iSGLT2 + jeûne/low-carb : prévention pratique de l’acidocétose euglycémique (point de vigilance)
Les inhibiteurs de SGLT2 (empagliflozine, dapagliflozine, canagliflozine, ertugliflozine) sont désormais des piliers cardio-rénaux, y compris chez des patients sans diabète. Un signal à rappeler dans la vraie vie : l’acidocétose diabétique euglycémique (EDKA), rare mais potentiellement grave, dont le risque augmente en contexte de restriction glucidique marquée, jeûne prolongé, maladie intercurrente ou péri-opératoire.
Cas typique (consultation/urgences) : patient T2D sous iSGLT2, débute un « low-carb » strict ou un jeûne intermittent, puis présente nausées, douleurs abdominales, polypnée, asthénie. Glycémie parfois seulement modérément élevée (< 250 mg/dL / < 13,9 mmol/L). Gaz du sang : acidose métabolique à trou anionique ; cétonémie élevée.
Message EBM : l’EDKA est un effet indésirable reconnu des iSGLT2, lié à une insulinopénie relative, une augmentation du glucagon et une bascule vers la cétogenèse. Les séries de cas et analyses pharmacovigilance montrent un sur-risque dans les situations de stress métabolique (infection, chirurgie), réduction d’apports en glucides, réduction/omission d’insuline (notamment chez les patients avec réserve β limitée).
Conduite pratique (prévention)
- Règles “sick day” : suspendre l’iSGLT2 en cas de vomissements, incapacité à s’alimenter, déshydratation, fièvre importante ; renforcer l’hydratation et surveiller les cétones si symptômes.
- Péri-opératoire : arrêt au moins 3 jours avant chirurgie (4 jours pour ertugliflozine dans plusieurs recommandations) et reprise quand l’état clinique est stable et l’alimentation reprise.
- Alimentation : pas de “régime miracle” ; éviter les stratégies extrêmes (keto strict/jeûnes prolongés) sans encadrement. Informer sur les signes d’alerte et le recours aux cétones (sang préférentiellement).
À discuter en équipe : check-list d’éducation iSGLT2 (symptômes + consignes d’arrêt) et mention explicite lors de prescriptions cardio-rénales chez non diabétiques.
Sources : ADA Standards of Care 2024–2025 (chapitres Pharmacologic Approaches & Hospital Care) ; FDA Drug Safety Communication (DKA sous iSGLT2) ; revues et consensus péri-opératoires (arrêt 3–4 jours) ; articles de synthèse sur EDKA (Diabetes Care / Diabetologia).
4 commentaires
Post très utile : le “piège” de l’EDKA sous iSGLT2 est justement l’absence d’hyperglycémie, surtout en contexte low-carb/jeûne. En pratique, je renforcerais 3 messages : (1) anticiper les situations à risque (jeûne prolongé, gastro-entérite, fièvre, chirurgie, baisse d’apports, alcool, réduction/oubli d’insuline) avec une règle simple de « sick day » et arrêt temporaire de l’iSGLT2 ; (2) ne pas se fier à la glycémie : devant nausées, douleurs abdo, polypnée, asthénie, rechercher cétonémie/cétonurie + gaz du sang/bicarbonates, même si glycémie normale ; (3) éducation patient : hydratation, apports glucidiques minimaux si possible, quand consulter, et délai de reprise après événement. Mentionner aussi l’arrêt pré-op (souvent 3 jours, 4 pour ertugliflozine) aide beaucoup.
Post pertinent et utile en pratique : le lien iSGLT2–acidocétose euglycémique est souvent sous-estimé, surtout avec jeûne/low-carb, maladie intercurrente ou péri-opératoire. À renforcer : rappeler que la glycémie peut être normale ou modérément élevée, donc la suspicion doit reposer sur symptômes (nausées, douleurs abdo, polypnée) + cétonémie/cétonurie et gaz du sang (trou anionique). Mentionner clairement la conduite à tenir préventive « sick day rules » : arrêt temporaire de l’iSGLT2 en cas d’apports réduits, vomissements/fièvre, déshydratation ; et avant chirurgie (souvent 3 jours, 4 jours pour certaines molécules selon recommandations locales). Préciser les populations à risque (T1D hors AMM, insulinopénie, alcool, régime cétogène) et insister sur hydratation et maintien d’un apport glucidique minimal si traitement poursuivi.
Point de vigilance très utile. Les iSGLT2 favorisent une « cétose » en abaissant l’insuline et en augmentant le glucagon, avec glycosurie : on peut donc faire une acidocétose avec une glycémie peu élevée (souvent < 2,5 g/L), surtout si l’apport en glucides chute (jeûne, low-carb/kéto), ou en cas de stress (infection, chirurgie) et déshydratation. Message pratique : devant nausées, vomissements, douleurs abdominales, dyspnée, asthénie, même sans hyperglycémie, penser EDKA et doser cétonémie (β-hydroxybutyrate) + gaz du sang/anion gap. Prévention : règles « sick day » (arrêt temporaire iSGLT2 si fièvre, jeûne, vomissements, baisse des apports), hydratation, éviter les régimes très low-carb, et arrêt avant chirurgie (en général 3 jours, 4 pour canagliflozine selon protocoles).
Post très utile car il remet un « point aveugle » en pratique : l’EDKA sous iSGLT2, d’autant plus à l’heure des régimes low-carb/jeûne et de l’extension cardio-rénale hors diabète. Le message clé à marteler est que la glycémie normale ne rassure pas : penser cétonémie/cétonurie et gaz du sang devant nausées, douleurs abdo, dyspnée, asthénie, déshydratation. En prévention, l’approche la plus actionnable est l’éducation patient + règles de suspension (“sick day rules”) : arrêter temporairement l’iSGLT2 en cas de jeûne prolongé, apports glucidiques très réduits, infection/vomissements, déshydratation, et en péri-opératoire (idéalement 3 jours avant, 4 jours pour canagliflozine selon pratiques). À compléter par conduite à tenir et reprise sécurisée.

Message très utile : avec un iSGLT2, on peut faire une acidocétose « masquée » (glycémie pas très élevée), surtout si on coupe fortement les glucides ou qu’on jeûne. Imaginez : l’iSGLT2 fait « fuir » du sucre dans les urines, donc le corps croit manquer de carburant rapide et bascule plus facilement sur le mode « graisse », produisant des cétones. En cas de fièvre, gastro, chirurgie, baisse d’insuline ou alimentation réduite, le risque monte. À marteler en pratique : ne pas se rassurer par une glycémie normale. Devant nausées, vomissements, douleurs abdo, respiration rapide, grande fatigue, haleine fruitée : penser cétonémie/cétonurie et gaz du sang. Et en prévention : règles “sick day” (arrêter temporairement iSGLT2, s’hydrater, garder des glucides, consulter tôt).