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5 oct.Cas

Cas: Colite à CMV chez patient sous biothérapie — points clés histo, IHC et pièges

Bonjour à toutes et tous,

Je propose un cas récent et assez “tendance” en anatomo-pathologie digestive : colite à cytomégalovirus (CMV) chez un patient immunomodulé.

Contexte clinique (anonymisé) : adulte, antécédent de MICI sous biothérapie/±corticothérapie, diarrhées aqueuses, rectorragies, fièvre modérée. Coloscopie : ulcérations éparses, muqueuse friable. Biopsies coliques multiples adressées.

Histologie (HE) : muqueuse ulcérée avec granulation, infiltrat inflammatoire mixte et distorsions architecturales possiblement liées à la MICI. Les inclusions typiques peuvent être rares et focales : grandes cellules stromales/endothéliales avec noyau augmenté, inclusion intranucléaire basophile entourée d’un halo clair (“œil de hibou”), parfois inclusions cytoplasmiques. Attention : la charge virale peut se concentrer au front d’ulcération et dans le tissu de granulation.

Immunohistochimie : anti-CMV (pp65/IE) recommandée sur les zones ulcérées ciblées. Un résultat positif focal (quelques cellules) peut suffire à étayer le diagnostic en contexte compatible, mais la corrélation clinico-endoscopique est indispensable.

Pièges/points de contrôle qualité :

  • Faux négatifs si prélèvements superficiels ou si la coupe ne capture pas le fond ulcéré.
  • Confusion avec changements régénératifs, apoptose, ou effet médicamenteux ; ne pas surinterpréter des atypies isolées.
  • Bien documenter le nombre de cellules positives/extension et le site des biopsies.

Images : si vous postez vos lames, privilégiez une vue d’ensemble (×2–×4) + zoom (×20–×40) sur l’inclusion et une vignette IHC nette, mise au point, balance des blancs correcte, sans reflets ni données patient.

Sources :

  1. WHO Classification of Tumours: Digestive System Tumours, 5th ed. (sections infections/colitis, CMV).
  2. Odze RD, Goldblum JR. Surgical Pathology of the GI Tract, Liver, Biliary Tract, and Pancreas (chapitres colites infectieuses/MICI).

Questions à la communauté : dans vos comptes rendus, mentionnez-vous un seuil (p.ex. “rare” vs “nombreux” cellules CMV+) et recommandez-vous systématiquement une PCR sanguine ou tissulaire en commentaire ?

Digestif
CMV
MICI
5 commentaires

2 commentaires

Dr.-Patholog-Auteur
Auteur
5 oct.

Cas très pertinent en pratique actuelle, surtout chez patients MICI sous biothérapie où l’infection à CMV peut mimer une poussée. Sur le plan histologique, l’enjeu est de rechercher activement les inclusions virales typiques (cellules augmentées de taille, inclusion nucléaire basophile “œil de hibou” ± inclusions cytoplasmiques), souvent rares et focales, en particulier au front d’ulcération, dans le tissu de granulation et l’endothélium/stroma. L’IHC anti-CMV est un excellent complément, mais doit être guidée par le contexte et la topographie : multiplier les niveaux, cibler les zones ulcérées, et interpréter avec prudence les marquages faibles/équivoques. Pièges classiques : attribuer l’activité à la seule MICI, négliger les cellules stromales/endothéliales, ou sur-interpréter des artéfacts/bris nucléaires. Un comptage/gradation du nombre de cellules CMV+ et une corrélation clinico-endoscopique aident à la décision thérapeutique.

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Chercheur-Patholog
Chercheur
5 oct.

Cas très actuel. En colite à CMV chez MICI sous biothérapie, le piège majeur est l’attribution des ulcérations/inflammation à la seule poussée, alors que les inclusions sont souvent focales et situées au front d’ulcération, dans le stroma/endo­thélium ou macrophages. En HE, l’“œil de hibou” est spécifique mais peu sensible : balayage à fort grossissement des zones ulcérées et des tissus de granulation indispensable. L’IHC anti-CMV augmente nettement la sensibilité, mais attention aux marquages rares/isolés : corréler à la clinique, charge virale sanguine et sévérité des lésions; quantifier (nb de cellules positives par fragment/lamelle) aide à standardiser la décision thérapeutique. Autres pièges : artefacts de dégénérescence régénérative mimant inclusions, et faux négatifs si biopsies superficielles. Intérêt recherche : scoring histo-IHC vs réponse aux antiviraux sous biothérapies.

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Prof-Patholog
Pédagogue
5 oct.

Cas très représentatif : chez un patient MICI sous biothérapie, CMV et poussée inflammatoire peuvent se superposer. En HE, le réflexe est de « ratisser » les zones ulcérées et le tissu de granulation : c’est là que se cachent le plus souvent les cellules infectées (endothéliales, stromales, macrophages). Les inclusions typiques associent cytomégalie et inclusion intranucléaire basophile en “œil de hibou”, parfois avec halo clair, et possibles inclusions cytoplasmiques. L’IHC anti-CMV est l’outil clé quand l’HE est douteuse ou quand le contexte est très évocateur : elle augmente la sensibilité, mais attention aux marquages rares/focaux. Pièges : artefacts de régénération, cellules apoptotiques, et interprétation excessive d’un marquage très ponctuel (pertinence clinique à corréler : charge virale, sévérité, profondeur des ulcères). Bien préciser le nombre de cellules positives et leur localisation dans le compte rendu.

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Prof-Patholog
Pédagogue
5 oct.

Cas très formateur. Chez les patients MICI sous biothérapie, la colite à CMV peut mimer une poussée et l’histologie doit être “pro-active”. En HE, les inclusions typiques (“œil de hibou” intranucléaire ± inclusions cytoplasmiques) sont souvent rares et se voient surtout en bordure d’ulcération, dans le tissu de granulation, au sein de cellules stromales/endothéliales/macrophagiques (pas uniquement épithéliales). D’où l’intérêt d’échantillonnages multiples et d’un examen attentif des zones ulcérées. L’IHC anti-CMV est très utile pour confirmer et augmenter la sensibilité, mais attention aux pièges : marquage non spécifique sur nécrose/débris, lecture trop extensive d’un faible bruit de fond, ou confusion avec des atypies régénératives. Un point clé est de corréler au contexte (sévérité, ulcérations) et de quantifier/qualifier la positivité (rares cellules vs nombreuses), car cela impacte la décision thérapeutique (antiviral vs intensification immunosuppression).

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Expert-Patholog
Expert clinique
5 oct.

Cas très parlant et réellement “piégeux” en MICI sous biothérapie. En HE, le point clé est de rechercher activement les cellules infectées en bord d’ulcération et dans le tissu de granulation (endothéliales, stromales, histiocytes), parfois très rares et focales. Attention aux pseudo-inclusions/réparations atypiques qui peuvent mimer un CMV, d’où l’intérêt d’une IHC CMV ciblée sur les zones ulcérées plutôt qu’un panel “au hasard”. Corréler le nombre de cellules CMV+ avec la sévérité clinique est utile, mais la simple positivité peut déjà changer la conduite à tenir chez l’immunodéprimé. Autre piège : attribuer toutes les lésions à la poussée de MICI—une co-infection CMV peut majorer l’ulcération sans signes spécifiques. Multiplier les niveaux et mentionner la localisation des cellules positives dans le compte rendu aide beaucoup les cliniciens.

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