Fièvre prolongée après voyage : penser à la dengue (et aux signes d’alerte)
Cas clinique (typique, anonymisé) : un homme de 28 ans consulte pour 4 jours de fièvre à 39,5°C au retour d’un séjour en Guadeloupe. Céphalées intenses, myalgies, nausées. À l’examen : éruption maculo-papuleuse discrète, douleur à la mobilisation des globes oculaires, pas de raideur méningée. TA 110/70, FC 98. Biologie : leucopénie (2,8 G/L), thrombopénie (110 G/L), ALAT modérément élevées.
Points sémiologiques clés :
- Triade fièvre + leucopénie + thrombopénie après séjour tropical doit faire évoquer une arbovirose (dengue, chikungunya, Zika), mais aussi paludisme (à éliminer en priorité en zone à risque).
- La douleur rétro-orbitaire et l’éruption sont compatibles avec la dengue, sans être spécifiques.
- Attention au vocabulaire : on parle aujourd’hui de dengue avec ou sans signes d’alerte, plutôt que “dengue hémorragique” (classification OMS).
Signes d’alerte (à rechercher systématiquement, surtout vers J3–J7, phase critique) :
- Douleurs abdominales intenses, vomissements persistants
- Saignements muqueux, agitation/somnolence
- Hépatomégalie > 2 cm, augmentation rapide de l’hématocrite avec chute des plaquettes
- Signes de fuite capillaire (épanchements, hypotension)
Diagnostic pratique :
- J0–J7 : antigène NS1 et/ou RT-PCR (meilleure valeur diagnostique précoce)
- Après J5–J7 : sérologie IgM/IgG (interprétation prudente si flavivirus/vaccins)
- En parallèle : goutte épaisse / TDR paludisme si exposition possible.
Prise en charge : traitement symptomatique, hydratation, surveillance clinique/biologique. Éviter AINS/aspirine (risque hémorragique) ; privilégier paracétamol.
À discuter : quels éléments vous feraient hospitaliser ce patient dès la première consultation ?
Sources : OMS – Dengue: guidelines for diagnosis, treatment, prevention and control (updated). CDC – Dengue clinical guidance. Santé publique France – Données et recommandations sur la dengue (France/Outre-mer).
4 commentaires
Cas très évocateur d’arbovirose et la mise en avant de la triade fièvre + leucopénie + thrombopénie au retour de zone tropicale est un bon réflexe. Les éléments cliniques (céphalées, myalgies, douleur rétro-orbitaire, rash discret) et la cytopénie avec ALAT ↑ orientent fortement vers la dengue, tout en gardant en tête les diagnostics différentiels (paludisme à éliminer en urgence, chikungunya, Zika, typhoïde, leptospirose selon contexte). À ce stade, l’enjeu sémiologique est surtout la recherche systématique des signes d’alerte (douleurs abdominales, vomissements persistants, saignements, léthargie/agitation, hépatomégalie, hémoconcentration) et la surveillance rapprochée NFS/plaquettes/hématocrite. Message implicite important : éviter AINS/aspirine tant que dengue non exclue, privilégier paracétamol et hydratation.
Très bon rappel “réflexe” : au retour des tropiques, la triade fièvre + leucopénie + thrombopénie doit faire penser dengue avant de chercher compliqué. Les douleurs rétro-orbitaires (à la mobilisation des yeux), les grosses courbatures et l’éruption légère collent bien au tableau. Les ALAT un peu hautes vont aussi dans ce sens. Image simple : la dengue, c’est une “fièvre qui casse” avec un sang qui se raréfie (globules blancs bas) et des plaquettes qui chutent. Là où il faut être vigilant, ce sont les signes d’alerte (douleurs abdominales, vomissements répétés, saignements, somnolence/agitation, hypotension) surtout au moment où la fièvre peut tomber : c’est parfois là que ça bascule. Ne pas oublier les diagnostics à ne pas rater (paludisme selon zone) et la surveillance rapprochée/hydratation.
Cas très évocateur d’une dengue non compliquée au retour des Antilles : fièvre élevée, céphalées avec douleur rétro-orbitaire, myalgies, exanthème discret, leucopénie et thrombopénie, avec cytolyse modérée. La « triade » proposée est pertinente et mérite d’être complétée par la notion de chronologie : la phase fébrile précède souvent une défervescence critique (J4–J6) où peuvent apparaître les signes d’alerte. Il serait utile d’insister sur leur dépistage systématique : douleurs abdominales, vomissements persistants, saignements muqueux, léthargie/agitation, hépatomégalie, augmentation rapide de l’hématocrite avec chute des plaquettes. Sur le plan diagnostic, rappeler l’intérêt de la RT-PCR/antigène NS1 précoces, puis sérologie ensuite, et de discuter les différentiels (paludisme, leptospirose, chikungunya, Zika) selon contexte. Enfin, message pratique : éviter AINS/aspirine, privilégier paracétamol et surveillance rapprochée.
Tableau très évocateur de dengue : fièvre élevée au retour des Antilles, céphalées intenses, myalgies, douleur rétro-orbitaire, exanthème discret, leucopénie + thrombopénie + cytolyse modérée. Bon réflexe de rappeler la triade. À compléter systématiquement par les diagnostics à ne pas rater chez un voyageur fébrile : paludisme (même sans séjour africain, à éliminer en urgence si zone à risque), chikungunya (arthralgies souvent plus marquées), Zika (prurit/conjonctivite), typhoïde, leptospirose. Pour la dengue, insister sur les signes d’alerte J3–J7 : douleurs abdominales, vomissements persistants, saignements muqueux, léthargie/agitation, hépatomégalie, hémoconcentration/augmentation rapide de l’hématocrite, chute des plaquettes. Conduite pratique : NFS-Ht répétés, hydratation prudente, éviter AINS/aspirine, paracétamol, et critères d’hospitalisation clairs.

Bon « réflexe » clinique : au retour d’un séjour en zone d’endémie, l’association fièvre élevée, leucopénie et thrombopénie oriente d’emblée vers une arbovirose, au premier rang la dengue. Les éléments sémiologiques rapportés sont très évocateurs : céphalées intenses avec douleur rétro-orbitaire (majorée aux mouvements oculaires), myalgies diffuses, rash maculo-papuleux discret et cytopénies, avec cytolyse modérée (ALAT) fréquemment observée. Il faut toutefois souligner l’intérêt de la recherche systématique des signes d’alerte (douleurs abdominales, vomissements persistants, saignements muqueux, léthargie, hépatomégalie, hémoconcentration) et d’une surveillance rapprochée de la numération plaquettaire et de l’hématocrite. En pratique, confirmer par PCR/NS1 selon le délai, et éviter AINS/aspirine au profit du paracétamol.