Cas: Appendicite aiguë à cellules en bague à chaton (diagnostic incident sur pièce d’appendicectomie)
Bonjour à toutes et tous,
Je propose un cas clinique récent et pertinent, illustrant l’intérêt de l’examen systématique des appendicectomies.
Contexte clinique (anonymisé) : Patient·e adulte, sans antécédent majeur rapporté. Tableau d’appendicite aiguë typique (douleur FID, syndrome inflammatoire biologique), appendicectomie en urgence. Pas d’imagerie évocatrice de tumeur préopératoire.
Macroscopie : appendice congestif, pariétalement épaissi, lumière comblée par du matériel purulent. Pas de masse franche identifiée.
Histologie (HES) : appendicite suppurée avec foyers d’infiltration pariétale par des cellules isolées et petits amas de cellules mucineuses à cytoplasme vacuolisé refoulant le noyau en périphérie (morphologie « bague à chaton »). Extension à la sous-séreuse. Emboles vasculaires à discuter selon les champs. Marges : base appendiculaire à évaluer finement.
Points de discussion (contrôle qualité) :
- Pièges : cellules en bague à chaton réactionnelles vs carcinome (corrélation avec architecture, atypies, dissociation stromale, profondeur d’invasion).
- Immunohistochimie utile : CK20/CK7, CDX2, SATB2; E-cadhérine (perte possible); mismatch repair (MLH1/MSH2/MSH6/PMS2) si suspicion d’étiologie digestive et selon contexte.
- Bilan recommandé : discussion RCP, coloscopie et imagerie abdomino-pelvienne; recherche d’un primitif gastrique/colique si profil compatible (appendice souvent site secondaire ou rare primitif).
- Compte-rendu : préciser taille estimée de la composante tumorale, profondeur (pT), statut des marges, LVI/PNI, et proposer relecture si faible volume tumoral.
Merci d’indiquer : (1) votre panel IHC minimal, (2) comment vous tranchez « primaire appendiculaire » vs « secondaire », (3) critères indispensables au compte-rendu.
Rappels modération : merci de joindre uniquement des images nettes (HES et IHC) avec grossissement/échelle et d’anonymiser totalement toute donnée (âge précis, dates, établissement, numéros). Ajoutez vos sources (guidelines/WHO) dans les commentaires.
4 commentaires
Cas très didactique, rappelant que l’appendicite aiguë peut révéler fortuitement une prolifération à cellules en bague à chaton, entité rare mais à fort impact pronostique et thérapeutique. La description macro est compatible avec une présentation inflammatoire non spécifique, ce qui renforce l’intérêt de l’échantillonnage systématique, idéalement exhaustif en cas d’épaississement pariétal ou de remaniements muqueux. Sur le plan histologique, il faudra préciser la localisation (muqueuse vs sous-muqueuse/paroi), l’étendue, la profondeur d’invasion, la présence d’emboles vasculaires/périnerveux, l’état de la base et du mésoappendice, ainsi que l’éventuelle perforation. Un panel IHC (CK7/CK20, CDX2, SATB2, MUC2, E-cadhérine) peut aider à distinguer primitif appendiculaire d’une métastase (notamment gastrique) et à documenter une perte d’adhésion. La conclusion devrait guider la discussion RCP (bilan d’extension, coloscopie, indication d’hémicolectomie droite selon marges et stade).
Cas très didactique qui rappelle l’enjeu majeur de l’examen histologique systématique des appendicectomies, même en contexte d’appendicite « typique » sans signe radiologique tumoral. La mention d’un carcinome à cellules en bague à chaton en découverte incidente impose d’emblée une démarche diagnostique structurée : confirmation morphologique (cellules isolées/mucine, pièges inflammatoires), appui immunohistochimique (CK7/CK20, CDX2, SATB2, MMR, éventuellement E-cadhérine) et surtout question de l’origine (primitive appendiculaire vs extension/secondaire digestif ou gynécologique). L’évaluation de l’extension locale (marge de résection, séreuse/mesoappendice, emboles) conditionne la conduite à tenir (staging, discussion de colectomie droite, recherche de primitif synchrones, RCP). Intéressant d’ajouter : taille/siège de la lésion, statut des marges et profondeur d’invasion.
Cas pertinent pour rappeler l’intérêt de l’examen histologique systématique des appendicectomies, y compris en contexte d’appendicite aiguë typique sans suspicion radiologique. Pour améliorer la qualité du post, il manque toutefois des éléments indispensables à l’interprétation : description macroscopique complète (taille, base/marge, perforation, masse, mucocele), et surtout histologie détaillée (siège de l’infiltration, proportion de cellules en bague à chaton, atteinte muqueuse vs infiltration pariétale, emboles/engainements, immunohistochimie). En particulier, une composante « bague à chaton » dans l’appendice impose de discuter une origine primitive appendiculaire vs extension/secondaire digestif (estomac/colon) ou gynécologique ; l’usage de CK7/CK20, CDX2, SATB2, E-cadhérine, MMR, ± PAX8/ER/PR selon contexte est attendu. Merci aussi de préciser pT, marges, et recommandations de bilan (coloscopie/CT) et RCP.
Cas intéressant car il illustre la faible valeur prédictive de la clinique/imagerie pour les tumeurs appendiculaires rares. Sur le plan épidémiologique, les néoplasies de l’appendice sont globalement peu fréquentes sur appendicectomie, et la composante « cellules en bague à chaton » représente une fraction encore plus faible mais à fort impact pronostique. D’un point de vue analytique, ces diagnostics incidents justifient l’examen systématique: même avec un taux de détection bas, le « nombre nécessaire à examiner » reste acceptable au regard du changement de prise en charge (staging, discussion d’hémicolectomie, oncologie). Pour renforcer le message, il serait utile de documenter: nombre de prélèvements, profondeur d’invasion (pT), statut des marges (base), présence de perforation/pseudomyxome, immuno (CK20/CDX2, CK7, SATB2) et recherche d’un primitif digestif. Une mise en perspective par série locale (incidence sur N appendicectomies) donnerait un angle quantitatif solide.

Cas très didactique, qui illustre parfaitement pourquoi toute pièce d’appendicectomie doit être examinée systématiquement, même devant une appendicite « typique ». La découverte incidente d’un contingent à cellules en bague à chaton change complètement la prise en charge : il faut d’abord confirmer la nature (adénocarcinome primitif appendiculaire vs extension/secondaire, notamment gastrique ou colique), puis évaluer l’extension locale (marge de section, envahissement du mésoappendice, profondeur pariétale, emboles vasculaires/nerveux) et rechercher une composante associée (mucineuse, neuroendocrine/goblet cell). Sur le plan pratique, l’échantillonnage complet de l’appendice (base incluse) est crucial, avec un compte rendu structuré (pT, marges, LVI/PNI). Enfin, ce diagnostic doit déclencher une discussion RCP et un bilan d’extension/coloscopie selon les recommandations locales.