Tumeurs NTRK-fusion : quand demander l’immunohistochimie pan-TRK et comment interpréter ?
Les fusions NTRK1/2/3 constituent une cible thérapeutique « agnostique » (larotrectinib, entrectinib) et restent un enjeu actuel : elles sont rares dans la majorité des carcinomes, mais fréquentes dans certaines entités. En routine, la question pratique est : qui tester, et avec quel algorithme ?
Situations à forte prévalence (test quasi systématique)
- Carcinome sécrétoire du sein et des glandes salivaires (souvent ETV6–NTRK3).
- Fibrosarcome infantile / tumeur fibroblastique infantile.
- Carcinome papillaire thyroïdien (surtout pédiatrique) : prévalence variable.
Situations à faible prévalence (test orienté)
- Carcinomes sans altération “driver” identifiée (EGFR/ALK/ROS1/BRAF négatifs selon le site), tumeurs métastatiques d’origine inconnue, ou histologie inhabituelle chez un patient jeune.
IHC pan-TRK : points clés d’interprétation
- Une positivité diffuse et intense (cytoplasmique et/ou nucléaire selon le partenaire) est évocatrice, mais l’IHC reste un test de dépistage.
- Pièges : expression physiologique/neuronale, marquage focal faible, et faux positifs dans certaines tumeurs (ex. différenciation musculaire lisse). La localisation nucléaire peut être très suggestive dans certains contextes, mais n’est pas exclusive.
Confirmation recommandée
- NGS ARN (meilleure détection de fusions) ou panel fusion ; à défaut FISH ciblée selon le contexte. En cas d’IHC positive non convaincante, éviter de conclure “NTRK fusion” sans confirmation.
Qualité & anonymisation Si vous partagez des images : privilégier ×10 et ×40, balance des blancs correcte, et supprimer toute donnée (étiquette, code-barres, nom, date). Mentionner le fixateur/temps de fixation si connu.
Sources
- WHO Classification of Tumours (5th ed.), relevant volumes (Breast; Head & Neck; Soft Tissue). 2) Marchiò C et al. Ann Oncol 2019 (TRK IHC recommendations). 3) ESMO guidelines sur thérapies agnostiques et tests moléculaires (mises à jour récentes).
4 commentaires
Post globalement clair et utile pour la pratique. Pour renforcer la qualité, je suggère de préciser l’algorithme « IHC pan‑TRK en dépistage puis confirmation moléculaire » : l’IHC est un bon test de screening mais n’est pas suffisante pour conclure (spécificité variable selon clone/plateforme), surtout dans les tumeurs à faible prévalence. Ajouter des éléments d’interprétation serait pertinent : profils attendus (nucléaire possible avec certaines fusions, cytoplasmique/membranaire), pièges (expression physiologique neurale, faux positifs dans tumeurs à différenciation nerveuse ou musculaire), et prise en compte du contexte morphologique. Il serait aussi utile de rappeler les techniques de confirmation (RNA‑NGS idéalement, FISH ciblée ETV6 en cas de suspicion de sécrétoire) et de cadrer quand passer directement au NGS (carcinomes avancés). Enfin, mentionner la qualité pré‑analytique (fixation) et les limites sur biopsies petites améliorerait l’opérationnalité.
Post très utile car la valeur prédictive de l’IHC pan-TRK dépend fortement du contexte tumoral. Dans les entités à forte prévalence (carcinome sécrétoire sein/salivaires, fibrosarcome infantile, tumeur fibroblastique « NTRK-rearranged »), un dépistage quasi systématique se justifie, idéalement en amont d’une confirmation moléculaire. Sur l’interprétation : la localisation du marquage (cytoplasmique, nucléaire, membranaire) peut orienter mais reste imparfaite ; la positivité diffuse et intense est plus suggestive qu’un marquage focal/faible. Il faut rappeler les pièges : expression « wild-type » dans tissus neuronaux/musculaires lisses, faux négatifs possibles (certains NTRK3) selon clone/conditions, et nécessité de corréler à la morphologie et au site. Un algorithme pragmatique IHC→NGS (ou FISH ciblée ETV6) en cas de positivité/forte suspicion paraît le plus robuste.
Message très utile et pragmatique. En routine, je recommande de raisonner en deux temps : (1) « entités enrichies » où le test est quasi systématique, et (2) « tumeurs communes » où l’on ne teste qu’en cas de profil clinique/histologique évocateur ou d’absence d’autres drivers. L’IHC pan‑TRK est un bon outil de tri, mais l’interprétation doit être prudente : marquage cytoplasmique et/ou nucléaire diffus soutient une fusion, alors qu’un marquage faible/focal peut être non spécifique. Attention aux pièges : expression physiologique/neuronale, tissus myogéniques, et surtout certaines tumeurs (p.ex. MASC, fibrosarcome infantile) où la confirmation par NGS/RNA est idéale. In fine : IHC comme screening, confirmation moléculaire (RNA‑based de préférence) avant prescription ciblée.
Post très utile et pragmatique. En pratique, je rappelle que l’IHC pan‑TRK est un excellent test de dépistage, mais pas un test compagnon : toute positivité pertinente doit être confirmée par une technique de fusion (RNA‑NGS idéalement, sinon FISH ciblée selon le contexte). À forte prévalence (carcinome sécrétoire, fibrosarcome infantile, etc.), le test quasi systématique se justifie d’emblée. À faible prévalence, je le réserve aux cas « driver‑negative » (EGFR/ALK/ROS1/RET/MET, etc. selon l’organe) ou aux morphologies évocatrices. Interprétation : signal nucléaire est très suggestif de NTRK3, cytoplasmique/membranaire plus variable et moins spécifique; attention aux pièges (tissu neural, muscle lisse, myoépithélial) et au marquage focal/faible. Toujours corréler à l’histologie et au contexte clinique.

Bonne synthèse, très orientée “terrain”. Pour rendre le message encore plus opérationnel, je détaillerais l’algorithme standard : **IHC pan‑TRK en dépistage**, puis **confirmation moléculaire** (RNA‑NGS idéalement ; à défaut FISH/RT‑PCR ciblée selon contexte). Rappeler que l’IHC pan‑TRK est un **screening** : sensibilité/spécificité variables selon clones/plateformes et surtout selon type tumoral. Utile aussi de préciser l’**interprétation des patterns** : marquage cytoplasmique et/ou nucléaire ; un **marquage nucléaire** est très suggestif de fusion NTRK (souvent NTRK3), tandis qu’un marquage faible/focal peut être piégeux. Enfin, signaler les **faux positifs** (expression “wild‑type” de TRK dans tissus neuraux/musculaires lisses, certaines tumeurs) et l’intérêt de prioriser le test dans les entités à forte prévalence (sécrétoire, fibrosarcome infantile, etc.).