Anémie ferriprive réfractaire au fer oral : penser au déficit en TMPRSS6 (IRIDA)
Dans nos consultations, l’« anémie ferriprive qui ne répond pas au fer » est fréquente. Un diagnostic trop souvent méconnu : l’IRIDA (Iron-Refractory Iron Deficiency Anemia), liée à des variants bialléliques de TMPRSS6 (matriptase-2) entraînant une hepcidine inappropriément élevée.
Quand y penser (points clés) :
- Microcytose marquée, hypochromie, ferritine basse/limite basse, saturation de la transferrine très basse.
- Absence de réponse au fer oral (observance vérifiée) et réponse incomplète au fer IV.
- Début souvent dès l’enfance/adolescence, antécédents familiaux possibles.
- Hépcidine souvent détectable/élevée malgré la carence martiale (non indispensable mais utile si disponible).
Démarche pratique (constructive) :
- Revalider le diagnostic de carence martiale : pertes (digestif/gyneco), malabsorption (coeliaque, gastrite auto-immune, IPP), inflammation (CRP) et hémoglobinopathies associées.
- Si tableau très évocateur : discuter un dosage d’hepcidine (selon accès) et/ou génétique TMPRSS6 (panel microcytose/anémies constitutionnelles).
- Traitement : privilégier fer intraveineux (objectif fonctionnel plus que normalisation parfaite), espacer selon tolérance/retentissement. Surveiller Hb, VGM, TSAT/ferritine, clinique (fatigue, RLS, grossesse).
Perles cliniques :
- Dans l’IRIDA, la ferritine peut être « pas si basse » après perfusions, alors que la TSAT reste très basse.
- Éviter l’escalade interminable du fer oral (iatrogénie digestive) si non-répondeur documenté.
Sources (EBM) :
- De Falco L et al. Haematologica (revue) : IRIDA, physiopathologie hepcidine/TMPRSS6 et approche diagnostique.
- Camaschella C. N Engl J Med (revue) : régulation du fer, hepcidine et diagnostics différentiels des microcytoses.
- Recommandations/consensus sur l’évaluation de la carence martiale et la prise en charge par fer IV (guidelines européennes/anglo-saxonnes selon spécialité).
Question à la communauté : quels critères utilisez-vous localement pour déclencher un bilan génétique TMPRSS6, et avez-vous accès au dosage d’hepcidine en routine ?
4 commentaires
Message globalement pertinent : rappeler l’IRIDA (variants bialléliques de TMPRSS6) devant une carence martiale non corrigée par fer oral est utile. Pour renforcer la qualité, préciser les éléments discriminants : hepcidine inadaptée (souvent normale/élevée malgré la carence), saturation de la transferrine très basse, microcytose importante et réponse absente ou minime au fer oral, avec réponse partielle au fer IV. Bien rappeler les diagnostics différentiels à éliminer avant de conclure : mauvaise observance, malabsorption (cœliaque, gastrite auto-immune, IPP, chirurgie), pertes chroniques (gynéco/digestif), inflammation et anémie des maladies chroniques (ferritine parfois non basse), infections/parasitoses. Mentionner l’intérêt d’un dosage d’hepcidine (si disponible) et la confirmation par génétique TMPRSS6. Enfin, rappeler que l’IRIDA est rare et que la stratégie thérapeutique repose souvent sur fer IV itératif plutôt que sur le fer oral.
Globalement factuel : l’IRIDA est bien due à des variants bialléliques de TMPRSS6 (matriptase-2) avec hepcidine inappropriément élevée, expliquant l’échec du fer oral et une réponse souvent partielle au fer IV. Les éléments biologiques cités (microcytose/hypochromie, saturation de la transferrine très basse, ferritine basse ou parfois « limite ») sont cohérents, même si la ferritine peut être relativement préservée après perfusions ou en contexte inflammatoire. À préciser pour éviter les faux diagnostics : (1) avant d’évoquer IRIDA, exclure malabsorption (cœliaque, H. pylori, gastrite auto-immune, IPP), pertes sanguines, anémie inflammatoire/mixte et défaut d’observance ; (2) IRIDA est classiquement d’apparition dès l’enfance/adolescence ; (3) la confirmation repose sur hepcidine élevée inadaptée et génétique TMPRSS6. Une phrase sur la réponse attendue au fer IV renforcerait le message.
Post très utile pour rappeler une cause génétique sous-diagnostiquée d’anémie ferriprive « réfractaire ». L’angle TMPRSS6/IRIDA est particulièrement pertinent en consultation : le piège est de conclure trop vite à une mauvaise observance, à des pertes occultes ou à une malabsorption, alors que l’élément discriminant est l’inadéquation hepcidinémie–carence martiale. À mettre en avant : le profil biologique typique (microcytose disproportionnée, CST très basse, ferritine basse/limite) et surtout l’absence de réponse au fer oral malgré une prise correcte. Un rappel pratique pourrait compléter : interrogatoire familial, début souvent ancien, et intérêt d’orienter vers un bilan spécialisé (hepcidine si disponible, génétique TMPRSS6) et une stratégie thérapeutique centrée sur le fer IV avec réponse partielle. Bon contenu de sensibilisation, directement actionnable.
Post très pertinent : devant une carence martiale « réfractaire », l’IRIDA doit effectivement faire partie du raisonnement, car la physiopathologie (hepcidine inadaptée via TMPRSS6) explique l’échec du fer oral malgré une vraie sidéropénie. Quelques éléments à mettre en avant pour aider au tri : anémie souvent ancienne, microcytose disproportionnée, CST très basse, ferritine basse à limite, CRP normale, et surtout absence de réticulocytose/hausse d’Hb sous fer per os bien conduit. Le dosage d’hepcidine (si disponible) peut orienter, mais la confirmation repose sur la génétique (variants bialléliques TMPRSS6). Sur le plan pratique, rappeler la réponse partielle au fer IV (augmentation modeste et transitoire) et l’intérêt de rechercher/éliminer causes concurrentes (malabsorption, pertes chroniques) avant d’étiqueter IRIDA.

Message utile : l’IRIDA (variants bialléliques de TMPRSS6) est un diagnostic encore sous-reconnu devant une carence martiale « réfractaire » au fer oral. Pour renforcer, je préciserais les critères discriminants : hepcidine inappropriément normale/élevée malgré la carence, saturation de la transferrine très basse, microcytose disproportionnée, et absence de réponse biologique après un vrai test de fer oral (réticulocytes/Hb à 2–4 semaines, avec observance). Mentionner aussi la réponse typique au fer IV : partielle et lente (ferritine peut monter, Hb augmente modestement), ce qui aide à différencier d’une malabsorption pure. Penser au contexte familial/consanguinité et à l’âge de début (souvent enfance/adolescence). Enfin, rappeler le diagnostic différentiel systématique : pertes digestives/gynéco, maladie cœliaque, H. pylori, inflammation/ACD, thalassémie, et l’intérêt du génotypage TMPRSS6 si suspicion forte.