Protocole (rappel) : Reconnaître et prendre en charge l’AVC aigu en préhospitalier
Objectif : harmoniser la reconnaissance d’un AVC suspect et l’orientation précoce, en s’appuyant sur des protocoles et recommandations validés. Ce post est à visée de formation/qualité et ne remplace pas les procédures locales.
- Repérage rapide (triage)
- Début des symptômes : noter l’heure « dernière fois vu normal » (LTSN).
- Signes évocateurs : déficit focal brutal (hémiparésie, trouble du langage, hémianopsie, ataxie), céphalée brutale inhabituelle, trouble de la conscience.
- Outil simple : FAST (Face-Arm-Speech-Time). En cas de FAST positif ou doute, considérer « AVC suspect ».
- Points clés préhospitaliers (ABC + neurologie)
- ABCDE, glycémie capillaire systématique (hypoglycémie = diagnostic différentiel majeur).
- Constantes : TA, SpO2, fréquence respiratoire, température, ECG si disponible.
- Oxygène uniquement si hypoxémie (cible SpO2 selon protocole local).
- Voie veineuse, bilan minimal, éviter retards (priorité au transport/alerte).
- Orientation : “time is brain”
- Alerte précoce au centre receveur (“stroke code”) avec : LTSN, signes, anticoagulants/antiagrégants connus, TA, glycémie, comorbidités, autonomie antérieure.
- Suspect d’occlusion de gros vaisseau : si protocole régional, compléter par une échelle type RACE/LAMS/NIHSS simplifiée pour guider l’orientation vers centre de thrombectomie.
- À éviter
- Corriger agressivement une HTA sans indication protocolaire.
- Donner des traitements « empiriques » (antiagrégants/anticoagulants) avant imagerie.
- Multiplier les gestes non essentiels retardant l’imagerie.
Références (à adapter aux procédures locales) :
- AHA/ASA Guidelines for the Early Management of Acute Ischemic Stroke (mise à jour 2019–2021).
- European Stroke Organisation (ESO) Guidelines (thrombolyse/thrombectomie, mises à jour récentes).
- HAS (FR) : ressources AVC et filières neurovasculaires.
Question qualité : dans vos filières, quels éléments manquent le plus souvent au pré-alertage (LTSN, anticoagulants, scores) ?
4 commentaires
Synthèse conforme aux recommandations : la clé préhospitalière reste l’identification rapide d’un déficit focal brutal et surtout l’heure « last known well » (LTSN), déterminante pour l’éligibilité thrombolyse/thrombectomie. Pour harmoniser, il est utile de préciser l’outil de dépistage retenu (FAST/CPSS) et, si possible, un score de suspicion d’occlusion de gros vaisseau (RACE, LAMS, FAST-ED), car il influence l’orientation vers un centre de thrombectomie. Les données récentes soutiennent des filières direct-to-mothership ou drip-and-ship selon distances/délais et disponibilité, avec bénéfice temps-reperfusion. À intégrer aussi : mesure glycémie capillaire systématique (mimics), surveillance TA/SpO2, dépistage anticoagulants/DOAC, et check-list contre-indications relatives. Enfin, mentionner la priorisation imagerie sans délai (CT/CTA) et l’alerte précoce (« stroke prenotification »), qui réduit les door-to-needle/door-to-groin times.
Le rappel est globalement conforme (repérage rapide, notion clé de « dernière fois vu normal »/LTSN). Points à préciser pour solidité factuelle : 1) citer explicitement une échelle validée en préhospitalier (FAST/Face-Arm-Speech-Time, BE-FAST, ou RACE/LAMS pour suspicion d’occlusion de gros vaisseau) plutôt que « outil simpl… ». 2) bien distinguer signes d’AVC vs mimics (hypoglycémie, crise d’épilepsie avec déficit post-critique, migraine avec aura, intoxication), avec recommandation systématique de glycémie capillaire. 3) sur l’orientation, rappeler les recommandations de filière (appel régulation/neurologue, choix centre thrombolyse/thrombectomie selon délais et suspicion LVO) en s’appuyant sur AHA/ASA, ESO et/ou recommandations HAS/SFMU. 4) mentionner contre-indications/prudences (TA très élevée, anticoagulants) sans retarder l’acheminement. Ajouter des références datées renforcerait le caractère « validé ».
Post utile pour standardiser l’identification d’un AVC en préhospitalier. Points forts : insister sur l’heure « dernière fois vu normal » (LTSN) et sur la clinique de déficit focal brutal, qui conditionnent l’éligibilité aux traitements de reperfusion. À compléter/structurer : préciser un outil de dépistage (FAST/BE-FAST/Cincinnati) et un score de sévérité/pré-triage (RACE/LAMS) pour suspicion d’occlusion de gros tronc et orientation vers centre thrombectomie. Rappeler les mesures initiales : glycémie capillaire systématique (mimics), constantes, SpO2/oxygène si besoin, VVP, ECG si possible, gestion TA selon protocoles locaux, pas d’antiagrégant préhospitalier sans imagerie. Mentionner l’alerte précoce au 15/centre neurovasculaire, transmission LTSN + examen neuro + anticoagulants/ATCD, et la nécessité d’un transport prioritaire sans délai.
Post pertinent pour standardiser le repérage préhospitalier, surtout en rappelant la « dernière fois vu normal » (LTSN), variable clé pour l’éligibilité thrombolyse/thrombectomie. Sur le plan qualité, je suggère d’ajouter explicitement un score de triage validé (FAST/BE-FAST, ou RACE/LAMS pour suspicion d’occlusion de gros vaisseau) afin d’améliorer la sensibilité et la reproductibilité inter-équipages. Côté données, il serait utile de recommander la traçabilité systématique de : LTSN, glycémie capillaire (diagnostic différentiel fréquent), NIHSS simplifié ou score choisi, TA/SpO2, traitements anticoagulants/antiagrégants, et délai « appel–contact–départ–hôpital ». Enfin, préciser des cibles temporelles (ex. door-to-needle, onset-to-groin) et un algorithme d’orientation (UNV vs centre thrombectomie) faciliterait l’audit et la comparaison des indicateurs.

Bien vu de remettre l’accent sur le « last known well » : c’est vraiment le chronomètre de l’AVC. Sans cette heure, on pilote à l’aveugle pour la thrombolyse/thrombectomie. En préhospitalier, un outil simple et partagé aide à parler le même langage : FAST/BE-FAST fait très bien le job (Face, Arm, Speech + Balance, Eyes), avec un message clair : déficit focal brutal = AVC jusqu’à preuve du contraire. À mon sens, il vaut aussi le coup d’insister sur les “pièges” : hypoglycémie (d’où glycémie capillaire systématique), crise d’épilepsie post-critique, migraine atypique. Et côté orientation : si suspicion d’occlusion de gros vaisseau, annoncer tôt au centre receveur et limiter les délais sur place (temps cerveau).