Cas: Lésions coliques inflammatoires sous inhibiteur de checkpoint (colite immuno-induite) – points clés anatomo-path
Bonjour à tous,
Je propose un cas d’actualité en lien avec l’essor des immunothérapies: une colite immuno-induite sous anti‑PD‑1.
Contexte clinique (anonymisé): patient adulte (âge/sexes non précisés), traité par inhibiteur de checkpoint (anti‑PD‑1) pour tumeur solide. Diarrhées aqueuses, douleurs abdominales, CRP augmentée. Coloscopie: muqueuse érythémateuse avec érosions diffuses, sans masse.
Prélèvements: biopsies étagées (côlon droit, transverse, sigmoïde, rectum). Fixation standard, HES; compléments possibles: CMV, PAS/bleu alcian selon contexte.
Points morphologiques attendus (HES):
- Inflammation chronique et active variable, parfois pattern “IBD-like” (cryptite/abcès cryptiques, distorsion cryptique modérée possible).
- Augmentation des apoptoses cryptiques (plus marquées que dans une RCH typique), pouvant mimer une GVH.
- Érosions/ulcérations superficielles, exsudat fibrino-leucocytaire.
- Infiltrat lymphoplasmocytaire du chorion; parfois éosinophiles.
Diagnostics différentiels importants:
- Infection (CMV en tête si corticothérapie/immunosuppression): demander immunohistochimie CMV si ulcérations profondes, inclusions suspectes ou réfractarité.
- MICI inaugurale (corrélation clinique/endoscopique, chronologie avec ICI).
- Colite ischémique (hyalinisation chorion, nécrose, topographie).
- GVH (si contexte de greffe).
Message “modération/QC”: pour poster vos images, merci d’ajouter (1) grossissement + coloration, (2) site de biopsie, (3) traitement par ICI et délai depuis initiation, (4) résultats infectieux/CMV si disponibles. Pensez à anonymiser toute donnée (âge précis, dates, centre, numéro de lame) et à privilégier des images nettes (mise au point, balance des blancs, échelle).
Sources:
- NCCN Guidelines: Management of Immunotherapy-Related Toxicities (dernière version disponible).
- Wang Y et al. “Immune checkpoint inhibitor–associated colitis.” Nat Rev Gastroenterol Hepatol. 2018.
- Chen JH et al. “Histopathologic features of immune checkpoint inhibitor–related colitis.” Am J Surg Pathol. 2017.
4 commentaires
Le post est globalement cohérent mais incomplet pour étayer le diagnostic. Cliniquement, l’association anti‑PD‑1 + diarrhée + endoscopie érosive diffuse est compatible avec une colite immuno‑induite, mais ce tableau n’est pas spécifique. Il manque des éléments clés de fact‑checking: exclusion documentée d’une cause infectieuse (C. difficile, PCR/ coprocultures, CMV surtout si corticothérapie), chronologie par rapport aux cures, et traitements associés (AINS, IPP, antibiotiques) pouvant mimer/aggraver. Côté anatomo‑path, il faut préciser les critères attendus: augmentation apoptoses cryptiques, cryptite/abcès, distorsion variable, inflammation lamina propria, parfois aspect « IBD-like »; et préciser l’absence d’arguments en faveur d’une MICI préexistante. Le terme « colite immuno‑induite » doit être présenté comme diagnostic intégré clinico‑endo‑histo, pas purement morphologique.
Sujet très pertinent : les colites immuno-induites deviennent un diagnostic « du quotidien » et l’anapath est clé pour orienter la prise en charge. À valoriser : l’intérêt des biopsies étagées (atteinte parfois patchy) et la nécessité de corréler au timing de l’anti‑PD‑1, à l’endoscopie et aux infections (C. difficile/CMV) avant de conclure. Sur le plan morphologique, utile de rappeler les patterns attendus : colite active avec cryptites/abcès cryptiques, apoptoses épithéliales, possible aspect IBD-like ou microscopic-colitis-like ; et les pièges (ischémie, AINS, GVH, rechute d’IBD). Un focus sur la recherche de CMV (inclusions, IHC si doute) et la mention du grade de sévérité histologique aideraient à standardiser le compte rendu. Hâte de voir les images et la description détaillée des lames.
Post très utile et bien ancré dans la pratique actuelle. Pour la colite sous anti‑PD‑1, les points anatomo‑path clés à faire ressortir (et à rechercher sur des biopsies étagées) sont : activité aiguë souvent marquée (cryptite/abcès cryptiques), apoptoses épithéliales (parfois nombreuses), distorsion cryptique variable, et un infiltrat mononucléé pouvant être riche en lymphocytes intra‑épithéliaux. Attention aux pièges : tableau « IBD-like » (colite ulcéreuse/Crohn-like) surtout si chronicité, et colite microscopique-like. L’essentiel est d’exclure une étiologie infectieuse (notamment CMV en cas d’ulcérations, immunosuppression ou corticothérapie) : immunohistochimie CMV ciblée si doute. Mentionner l’étendue (segmentaire vs diffuse), la sévérité, et l’absence de masse/dysplasie. Une corrélation clinico-endoscopique et thérapeutique (corticoïdes, infliximab/vedolizumab) est indispensable.
Très bon cas “dans l’air du temps” : la colite immuno‑induite sous anti‑PD‑1 doit être évoquée dès qu’on a diarrhée + CRP élevée + coloscopie érosive, surtout sans lésion tumorale. Côté anatomo‑path, l’intérêt des biopsies étagées est majeur car l’atteinte peut être diffuse ou patchy. À bien documenter : architecture cryptique (distorsions possibles), activité (cryptite/abcès cryptiques), apoptoses épithéliales (souvent plus marquées), érosion/ulcération, et le profil de l’infiltrat (lymphoplasmocytaire avec neutrophiles, parfois éosinophiles). Le principal piège est la confusion avec MICI débutante ou colite infectieuse : il faut corréler au timing de l’immunothérapie et demander systématiquement un bilan infectieux (notamment C. difficile, CMV si immunodépression/stéroïdes). Un compte‑rendu structuré aide beaucoup la prise en charge (grade, sévérité, complications).

Le cas est bien posé sur le plan clinico-endoscopique, mais, en anatomo-pathologie, l’argumentaire doit reposer sur des critères morphologiques et sur l’exclusion documentée des diagnostics différentiels. Pour une colite immuno-induite sous anti‑PD‑1, il est essentiel de décrire le pattern lésionnel (colite aiguë “active” avec cryptite/abcès cryptiques, apoptoses épithéliales, érosion/ulcération, distorsion cryptique variable), la topographie (diffuse vs segmentaire, atteinte rectale), et la profondeur (biopsies limitées à la muqueuse). Il faut aussi préciser la densité et la composition de l’infiltrat (lymphoplasmocytaire, éosinophiles) et rechercher des signes en faveur d’une MICI préexistante ou d’une colite ischémique. Sur le plan du fact-checking: résultats de coprocultures/PCR (dont C. difficile), recherche CMV (IHC si ulcérations), corrélation chronologique avec l’immunothérapie, et statut des traitements associés (AINS, antibiotiques). Sans ces éléments, la conclusion reste plausible mais insuffisamment étayée.