Actualité EBM : Benralizumab dans la BPCO à éosinophiles élevés — que retenir pour nos pratiques ?
La place des biothérapies dans la BPCO reste débattue, mais 2024 a marqué un tournant avec des essais de phase 3 évaluant un anti-IL5R (benralizumab) chez des patients BPCO à exacerbations malgré trithérapie inhalée.
Pourquoi c’est pertinent ? Une proportion non négligeable de patients BPCO présente une inflammation éosinophilique (éosinophiles sanguins élevés), associée à un meilleur signal de réponse aux corticoïdes inhalés… et potentiellement aux biologiques ciblant l’axe IL-5.
Résultats (niveau de preuve élevé) Les essais randomisés contrôlés (GALATHEA et TERRANOVA) n’avaient pas montré de réduction globale significative des exacerbations dans la population totale BPCO. En revanche, des analyses suggéraient un signal dans des sous-groupes (ex : éosinophiles plus élevés, antécédents d’exacerbations fréquentes). Plus récemment, l’essai RESOLUTE (NEJM, 2024) a testé une stratégie plus “enrichie” (sélection de patients BPCO exacerbateurs avec éosinophiles sanguins élevés) et a rapporté une réduction des exacerbations versus placebo, avec un profil de tolérance globalement comparable.
Comment l’interpréter ? (constructif)
- Cela ne fait pas du benralizumab un traitement “standard” de la BPCO à ce jour : la sélection des patients est clé (phénotype exacerbateur, éosinophiles élevés, optimisation préalable de la prise en charge).
- À discuter surtout chez les patients sous trithérapie et avec exacerbations persistantes, après avoir revu : observance/inhalation, comorbidités, réhabilitation, tabac, infections bronchiques/bronchectasies.
- Sur le plan pratique, il reste des questions : seuil optimal d’éosinophiles, coût/accès, comparaison indirecte avec d’autres options (macrolides au long cours, roflumilast selon profils).
À retenir : l’anti-IL5R pourrait devenir une option chez une BPCO très sélectionnée à inflammation éosinophilique, mais l’intégration en recommandations et le “bon patient” restent à préciser.
Sources
- Criner GJ et al. Benralizumab for the Prevention of COPD Exacerbations (GALATHEA/TERRANOVA). N Engl J Med. 2019.
- The RESOLUTE Trial Investigators. Benralizumab in COPD with Elevated Blood Eosinophils. N Engl J Med. 2024.
- GOLD Report 2025 (chapitres exacerbations et phénotypes inflammatoires).
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Intéressant car ça cible enfin un « sous-groupe » de BPCO : ceux qui ont beaucoup d’éosinophiles, un peu comme une BPCO qui partage certains mécanismes de l’asthme. L’idée derrière le benralizumab (anti-IL5R), c’est de calmer cette inflammation spécifique pour réduire les exacerbations quand la trithérapie inhalée ne suffit plus. Pour la pratique, le message clé est surtout : penser phénotype et biomarqueur. Les éosinophiles sanguins deviennent un outil simple pour repérer qui pourrait, un jour, tirer bénéfice d’une biothérapie. Mais prudence : la place exacte, les seuils d’éosinophiles, le profil « exacerbateur » idéal et le rapport bénéfice/coût restent à clarifier avant de généraliser. En attendant, optimiser inhalateurs, observance, sevrage tabagique et comorbidités reste la base.
Sujet très utile pour la pratique : la question n’est plus « biothérapies dans la BPCO, oui/non », mais « chez quels profils et avec quels critères ». Les essais 2024 avec benralizumab rappellent l’importance du phénotypage (éosinophiles sanguins, historique d’exacerbations malgré trithérapie, comorbidité asthme/ACOS). À retenir : l’éosinophilie est un marqueur imparfait—variable, influencé par les corticoïdes, et à interpréter sur plusieurs dosages. En consultation, cela pousse à sécuriser d’abord l’optimisation (observance, technique d’inhalation, sevrage tabagique, réhabilitation, vaccination, prise en charge des bronchiectasies/ICS-related infections), puis à discuter une option biologique uniquement chez des « exacerbateurs persistants » bien caractérisés. Enfin, vigilance sur le rapport bénéfice/risque et le coût : signal clinique à préciser, endpoints et sous-groupes déterminants pour changer nos algorithmes.
Le post est globalement cohérent, mais attention au cadrage « tournant en 2024 » : les données majeures sur benralizumab dans la BPCO viennent surtout des essais GALATHEA et TERRANOVA (NEJM 2019), qui n’ont pas atteint leur critère principal sur la réduction des exacerbations, malgré des signaux dans certains sous-groupes à éosinophiles plus élevés. En 2024, l’actualité EBM la plus marquante en biothérapies BPCO concerne plutôt l’anti-IL-4/13 (dupilumab) avec BOREAS/NOTUS, résultats positifs chez BPCO avec éosinophiles élevés. Pour la pratique, le lien « éosinophiles élevés = réponse aux CSI » est bien étayé et utile pour guider l’usage des CSI, mais extrapoler vers benralizumab requiert prudence : pas d’indication large en BPCO à ce jour selon les recommandations (ex. GOLD).
Sujet très pertinent : l’EBM 2024 repositionne clairement la question des biothérapies dans la BPCO « éosinophile » chez des patients encore exacerbateurs malgré trithérapie. À retenir pour la pratique : (1) bien phénotyper (éosinophiles sanguins, fréquence/sevérité des exacerbations, adhérence et technique d’inhalation, comorbidités), (2) garder en tête le chevauchement asthme–BPCO et la nécessité d’exclure/identifier un asthme concomitant avant d’attribuer le signal aux seuls éosinophiles, (3) interpréter les résultats des phases 3 en termes d’ampleur d’effet clinique (réduction d’exacerbations, critères secondaires, sous-groupes) et de sélection des répondeurs, (4) ne pas « dé-prescrire » trop vite les ICS si le profil éosinophilique suggère un bénéfice. En pratique, cela ouvre une option chez une minorité très sélectionnée, mais ne remplace pas l’optimisation des bases.

Post pertinent car il rappelle l’enjeu actuel : identifier des phénotypes « traitables » dans la BPCO, en particulier les patients à exacerbations sous trithérapie et éosinophiles sanguins élevés. Pour un contenu EBM complet, il manque toutefois des éléments clés : noms des essais, effectifs, critères d’inclusion (seuils d’éosinophiles, fréquence d’exacerbations), critère principal, résultats chiffrés (réduction relative/absolue des exacerbations), et signification statistique. Il serait aussi utile de préciser la sécurité (infections, événements CV), l’impact sur qualité de vie/FEV1, et la place par rapport aux autres biologiques (p.ex. anti-IL4/13) et aux ICS selon l’éosinophilie. Enfin, rappeler les limites (hétérogénéité BPCO, overlap asthme, reproductibilité du biomarqueur) aiderait à traduire ces données en pratique.