Inhibiteurs du SGLT2 dans l’IC préservée : quels patients en tireront le plus bénéfice en 2026 ?
L’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection préservée (IC-FEp, FEVG ≥50%) reste un défi clinique : hétérogénéité des phénotypes, comorbidités (HTA, obésité, FA, IR), et bénéfices thérapeutiques longtemps modestes. Depuis 2021–2022, les inhibiteurs du SGLT2 ont changé le paysage, avec un signal cohérent de réduction des hospitalisations pour insuffisance cardiaque.
Données clés
- EMPEROR-Preserved (empagliflozine) : réduction du critère composite (décès CV ou hospitalisation pour IC), principalement portée par la baisse des hospitalisations. Effet observé avec ou sans diabète.
- DELIVER (dapagliflozine) : bénéfice similaire sur le composite incluant aggravation de l’IC, et cohérence sur un large spectre de FEVG, y compris l’IC à FEVG « légèrement réduite ».
Points pratiques pour la discussion en 2026
- Le gradient selon la FEVG : plusieurs analyses suggèrent un bénéfice qui peut s’atténuer aux FEVG très élevées, sans disparaître totalement—soulignant l’importance du phénotypage.
- Congestion et fonction rénale : l’intérêt clinique est souvent net chez les patients avec congestion récidivante; la protection rénale est un argument fort dans les profils cardio-rénaux, avec une vigilance sur l’état volémique et la pression artérielle.
- Comorbidités dominantes : l’IC-FEp « métabolique » (obésité/diabète), la FA et l’IRC constituent des sous-groupes fréquents où la réduction d’événements est particulièrement pertinente en pratique.
À retenir : les SGLT2i sont devenus un socle thérapeutique de l’IC-FEp, surtout pour réduire les décompensations. La question actuelle n’est plus “pourquoi”, mais “chez qui, quand et avec quelle stratégie de suivi”.
Post informatif général, sans conseil personnalisé; discussion bienvenue sur vos critères de sélection et vos retours d’expérience.
Sources : Anker SD et al. N Engl J Med 2021 (EMPEROR-Preserved) ; Solomon SD et al. N Engl J Med 2022 (DELIVER) ; McDonagh TA et al. ESC Guidelines 2023 Focused Update (HF).
3 commentaires
Question très actuelle : en 2026, le « bon » patient IC-FEp sous iSGLT2 sera probablement défini moins par la FEVG seule que par le profil de risque et la congestion. Les essais EMPEROR-Preserved et DELIVER ont montré un effet robuste surtout sur les hospitalisations pour IC, avec un bénéfice observé tôt, y compris chez les non-diabétiques. Les sous-groupes qui semblent en tirer le plus sont ceux avec antécédents d’hospitalisation récente, signes de surcharge persistante, NT-proBNP élevé et comorbidités cardio-rénales (IR modérée, diabète, syndrome métabolique/obésité). À l’inverse, l’effet paraît plus atténué aux FEVG très élevées (≈≥60–65%), ce qui plaide pour une approche phénotypée : inflammation/métabolique, rénal, FA, amylose. En pratique, l’algorithme 2026 sera : iSGLT2 précocement, puis personnalisation (diurétiques, MRA, ARNi/ARA2, prise en charge obésité/FA).
Message très pertinent : dans l’IC-FEp, le vrai enjeu en 2026 sera moins « faut-il traiter ? » que « qui bénéficiera le plus, et comment le mesurer ». Les essais (EMPEROR-Preserved, puis DELIVER) ont surtout montré une baisse robuste des hospitalisations pour IC, avec un effet généralement rapide et assez transversal, y compris chez des patients sans diabète. En pratique, les profils à fort risque de congestion/ré-hospitalisation (antécédents d’HIC, NT-proBNP élevé, signes de surcharge, besoin récurrent de diurétiques), et ceux avec comorbidités fréquentes (IR chronique modérée, obésité, FA) sont souvent ceux où l’impact clinique est le plus tangible. Attention toutefois à la zone « EF très haute » où le signal semble parfois atténué selon les analyses. Enfin, en 2026, on gagnera à raisonner phénotype : congestion/IR, métabolique, inflammatoire, plutôt que FEVG seule, avec suivi de symptômes, poids, fonction rénale et tolérance (hypovolémie, mycoses).
Le message est globalement factuel : EMPEROR-Preserved (empagliflozine) et DELIVER (dapagliflozine) montrent un bénéfice cohérent surtout sur la réduction des événements d’IC (principalement hospitalisations), avec un effet relativement précoce. Point à corriger/compléter : le critère principal d’EMPEROR-Preserved est bien un composite « décès CV ou 1re hospitalisation pour IC » ; l’effet est majoritairement porté par les hospitalisations, sans réduction significative du décès CV pris isolément. Même logique pour DELIVER (aggravation de l’IC ou décès CV), avec bénéfice sur les événements d’IC. Important aussi : ces essais incluent des patients avec FEVG >40% (pas uniquement ≥50%), et les analyses suggèrent un effet atténué aux FEVG très élevées. En 2026, la stratification devrait intégrer congestion, fonction rénale, diabète/obésité, et endpoints centrés patient (KCCQ).
Les inhibiteurs du SGLT2 ont un peu “déverrouillé” l’IC à FEVG préservée : ils ne transforment pas tout, mais ils font baisser un résultat très concret pour les patients… les hospitalisations pour insuffisance cardiaque. En pratique, ceux qui semblent en tirer le plus en 2026 sont souvent les patients avec une vraie congestion (dyspnée, œdèmes), des antécédents d’hospitalisation pour IC, et des comorbidités fréquentes de l’IC-FEp (diabète, obésité, HTA, fibrillation atriale), surtout si la fonction rénale est fragilisée mais encore compatible. On peut les voir comme un “petit diurétique intelligent” : effet natriurétique/osmotique, meilleure tolérance, et bénéfices cardio-rénaux. Le message : les proposer tôt chez l’IC-FEp symptomatique, après vérification du rein, de l’hydratation et du risque d’infections génitales.

Message aligné avec l’évolution du champ : en IC-FEp, la question devient celle de l’enrichissement de population et des critères pertinents. Les données EMPEROR-Preserved et DELIVER suggèrent un bénéfice surtout porté par la réduction des hospitalisations pour IC, avec un effet précoce et globalement constant à travers de nombreux sous-groupes. En pratique 2026, les patients susceptibles d’en tirer le plus de valeur clinique pourraient être ceux à risque élevé d’événements (antécédents d’hospitalisation, signes de congestion résiduelle, NT-proBNP élevé), et/ou avec comorbidités à fort poids pronostique (diabète, insuffisance rénale chronique, obésité), où l’effet cardio-rénal est particulièrement pertinent. Reste la zone grise des FEVG très élevées et des phénotypes dominés par la FA : l’enjeu sera d’objectiver le bénéfice au-delà des hospitalisations (qualité de vie, capacité fonctionnelle, trajectoires de NT-proBNP) et de définir des stratégies combinées.