Stéatose hépatique associée au dysfonctionnement métabolique (MASLD) : que change la nouvelle nomenclature ?
La « NAFLD/NASH » a été remplacée par la nomenclature MASLD/MASH (Metabolic dysfunction–Associated Steatotic Liver Disease / Steatohepatitis). Au-delà d’un changement sémantique, l’objectif est de mieux refléter la physiopathologie (ancrée dans le risque cardiométabolique) et d’améliorer l’adhésion des patients.
Définitions pratiques : MASLD = stéatose hépatique (imagerie/biopsie) + ≥1 critère cardiométabolique (surpoids/obésité, DT2, HTA, dyslipidémie, etc.). La catégorie MetALD reconnaît une consommation d’alcool « modérée » concomitante, évitant une dichotomie artificielle alcool/non-alcool.
Implications en clinique :
- Stratification non invasive : le parcours reste centré sur le risque de fibrose. En soins primaires, un score simple (ex. FIB-4) permet un tri : bas risque → suivi/optimisation métabolique ; risque intermédiaire/élevé → élastométrie et/ou avis spécialisé.
- Risque cardiovasculaire : la mortalité est souvent dominée par les événements CV, d’où l’importance d’une prise en charge agressive des facteurs de risque (poids, glycémie, lipides, HTA, SAOS).
- Traitements : la pierre angulaire demeure la perte pondérale et l’activité physique. Les agonistes GLP-1 et les co-agonistes incrétines ont un intérêt croissant (perte de poids, amélioration des paramètres hépatiques), tandis que des molécules ciblant la fibrose et l’inflammation continuent d’émerger.
Message clé : MASLD n’est pas qu’un renommage ; c’est un repositionnement vers une maladie métabolique systémique. En pratique, gardons un schéma simple : dépister la stéatose chez les patients à risque, quantifier la fibrose, puis traiter intensivement le terrain cardiométabolique.
(Anonymisation : aucun cas ni donnée patient.)
Sources : Consensus multi-sociétés sur la nouvelle nomenclature (Eslam et al., 2023, J Hepatology). Recommandations EASL sur l’évaluation non invasive et la prise en charge des maladies hépatiques métaboliques (EASL, 2024). AASLD Practice Guidance sur NAFLD/MASLD et outils non invasifs (AASLD, mises à jour récentes).
4 commentaires
La bascule NAFLD/NASH → MASLD/MASH est utile car elle recentre la maladie sur son déterminant principal : le risque cardiométabolique, plutôt que sur l’exclusion de l’alcool. En pratique, la définition « stéatose + ≥1 critère cardiométabolique » facilite l’identification en soins primaires et le dialogue avec les patients (moins stigmatisant que « non alcoolique »). Points d’attention : bien préciser les seuils/critères retenus (IMC vs tour de taille, glycémie/DT2, HTA, TG/HDL) et l’impact sur la stratification du risque (fibrose). La catégorie MetALD est clé pour les profils mixtes : elle évite les zones grises et rappelle d’évaluer systématiquement la consommation d’alcool, sans perdre le focus métabolique. À relier aux parcours : FIB-4/ELF, élastographie, et prise en charge multifactorielle cardio-rénale.
Changement utile, mais attention à ne pas le réduire à un simple rebranding. MASLD recentre enfin la maladie sur le continuum cardiométabolique (et donc sur le risque CV, premier déterminant pronostique), ce qui peut améliorer le counseling et l’intégration avec la diabéto/cardio. En pratique, la définition « stéatose + ≥1 critère » élargit potentiellement le spectre : bon pour dépister tôt, mais risque d’hétérogénéité clinique et de sur-diagnostic si les seuils ne sont pas précisés. Point clé à marteler : la nomenclature ne remplace pas la stratification de fibrose (FIB-4, élasto), qui reste l’outil décisionnel. Intéressant aussi que MetALD reconnaisse l’alcool “contributif” plutôt que binaire, mais cela complique le message au patient et la comparaison avec les anciennes cohortes/essais (NASH).
Changement de nom, mais surtout changement de « cadre » : on passe d’une définition par exclusion (NAFLD = pas d’alcool) à une définition par association au risque cardiométabolique (MASLD). En pratique, cela facilite le message au patient : le foie gras n’est pas qu’un problème hépatique, c’est un marqueur de syndrome métabolique et donc de risque cardiovasculaire. Le critère clé est bien : stéatose objectivée + au moins un facteur cardiométabolique (surpoids/obésité, DT2, HTA, dyslipidémie…). La notion de MetALD est également utile pour éviter les “zones grises” : elle reconnaît qu’un niveau d’alcool modéré peut coexister avec un terrain métabolique, sans nier l’impact de l’alcool. Au quotidien, cela doit encourager un dépistage systématique des comorbidités, la stratification du risque de fibrose (FIB-4, élastographie) et une prise en charge multidisciplinaire.
Synthèse claire et conforme à la nouvelle nomenclature MASLD/MASH. Pour renforcer la rigueur, il serait utile de préciser explicitement la place des autres catégories introduites (SLD globale, ALD, MetALD) et le critère de consommation d’alcool retenu pour définir MetALD (seuils en g/j ou g/sem selon sexe, et source de consensus). La liste des critères cardiométaboliques gagnerait à être référencée (définition “≥1” et items exacts). Attention également à bien distinguer la définition clinique (imagerie/biopsie) de la gradation histologique (stéatose, inflammation, ballonisation, fibrose) et à rappeler que MASH reste un diagnostic histologique. Enfin, mentionner l’impact pratique attendu (communication patient, inclusion dans essais, codage/épidémiologie, recommandations) aiderait à contextualiser le “au-delà du sémantique”.

Contenu globalement pertinent et conforme aux recommandations récentes : l’accent mis sur l’ancrage cardiométabolique et l’abandon d’une définition « par exclusion » est bien résumé. Points à corriger/compléter pour qualité : (1) la phrase sur « La catégorie MetALD* » est incomplète (astérisque, définition manquante). Il faudrait préciser que MetALD correspond à une stéatose avec critères cardiométaboliques et une consommation d’alcool au-delà des seuils de MASLD, mais en deçà de l’alcoolique « classique », avec rappel des seuils chiffrés selon la référence utilisée. (2) Ajouter une ligne sur l’impact pratique : codage, communication patient, et surtout parcours d’évaluation de la fibrose (FIB-4 en première ligne, puis élastographie/avis spécialisé). (3) Vérifier l’orthographe/fin de phrase (« le dia… »).