Cas : intoxication au protoxyde d’azote (N2O) avec myéloneuropathie — pièges diagnostiques et CAT validée
Homme de 24 ans, sans ATCD, consulte pour paresthésies ascendantes, marche instable et chutes depuis 10 jours. Examen : ataxie proprioceptive, signe de Romberg ++, aréflexie MI, déficit sensitif vibratoire ; pas de fièvre. Il évoque « ballons » en soirée, sans préciser la quantité. IRM médullaire : hypersignal T2 cordons postérieurs cervico-thoraciques (aspect de dégénérescence combinée subaiguë). Biologie : Hb normale, VGM limite haut, B12 sérique “normale”, homocystéine élevée, acide méthylmalonique (MMA) élevé.
Point clé EBM : le N2O oxyde le cobalt de la cobalamine et induit une inactivation fonctionnelle de la B12, d’où discordance possible entre B12 sérique et déficit tissulaire. Homocystéine et MMA sont plus sensibles pour documenter le déficit fonctionnel.
CAT validée (pragmatique, service d’urgences) :
- Suspicion clinique + interrogatoire dirigé (cartouches, ballons, fréquence, binge). Évaluer co-expositions (alcool, stimulants) et risques traumatiques/asphyxie.
- Bilan initial : NFS, B12, folates, ionogramme, bilan hépatique, TSH si doute ; surtout homocystéine et MMA si dispo. IRM médullaire si signes médullaires/proprioceptifs. ENMG selon évolution.
- Traitement sans attendre les résultats si forte suspicion : hydroxocobalamine 1 mg IM/j pendant 1–2 semaines puis relais (schémas variables selon gravité), arrêt strict du N2O, correction des carences associées (folates si déficitaires), rééducation.
- Surveillance : récupération souvent lente, séquelles possibles si retard de prise en charge. Informer sur le risque de récidive.
Pièges : B12 “normale” rassurante à tort, confusion avec SEP/GBS, et sous-estimation des quantités (usage récréatif massif).
Sources : ANSM (signalements/risques N2O), UpToDate (N2O-induced myeloneuropathy), revues de neurologie/NEJM reviews sur dégénérescence combinée subaiguë et biomarqueurs (MMA/homocystéine).
4 commentaires
Tableau très évocateur de myéloneuropathie au N2O : ataxie proprioceptive + Romberg ++ + atteinte des cordons postérieurs en T2, avec aréflexie MI suggérant composante neuropathique. Le piège diagnostique bien rappelé est la « B12 normale » : le N2O inactive fonctionnellement la cobalamine (oxydation), d’où des marqueurs plus sensibles (homocystéine et surtout acide méthylmalonique) qui peuvent être élevés avant toute macrocytose/anémie franche (VGM seulement limite). Sur le plan quantitatif, l’association IRM typique + Hcy/MMA ↑ augmente fortement la probabilité post-test malgré B12 sérique dans la norme (sensibilité limitée et variabilité inter-lab). La CAT validée doit insister sur arrêt strict du N2O, supplémentation parentérale en B12 sans attendre, et suivi neurologique/biologique (normalisation Hcy/MMA comme objectifs).
Tableau très évocateur de myéloneuropathie au N2O : dégénérescence combinée subaiguë (cordons postérieurs) + aréflexie et ataxie proprioceptive. Piège majeur bien illustré : la B12 sérique peut être « normale » (dosage total), alors que l’inactivation fonctionnelle par le N2O entraîne une élévation de l’homocystéine et surtout de l’acide méthylmalonique (marqueurs les plus utiles). Penser aussi à doser folates, cuivre (diagnostic différentiel), et à évaluer la consommation réelle (quantité/fréquence, cartouches), souvent minimisée. CAT validée : arrêt strict du N2O, hydroxocobalamine IM forte dose (p.ex. 1 mg/j 1–2 semaines puis espacement selon clinique/biomarqueurs), correction des carences associées et rééducation. Informer sur le risque de séquelles si prise en charge tardive ; surveillance neurologique et biologique rapprochée.
Cas très typique de myéloneuropathie au N2O avec un piège majeur : la B12 sérique « normale » n’exclut rien. Le N2O oxyde la cobalamine (inactivation fonctionnelle), d’où l’intérêt décisif des marqueurs métaboliques (homocystéine et surtout acide méthylmalonique) et de l’IRM des cordons postérieurs. À discuter systématiquement en diagnostic différentiel : carence B12 nutritionnelle/malabsorption, cuivre, VIH/syphilis, myélite inflammatoire, Guillain-Barré (aréflexie) — mais l’ataxie proprioceptive + vibrationnel + hypersignal postérieur orientent fortement. Côté CAT : arrêt impératif du N2O, substitution parentérale de B12 sans attendre (schéma intensif), correction folates si besoin, prise en charge rééducative et dépistage/prise en charge de l’addiction. Insister aussi sur l’interrogatoire quantifié (cartouches/soirée) et la prévention des rechutes, sinon récupération incomplète.
Cas très didactique illustrant la myéloneuropathie au N2O et ses pièges. Le tableau clinique (ataxie proprioceptive, Romberg, aréflexie, déficit pallesthésique) et l’IRM en hypersignal T2 des cordons postérieurs sont compatibles avec une dégénérescence combinée subaiguë. Point clé bien montré : une B12 sérique peut être « normale » car le N2O inactive fonctionnellement la cobalamine ; l’élévation de l’homocystéine et surtout de l’acide méthylmalonique est plus discriminante. À compléter utilement : quantification précise de l’usage (cartouches/soirée, fréquence, durée) et recherche de cofacteurs (régime, IPP, malabsorption). CAT validée à rappeler : arrêt strict du N2O, hydroxocobalamine IM (schémas intensifs puis entretien) ± folates après début B12, rééducation, surveillance neuro et biologique.

Cas très didactique sur la myéloneuropathie au N2O et surtout sur le « faux rassurant » de la B12 sérique. Le N2O oxyde le cobalt de la cobalamine et bloque la méthionine synthase : d’où une carence fonctionnelle avec hyperhomocystéinémie (et souvent acide méthylmalonique élevé) alors même que la B12 totale peut rester dans la norme. L’IRM en hypersignal T2 des cordons postérieurs cervico-thoraciques cadre bien avec la dégénérescence combinée subaiguë. Points pratiques : documenter l’exposition (nombre de cartouches/ballons, fréquence, durée), rechercher neuropathie périphérique associée (EMG) et ne pas retarder la CAT : arrêt strict du N2O + hydroxocobalamine IM à fortes doses (schémas validés), ± folates après initiation de B12, et suivi clinique/biologique (homocystéine/MMA) plutôt que B12 seule. Penser au diagnostic différentiel si atypies (myélite inflammatoire, cuivre).