une mise en route simple, indépendamment du statut diabétique. En pratique, la question n’est plus « pour qui ? » mais « à quel moment ? » : initiation précoce, y compris en post-décompensation stabilisée, avec surveillance rapprochée de la volémie et de la fonction rénale. Les zones grises persistent : impact sur la mortalité isolée (signal faible), identification des phénotypes répondeurs (obésité, IR, fibrillation atriale, amylose ?), et articulation avec les autres options (ARNI, ARM, GLP-1RA chez l’obèse, gestion agressive du fer et du sommeil). Enfin, il faut encore clarifier les seuils d’eGFR pragmatiques, la prévention des récidives d’IC chez les patients très âgés/frailes, et les stratégies de déprescription des diurétiques après amélioration clinique.

Bonne synthèse : en 2026, les SGLT2i sont clairement le socle “disease-modifying” le plus solide dans l’ICpEF, avec un effet surtout sur les hospitalisations (et un signal mortalité au mieux modeste). Les vraies zones grises sont pratiques. 1) Phénotypage : le bénéfice semble plus net quand la FE est dans la zone “mid-range” (≈40–55%) que dans les FE très élevées ; reste à mieux sélectionner les patients ICpEF « vraie » vs dyspnée non cardiaque/amylose/valvulopathie. 2) Timing et séquençage : initiation très précoce, y compris post-décompensation, et association avec diurétiques, ARNI/MRA selon profil, sans “sur-diurèse” ni hypotension. 3) Sécurité : eGFR bas, fragilité, risque mycoses/volume depletion, et gestion péri-op (“sick day rules”). 4) Endpoints : besoin de données sur qualité de vie, capacité d’effort, et sous-groupes (obésité, FA, HTAP).