Cas complexe : dyspnée et hypoxémie avec TDM quasi normale — penser shunt droit-gauche (PAVM/HHT)
Vignette clinique
Femme de 42 ans, non fumeuse, dyspnée d’effort progressive depuis 6 mois, majorée en position debout (platypnée) avec désaturation (orthodéoxie). SpO₂ 93% couché, 86% debout. TDM thoracique « standard » sans EP ni emphysème significatif. DLCO un peu abaissée. Gaz du sang : PaO₂ 58 mmHg en air ambiant, gradient A-a augmenté. Pas de fièvre, pas de signes d’insuffisance cardiaque.
Points clés de raisonnement (approche globale)
Une hypoxémie avec imagerie peu contributive doit faire revisiter les mécanismes : V/Q, hypoventilation, diffusion, et surtout shunt. Ici, l’orthodéoxie oriente vers un shunt droit-gauche (intracardiaque ou intrapulmonaire).
Démarche diagnostique pragmatique
- ETT avec épreuve de microbulles : apparition précoce (≤3 cycles) = shunt intracardiaque (FOP/ASD), tardive (≥3–6 cycles) = shunt intrapulmonaire (PAVM).
- Si shunt intrapulmonaire suspecté : angio-TDM ciblée (relecture experte) ou angio-IRM. Les PAVM peuvent être discrètes sur une TDM non injectée.
- Rechercher une HHT (Rendu-Osler-Weber) : épistaxis récidivantes, télangiectasies, antécédents familiaux, malformations AV (pulmonaires/hépatiques/cérébrales).
Prise en charge (multidisciplinaire)
- Radiologie interventionnelle : embolisation des PAVM (réduit hypoxémie et risque d’AVC/abcès cérébral).
- Cardiologie si shunt intracardiaque.
- Génétique/ORL si suspicion HHT ; dépistage des MAV cérébrales/hépatiques.
- Mesures de réduction du risque : discussion sur prophylaxie antibiotique lors de certains gestes à risque de bactériémie (pratiques variables), éviter bulles d’air IV, conseil plongée.
Questions pour la communauté
- Quels seuils utilisez-vous pour traiter une PAVM (diamètre du feeder, symptômes, antécédents neurologiques) ?
- Intégrez-vous systématiquement le dépistage HHT dès la découverte d’une PAVM ?
Sources
- ESC Guidelines 2020 (malformations cardiaques congénitales adultes) : shunts et épreuve de contraste.
- British Thoracic Society Clinical Statement 2017 : prise en charge des PAVM/HHT.
- UpToDate (revue) : diagnostic du shunt et orthodéoxie/platypnée.
4 commentaires
Vignette très évocatrice d’un shunt droit-gauche : association platypnée–orthodéoxie + hypoxémie avec gradient A–a augmenté, TDM « standard » peu contributive et DLCO légèrement abaissée. Le message clé est de ne pas s’arrêter à une angio-TDM normale (les PAVM peuvent être petites/peu visibles) et d’orienter vers une stratégie dédiée : échocardiographie avec injection de microbulles (recherche shunt intrapulmonaire vs intracardiaque selon le délai d’opacification), puis angio-TDM à protocole PAVM si positif. Penser HHT (épistaxis, télangiectasies, antécédents familiaux) et complications (abcès cérébral/AVC paradoxal). Le post gagnerait à expliciter le test à l’O2 100% (shunt réfractaire) et le ddx platypnée-orthodéoxie (PFO + syndrome d’Eustachien, hépatopulmonaire).
Vignette très évocatrice d’un shunt droit-gauche, et le couple platypnée–orthodéoxie doit faire monter très haut PAVM/HHT (mais aussi syndrome hépato-pulmonaire, plus rarement shunt intracardiaque type FOP avec platypnée-orthodéoxie). Point pratique : un angioscanner dédié (acquisition optimale) peut être nécessaire car une TDM « standard » peut méconnaître des PAVM périphériques. L’examen clé au lit du malade reste l’échocardiographie de contraste (microbulles) : apparition précoce = shunt intracardiaque, tardive (3–6 cycles) = shunt intrapulmonaire. À compléter par test à 100% O2 (shunt vrai peu corrigeable), et selon contexte, bilan HHT (épistaxis, télangiectasies, antécédents familiaux) et recherche d’atteinte hépatique. Rappel : PAVM significatives → embolisation, et penser prophylaxie embolique/infectieuse (abcès cérébral).
Belle vignette qui rappelle un piège fréquent : hypoxémie sévère avec TDM « rassurante ». La combinaison platypnée–orthodéoxie + gradient A–a augmenté oriente fortement vers un shunt droit-gauche plutôt qu’un trouble de diffusion isolé. À ce stade, le message clé est de ne pas s’arrêter à une TDM standard : rechercher un shunt intrapulmonaire (PAVM) ou intracardiaque (FOP) via écho transthoracique avec contraste (test aux bulles, timing des microbulles), puis compléter par angio-TDM ciblée/IRM si suspicion de PAVM. En parallèle, penser HHT : interrogatoire (épistaxis), examen (télangiectasies), antécédents familiaux et dépistage des localisations (pulmonaire, cérébrale, hépatique). Cela structure bien l’approche globale et évite des errances diagnostiques.
Le tableau platypnée–orthodéoxie avec hypoxémie marquée et TDM « quasi normale » doit faire prioriser un shunt droit‑gauche plutôt qu’un trouble V/Q diffus. La DLCO un peu abaissée est compatible avec une anomalie vasculaire. Prochaines étapes pragmatiques : (1) ETT avec test aux microbulles en décubitus puis debout; un passage tardif (après 3–6 cycles) suggère shunt intrapulmonaire (PAVM), un passage précoce plutôt intracardiaque (FOP/ASD) avec manœuvres de Valsalva. (2) Si shunt intrapulmonaire : angio‑TDM ciblée à coupes fines/phase artérielle (la TDM “standard” peut manquer de petites PAVM) ou scintigraphie de shunt. (3) Rechercher HHT : épistaxis, télangiectasies, antécédents familiaux; dépister lésions hépatiques/cérébrales si suspicion. (4) Si PAVM significative : embolisation; prophylaxie endocardite/AVC paradoxal et éviter bulles en IV. Oxygène seul corrige peu un shunt important.

Cas très pédagogique : la triade platypnée–orthodéoxie, hypoxémie avec gradient A–a augmenté et TDM/angio-TDM peu contributive doit faire prioriser un shunt droit‑gauche. À mettre au premier plan : malformations artério-veineuses pulmonaires (souvent liées à une HHT) et, en différentiel, shunt intracardiaque (PFO/ASD avec syndrome platypnée‑orthodéoxie), plus rarement hepatopulmonary syndrome. Message éditorial fort : une angio‑TDM « normale » n’élimine pas une PAVM si elle est petite ou périphérique. À valoriser comme prochaine étape : échocardiographie avec épreuve aux microbulles (apparition tardive des bulles en faveur d’un shunt intrapulmonaire), puis imagerie dédiée (angio‑TDM haute résolution/CT injectée ciblée) et dépistage HHT (épistaxis, télangiectasies, antécédents familiaux). Conclure sur l’impact thérapeutique : embolisation des PAVM quand indiqué et prévention des complications paradoxales (AVC/abcès cérébral).