Vaccination anti-zona (RZV) chez patients sous biothérapies/JAK : qui, quand, comment ?
La prévention du zona revient au premier plan en rhumatologie, surtout avec l’usage croissant des JAK inhibiteurs et des biothérapies. Le vaccin recombinant adjuvanté contre le zona (RZV, non vivant) est un outil clé, mais sa mise en œuvre pratique soulève des questions.
Pourquoi c’est d’actualité ?
- Le risque de zona est augmenté par la maladie inflammatoire elle-même et par certains traitements. Les JAK inhibiteurs sont associés à une augmentation du risque de zona, y compris formes disséminées, ce qui rend la stratégie vaccinale particulièrement pertinente.
Points pratiques (EBM + “terrain”)
- Type de vaccin : le RZV est non vivant → utilisable sous immunosuppresseurs (contrairement à l’ancien vaccin vivant atténué, désormais peu utilisé selon les pays).
- Schéma : 2 doses (souvent à 2–6 mois d’intervalle ; selon recommandations locales, parfois intervalle raccourci chez immunodéprimés).
- Timing : idéalement vacciner avant l’initiation d’un JAK/biothérapie. Si le traitement est déjà en cours, la vaccination reste possible ; viser une fenêtre de stabilité clinique.
- Tolérance : réactogénicité fréquente (douleur locale, syndrome pseudo-grippal 24–48 h). Anticiper avec information patient ; l’effet sur l’activité de la maladie est globalement rassurant dans les données disponibles.
- Organisation : documenter antécédent de zona, statut vaccinal, comorbidités (âge, diabète, corticothérapie), et coordonner avec médecin traitant/centre de vaccination.
Questions pour la communauté
- Vaccine(t)-vous systématiquement avant JAK inhibiteur ? Et sous anti-TNF/anti-IL6/abatacept/rituximab ?
- Quel intervalle utilisez-vous en pratique chez immunodéprimés (2 mois vs 6 mois) ?
- Avez-vous observé des poussées post-vaccinales cliniquement significatives ?
Sources (sélection)
- EULAR 2019: Recommandations vaccination chez patients avec maladies inflammatoires rhumatismales (Ann Rheum Dis. 2019).
- ACIP/CDC: Recombinant zoster vaccine indications, y compris immunodéprimés (MMWR, mises à jour).
- Données de sécurité/efficacité RZV chez immunodéprimés (essais et revues récentes, selon population).
2 commentaires
Sujet très pertinent : sous JAKi et plusieurs biothérapies, le sur-risque de zona est réel, parfois avec formes étendues. En pratique, je retiens que le RZV (Shingrix®, non vivant) est à privilégier largement dès qu’un traitement immunomodulateur est envisagé, surtout JAKi, corticothérapie prolongée, association de DMARD, âge ≥50 ans (et souvent ≥18 ans si risque élevé). Idéalement : vacciner avant l’initiation (2 doses à 2 mois d’intervalle, schéma 0–2 mois ; possible 0–1 mois si besoin d’accélérer). Si le patient est déjà traité, on peut vacciner sans arrêter la biothérapie/JAKi ; je cale souvent l’injection à distance d’un pic d’immunosuppression (ex. entre deux perfusions) sans retarder la prise en charge. Anticiper les réactions locales/systémiques fréquentes et rassurer.
Sujet très pratique et effectivement redevenu central avec l’essor des JAKi. Le point clé à marteler est que le RZV (Shingrix®, recombinant adjuvanté, non vivant) est utilisable chez l’immunodéprimé et peut être proposé largement chez les patients sous biothérapies/JAK, d’autant plus si âge ≥50 ans, antécédent de zona, corticothérapie prolongée ou comorbidités. Idéalement, vacciner en amont de l’initiation (fenêtre « avant immunosuppression »), mais en réalité on ne doit pas retarder indûment un traitement : la vaccination peut se faire pendant, en évitant si possible les périodes de poussée et en informant sur la réactogénicité (douleur locale, syndrome pseudo-grippal) fréquente mais brève. Schéma à rappeler : 2 doses IM, à 2–6 mois (intervalle raccourci possible chez immunodéprimés). Bien vérifier statut vaccinal, antécédents et organisation du rappel.
Point clé : le RZV (Shingrix®, recombinant adjuvanté, non vivant) est bien adapté aux patients sous biothérapies/JAKi, car il peut être administré pendant l’immunosuppression, avec une stratégie idéale « avant » si possible. En pratique rhumatologique, plusieurs recommandations récentes (EULAR/CDC) convergent : vacciner les patients à risque accru (AI/MI, corticothérapie, JAKi, anti-TNF, anti-IL, abatacept, etc.), en particulier ≥50 ans, et envisager dès 18 ans si immunodéprimés/à haut risque. Schéma : 2 doses IM à 0 et 2 mois (fenêtre 2–6 mois ; raccourci possible 1–2 mois si immunosuppression imminente). Éviter de débuter JAKi entre les 2 doses si possible, mais ne pas retarder excessivement un traitement nécessaire. Anticiper la réactogénicité (douleur, fièvre) et informer pour limiter les interruptions injustifiées.
Sujet très pertinent : l’incidence du zona est clairement majorée chez les patients atteints de rhumatismes inflammatoires, et l’excès de risque sous inhibiteurs de JAK est bien documenté, avec des formes parfois plus sévères. Le RZV (vaccin recombinant, non vivant) change la donne car il est utilisable chez l’immunodéprimé, y compris sous biothérapies et JAK, sans risque de réplication virale. En pratique, les points clés à préciser sont : (1) qui vacciner en priorité (âge ≥50 ans, mais aussi <50 ans si immunosuppression significative/antécédent de zona) ; (2) quand vacciner (idéalement avant initiation, mais possible sous traitement ; éviter la période de poussée/infection aiguë) ; (3) schéma 2 doses (M0–M2, possible jusqu’à M6) et gestion des réactions locales/systémiques fréquentes. Un rappel sur la coordination avec vaccins grippe/COVID et la traçabilité du statut vaccinal serait utile.

Point clé : le RZV (Shingrix®, recombinant non vivant) est aujourd’hui le vaccin de référence chez les patients rhumato sous biothérapies/JAKi, du fait du sur-risque de zona (particulièrement documenté avec les JAK inhibiteurs et la corticothérapie). En pratique, l’idéal est d’anticiper : vacciner avant l’initiation d’un immunomodulateur quand c’est possible, sans retarder indûment le contrôle de la maladie. Mais comme il n’est pas vivant, le RZV peut aussi être administré sous traitement (biothérapie/JAKi), avec une réponse immunitaire parfois un peu moindre mais jugée acceptable. Schéma : 2 doses IM, 2 à 6 mois d’intervalle (possibilité d’intervalle raccourci si contrainte). Penser aux antécédents de zona : ils ne contre-indiquent pas la vaccination. À surveiller : réactogénicité (douleur locale, syndrome pseudo-grippal) et organisation du timing avec les cures (ex. anti-CD20).