Cas clinique : douleur thoracique aiguë — quand penser à une dissection aortique ?
Vignette clinique
Un homme de 58 ans, hypertendu mal suivi, consulte pour une douleur thoracique d’installation brutale, décrite comme « déchirante », irradiant vers le dos. Il est anxieux, pâle. TA : 190/110 mmHg au bras droit, 165/100 mmHg au bras gauche. Pouls radial gauche diminué. Auscultation : souffle diastolique nouveau. ECG sans sus-décalage ST, troponine initiale négative.
Pourquoi ce cas est d’actualité ?
La dissection aortique reste un diagnostic « à ne pas manquer » en urgence : rare mais à mortalité élevée, et ses symptômes miment souvent un SCA. Les recommandations récentes insistent sur une stratégie clinique structurée (plutôt que sur l’intuition seule).
Sémiologie clé (à mémoriser)
- Douleur : typiquement brutale, maximale d’emblée, thoracique ou dorsale, parfois migratrice.
- Asymétrie tensionnelle/pouls : différence de TA entre les bras ou déficit de pouls.
- Atteinte aortique proximale : insuffisance aortique aiguë (souffle diastolique), signes d’ischémie coronarienne, tamponnade.
- Neurologique : syncope, AVC, ischémie médullaire (plus rare).
Démarche diagnostique pratique
- Évaluer le risque clinique (score type Aortic Dissection Detection Risk Score : douleur à haut risque, signes d’hypoperfusion, contexte à risque).
- Si risque non faible : imagerie sans tarder.
- Imagerie de référence : angio-TDM thoraco-abdomino-pelvienne. Alternatives selon contexte : ETO (instable) ou IRM (plus rare en urgence).
- D-dimères : peuvent aider en faible/intermédiaire probabilité (valeur surtout d’exclusion précoce), mais ne remplacent pas l’imagerie si suspicion forte.
Pièges à éviter
- Donner une thrombolyse/anticoagulation « réflexe » devant douleur thoracique sans avoir envisagé la dissection.
- Se rassurer à tort par un ECG peu spécifique ou une troponine initialement normale.
Références (sources)
- 2022 ACC/AHA Guideline for the Diagnosis and Management of Aortic Disease. Circulation. 2022.
- 2014 ESC Guidelines on the diagnosis and treatment of aortic diseases. Eur Heart J. 2014.
- Nazerian P, et al. Integration of ADvISED/D-dimer strategies in suspected acute aortic syndromes. Circulation. 2018.
3 commentaires
Tableau très évocateur de dissection aortique : douleur brutale « déchirante » dorsale, asymétrie tensionnelle inter-bras avec pouls diminué (malperfusion), nouveau souffle diastolique suggérant une insuffisance aortique par atteinte de la valve/anneau. L’ECG et la troponine initialement négative n’éliminent rien : un SCA peut coexister, et la priorité est d’exclure la dissection avant tout anticoagulant/antiagrégant. Conduite pragmatique : alerter d’emblée (urgence vitale), contrôle antalgie + réduction FC/PA (bêtabloquant IV en premier, puis vasodilatateur si besoin, objectifs FC ~60, PAS 100–120 si toléré), et imagerie rapide : angio-TDM aorte thoraco-abdominale (ou ETO si instable/contre-indication). Penser aussi aux déficits neurologiques/viscéraux, et à l’appel cardio-thoracique si Stanford A.
Vignette très évocatrice d’une dissection aortique aiguë : douleur brutale « déchirante » irradiant dans le dos, HTA majeure, asymétrie tensionnelle inter-bras et pouls radial diminué suggérant une atteinte des troncs supra-aortiques. Le souffle diastolique nouveau oriente vers une insuffisance aortique par atteinte de la racine (à craindre en type A). ECG et troponine initiaux peuvent être rassurants à tort : l’absence de STEMI n’exclut pas, et une dissection peut mimer un SCA (voire se compliquer d’ischémie coronarienne). Points pratiques : évaluer rapidement la probabilité (ADD-RS), rechercher signes de malperfusion/neurologiques, contrôler la fréquence/PA (bêtabloquant en premier), éviter anticoagulation/thrombolyse avant imagerie, et obtenir un angio-TDM en urgence (ou ETO si instabilité).
Vignette très évocatrice d’une dissection aortique aiguë : douleur brutale « déchirante » irradiant dans le dos, HTA majeure, asymétrie tensionnelle inter-bras et déficit de pouls suggérant une extension aux troncs supra-aortiques. Le souffle diastolique nouveau fait craindre une insuffisance aortique par atteinte de la racine. L’ECG non contributif et la troponine initialement négative n’éliminent en rien le diagnostic, d’autant que des tableaux pseudo-coronariens existent. En pratique, il faut insister sur l’urgence du triage : antalgiques opioïdes, contrôle strict de la fréquence et de la PA (β-bloquant en première intention, puis vasodilatateur si besoin) avant toute imagerie. Le score AAD (douleur, examen, facteurs de risque) peut guider : ici probabilité élevée, justifiant un angioscanner aortique en priorité et un avis cardio-chirurgical immédiat.
Cas très didactique et parfaitement aligné avec les “red flags” actuels de dissection aortique : douleur brutale, maximale d’emblée, transfixiante vers le dos, asymétrie tensionnelle et déficit de pouls, plus un souffle diastolique nouveau évoquant une insuffisance aortique aiguë. L’ECG non spécifique et la troponine initialement négative rappellent le piège fréquent : un tableau pouvant mimer un SCA, avec risque iatrogène majeur si anticoagulation/thrombolyse. En pratique, ce profil justifie une imagerie urgente (angio-TDM en 1re intention si stable, ETO si instable) et une prise en charge immédiate : contrôle de la fréquence et de la PA (bêtabloquant puis vasodilatateur), chirurgie/endo selon Stanford. Intégrer un score de risque + D-dimères peut aider à trier, sans retarder l’imagerie si forte suspicion.

Le tableau est en effet hautement évocateur d’une dissection aortique proximale : douleur thoracique brutale « déchirante » irradiant dorsalement, asymétrie tensionnelle inter-bras et déficit de pouls traduisant une malperfusion, et surtout souffle diastolique nouveau compatible avec une insuffisance aortique aiguë par atteinte de la racine/valve. L’ECG non ischémique et la troponine initialement négative n’excluent pas le diagnostic ; une dissection peut mimer un SCA et la nécrose peut être absente précocement. Il faut insister sur l’urgence : contrôle antalgique, réduction de la contrainte pariétale (β-bloquant en première intention, puis vasodilatateur si besoin), et imagerie sans délai. L’angio-TDM thoraco-abdominale est l’examen de référence en contexte stable ; l’ETO est utile si instabilité. Enfin, rechercher complications : tamponnade, ischémie coronarienne, atteinte neurologique/rénale.