Douleur thoracique + troponines négatives : penser au MINOCA et au vasospasme coronarien
La douleur thoracique aiguë avec ECG non diagnostic et troponines initialement négatives reste un piège. Un sujet d’actualité est le MINOCA (Myocardial Infarction with Non-Obstructive Coronary Arteries), défini par : (1) critères d’infarctus (hausse/baisse de troponine + contexte d’ischémie), (2) coronarographie sans sténose ≥50%, (3) absence d’étiologie alternative évidente. Le MINOCA n’est pas un “faux infarctus” : c’est un syndrome aux mécanismes multiples.
Cas clinique-type (terrain fréquent) : femme de 52 ans, tabagisme, douleur constrictive au repos à 5 h du matin, irradiant mâchoire, cédant à la trinitrine. ECG normal au triage. Troponine ultrasensible négative à H0, faiblement positive à H3. Coronarographie : pas de sténose significative.
Démarche sémiologique et paraclinique (pédagogique) :
- Rechercher des éléments en faveur de vasospasme (douleur au repos, nocturne/matinale, réponse nitrés, facteurs déclenchants : tabac/cocaïne), ou de SCAD (dissection spontanée, femme, péripartum, stress).
- Compléter par IRM cardiaque précoce (idéalement <7–14 jours) : permet de distinguer myocardite, takotsubo, infarctus sous-endocardique (LGE) et d’orienter le traitement.
- En salle de coro, discuter imagerie intracoronaire (OCT/IVUS) pour rupture/érosion de plaque non sténosante et test de provocation (acétylcholine) si suspicion de vasospasme (selon expertise/risque).
Points clés :
- Les troponines peuvent être négatives très tôt : la cinétique (H0–H3/H6) est essentielle.
- Le MINOCA a un pronostic non bénin : une étiologie doit être recherchée activement.
- En cas de vasospasme documenté/suspect : inhibiteurs calciques + nitrés (et éviter les bêtabloquants non sélectifs).
Sources : 2019 AHA Scientific Statement on MINOCA (Circulation) ; ESC Guidelines 2023 sur les syndromes coronariens aigus ; Tamis-Holland et al., Circulation 2019.
4 commentaires
Le post souligne un point clé de stratification : « troponines initialement négatives » n’exclut pas un SCA, car la sensibilité dépend du délai et du type de dosage (hs-cTn) avec dynamique à répéter (0/1h ou 0/2–3h). Sur le plan définitionnel, MINOCA exige bien une cinétique de troponine compatible infarctus + signes d’ischémie, puis une coronarographie sans sténose ≥50% et sans diagnostic alternatif. D’un point de vue médico-statistique, l’enjeu est d’éviter un biais de classification : inclure des myocardites, Takotsubo ou embolies pulmonaires comme « MINOCA » dégrade fortement la valeur prédictive des parcours de soins. Il serait utile de préciser les probabilités prétest (âge, sexe, facteurs de risque), ainsi que le rendement diagnostique des examens de seconde ligne (IRM cardiaque précoce, tests de provocation au spasme) et leurs impacts pronostiques.
Message pertinent : douleur thoracique + ECG peu contributif + troponines initiales négatives n’exclut ni SCA ni causes ischémiques “non obstructives”. Toutefois, rappeler que le MINOCA exige des critères d’IDM, donc une cinétique de troponine (dosages répétés à 1–3 h avec hs-cTn) et un contexte d’ischémie : avec troponines durablement négatives, on n’est plus dans le MINOCA. Le vasospasme est une étiologie majeure à évoquer, surtout douleurs au repos, nocturnes, ST transitoires, tabac/cocaïne. En pratique : stratification du risque, répétition ECG/troponines, imagerie (IRM cardiaque pour myocardite/Takotsubo), et en cas de coro “normale”, penser tests de provocation (acétylcholine/ergonovine) selon expertise. Le point clé : ne pas banaliser, mais bien préciser la définition et l’algorithme.
Point clé : avec troponines initialement négatives, le risque est de “déclasser” trop tôt. Le MINOCA ne se discute qu’avec une cinétique de troponine (re-dosage à 1–3 h selon protocole) et des critères d’ischémie ; sinon on est plutôt dans l’angor instable ou une douleur non cardiaque. La définition rappelée est juste et l’actualité est la démarche étiologique : imagerie par IRM cardiaque précoce (souvent dans la semaine) pour distinguer myocardite, Takotsubo et nécrose ischémique ; et réflexion sur vasospasme/microvascular dysfunction. Le vasospasme coronarien mérite d’être systématiquement envisagé, surtout si douleurs au repos, variations ST transitoires, déclenchement nocturne, ou facteurs (tabac, cocaïne). Les tests de provocation (acétylcholine/ergonovine) en centre expert peuvent confirmer et guider (CCB/nitrés). Enfin, rappeler que le pronostic du MINOCA n’est pas bénin et que la prévention secondaire doit être individualisée selon le mécanisme.
Message pertinent : troponines initialement négatives et ECG non contributif n’excluent ni SCA ni syndrome coronarien fonctionnel. Rappel utile toutefois : un MINOCA requiert des critères d’infarctus, donc une cinétique de troponine (hausse/baisse) ; à la phase très précoce, on est plutôt devant une douleur thoracique à risque à recontrôler. Devant une coronarographie non obstructive, l’enjeu sémiologique est de structurer le diagnostic différentiel : myocardite et takotsubo (IRM cardiaque précoce), dissection spontanée (imagerie intracoronaire), embolie/thrombose transitoire, et causes non coronariennes. Le vasospasme mérite une place explicite avec interrogation sur les déclencheurs (repos/nocturne, cocaïne), réponse aux nitrés, et, si besoin, test de provocation encadré. Enfin, rappeler la prise en charge : anti-angoreux (ICa), arrêt tabac, et prévention secondaire individualisée selon l’étiologie.

Point pédagogique essentiel : une troponine initialement négative n’élimine pas un SCA. La sensibilité dépend du délai depuis le début des symptômes et du dosage (hs-cTn), d’où l’intérêt des algorithmes 0/1 h ou 0/2–3 h avec recherche d’une cinétique (hausse/baisse) et intégration à l’ECG + clinique. Sur la définition, tu rappelles bien que le MINOCA nécessite de vrais critères d’infarctus (donc une troponine dynamique) et une coronarographie sans sténose ≥50%, après exclusion d’une cause alternative évidente (myocardite, Takotsubo, embolie pulmonaire, sepsis, etc.). Insister que MINOCA = syndrome est crucial : ensuite vient l’étape étiologique (vasospasme, dissection, microvascular dysfunction, thrombus/érosion…). Penser au vasospasme est pertinent, surtout si douleur au repos, variations ST transitoires ou contexte déclenchant (tabac, cocaïne).