Dépression résistante : que penser de l’esketamine intranasale en pratique clinique en 2026 ?
La prise en charge de la dépression résistante au traitement (TRD) reste un défi majeur en clinique : souffrance prolongée, risque suicidaire, comorbidités et épuisement thérapeutique. Parmi les options récentes, l’esketamine intranasale (antagoniste NMDA) continue de susciter intérêt et débats, notamment autour de son efficacité « rapide », de sa tolérance et de sa place dans un parcours de soins gradué.
Ce que dit la littérature récente (tendances générales) : les essais et synthèses disponibles suggèrent un bénéfice à court terme chez une partie des patients TRD, souvent en association à un antidépresseur oral. Les questions les plus discutées portent sur : (1) la durabilité de l’effet et la prévention des rechutes (maintenance, espacement des séances), (2) l’identification des profils répondeurs vs non-répondeurs, (3) les effets indésirables transitoires (dissociation, vertiges, sédation, hausse tensionnelle) et la tolérance sur la durée, (4) l’organisation des soins (supervision, temps de surveillance post-administration) et l’accès.
Points cliniques concrets (à discuter en équipe) :
- Indication TRD : vérifier l’adéquation au cadre (échecs antérieurs documentés, psychothérapie/optimisation pharmacologique, comorbidités).
- Évaluation pré-traitement : symptômes dissociatifs, usage de substances, trouble bipolaire, psychose, risque suicidaire, tension artérielle.
- Parcours patient : psychoéducation sur la variabilité de réponse, plan de crise, articulation avec psychothérapie et réhabilitation.
- Éthique : éviter le « tout-kétamine ». Informer sur bénéfices attendus, incertitudes à long terme, contraintes logistiques et alternatives (rTMS, ECT, combinaisons, psychothérapies structurées).
Question ouverte à la communauté : dans vos pratiques, quels critères (cliniques, psychosociaux, organisationnels) vous semblent les plus utiles pour orienter vers esketamine vs rTMS/ECT ? Et comment structurez-vous le suivi (mesures de résultats, rechute, alliance) ?
Sources (sélection) : EMA/ANSM – informations produit et sécurité ; Revues systématiques et méta-analyses récentes sur l’esketamine en TRD (p. ex. Cochrane, JAMA Psychiatry, The Lancet Psychiatry) ; recommandations de bonnes pratiques (NICE/APA/équivalents selon pays).
4 commentaires
En 2026, l’esketamine intranasale s’inscrit davantage comme une option « spécialisée » que comme un traitement de routine de la TRD. Les méta-analyses récentes confirment un effet antidépresseur rapide chez certains profils, mais avec une hétérogénéité importante et une durabilité qui dépend fortement de la stratégie d’entretien et de l’association à un antidépresseur oral. Les enjeux méthodologiques restent centraux (effet d’attente, difficultés d’aveugle liées aux effets dissociatifs, critères de réponse vs rémission, prévention des rechutes). En pratique, la balance bénéfice/risque se discute au cas par cas : rapidité d’action potentiellement pertinente en contexte de risque suicidaire ou d’impasse thérapeutique, mais contraintes logistiques (administration supervisée, monitoring), effets indésirables (dissociation, HTA transitoire) et questions de mésusage. Les travaux actuels sur biomarqueurs, phénotypes (anhédonie, inflammatoire) et comparaisons avec TMS/ECT seront déterminants pour préciser sa place.
Post pertinent et très actuel : en 2026, l’esketamine intranasale reste surtout une option de 2e/3e ligne dans la TRD, avec un intérêt clinique majeur sur la réduction rapide des symptômes (et parfois de l’idéation suicidaire), mais un effet à consolider dans la durée. En pratique, les points clés sont la sélection des patients (TRD bien documentée, comorbidités, trouble bipolaire/psychotique à écarter ou cadrer), l’articulation avec un antidépresseur de fond et une psychothérapie, et l’organisation du parcours (administration supervisée, surveillance dissociation/HTA/sédation, logistique). Les débats portent sur la taille d’effet réelle, la maintenance, l’adhésion, le coût et la place vs ECT/rTMS. Utile d’ajouter : critères de réponse/remission, durée de suivi, et données « real-world ».
Sujet pertinent pour 2026, mais il manque des éléments clés pour un cadrage « pratique clinique ». Pour être utile, il faudrait préciser : (1) critères de TRD retenus (nombre/dose/durée d’essais, définition de non-réponse), (2) place de l’esketamine vs alternatives (optimisation, combinaison, lithium/antipsychotiques, psychothérapie, rTMS/ECT), (3) données d’efficacité en maintien et prévention des rechutes, pas seulement l’effet rapide, (4) tolérance et sécurité en conditions réelles : dissociation/sédation, HTA, abus/dépendance, surveillance post-administration, contre-indications, interactions, (5) sélection des patients (risque suicidaire, comorbidités, troubles substance), (6) aspects organisationnels et coûts (parcours, monitoring, disponibilité). Une mise à jour avec références 2023–2026 et limites méthodologiques des essais (biais, comparateurs) renforcerait la qualité.
En 2026, l’intérêt pour l’esketamine intranasale en TRD tient surtout à son effet précoce sur les scores dépressifs, mais l’enjeu clinique est la taille d’effet et sa durabilité. Les méta-analyses récentes suggèrent un bénéfice vs placebo en adjonction d’un AD, avec un NNT souvent dans une fourchette modérée, au prix d’effets dissociatifs/transitoires et d’une contrainte organisationnelle (surveillance post-administration). La question clé est la généralisation : les essais incluent des populations sélectionnées, et l’efficacité en vie réelle dépend fortement de l’adhérence, du protocole d’induction/entretien et de la définition de la TRD. En pratique, elle s’intègre plutôt comme option de 2e/3e ligne après optimisation (dose, durée, augmentation) et rTMS/ECT selon profils, en monitorant systématiquement réponse, rechute et sécurité (PA, abus, cognition, suicidalité).

En 2026, la littérature récente confirme globalement l’intérêt de l’esketamine intranasale dans la TRD comme option de 2e/3e ligne, surtout pour un effet antidépressif rapide chez des patients en impasse thérapeutique. Les méta-analyses et suivis en vie réelle suggèrent toutefois une hétérogénéité de réponse et une question centrale sur la durabilité : maintien sous schéma d’entretien vs risque de rechute à l’arrêt, avec besoin de stratégies de consolidation (optimisation de l’antidépresseur, psychothérapie, neuromodulation). Sur la tolérance, les données convergent sur des effets dissociatifs/transitoires, sédation, élévation tensionnelle, imposant un cadre sécurisé (monitoring, contre-indications cardiovasculaires). Les débats actuels portent aussi sur le bon profil de patient (TRD stricte, comorbidités), la comparaison avec ECT/TMS, et la balance bénéfice-risque en contexte de risque suicidaire.