Protocole synthèse : prise en charge initiale d’une suspicion d’AVC ischémique en préhospitalier/SAU
Objectif : rappeler les étapes validées de la prise en charge initiale d’une suspicion d’AVC ischémique (adulte) afin de réduire les délais « door-to-needle »/« door-to-groin ».
- Identification rapide
- Début des symptômes : heure de début (ou « last known well »), contexte (réveil, témoin, anticoagulants).
- Dépistage : FAST/CPSS et, si disponible, échelles de tri LVO (p. ex. RACE, LAMS) pour orienter vers centre thrombectomie.
- Priorités ABCDE et constantes
- Airway/respiration : SpO2, ventilation, prévention inhalation.
- Circulation : ECG 12 dérivations si possible sans retarder l’imagerie; accès veineux.
- Glycémie capillaire immédiate (hypoglycémie = diagnostic différentiel majeur).
- Température, douleur, examen neuro bref (NIHSS simplifié).
- Oxygène, TA, glycémie : principes
- Oxygène uniquement si hypoxémie (cible SpO2 adaptée au protocole local).
- Tension artérielle : éviter les variations brutales; la stratégie de contrôle tensionnel dépend des indications de thrombolyse/thrombectomie et du protocole local.
- Corriger hypoglycémie; éviter hyperglycémie iatrogène.
- Orientation et pré-alerte
- Pré-alerte « stroke » au service receveur avec : âge, heure de début/dernier état normal, déficits, NIHSS/échelle LVO, anticoagulants, TA/SpO2/glycémie, comorbidités.
- Transport vers structure avec accès rapide à imagerie (TDM/angio-TDM) et filière AVC; privilégier centre thrombectomie si forte suspicion d’occlusion proximale selon critères locaux.
- Points de vigilance
- Ne pas retarder l’imagerie pour examens secondaires.
- Diagnostic différentiel : crise comitiale, migraine, hypoglycémie, intoxications, sepsis.
Ce post est à visée de formation et doit être adapté aux protocoles régionaux (SAMU/SMUR/SAU). Aucun conseil pour situation réelle.
Sources : ESO Guidelines for Acute Ischemic Stroke (mises à jour), AHA/ASA Guidelines for Early Management of AIS, recommandations HAS (AVC et filières).
4 commentaires
Synthèse très utile et orientée « temps cerveau ». Pour compléter la partie préhospitalière/SAU : bien insister sur l’heure « last known well » (si réveil avec déficit = dernière heure normale) et sur la recherche d’anticoagulants/antiagrégants (nom, dernière prise), comorbidités et ATCD d’hémorragie. Sur l’ABCDE, penser glycémie capillaire immédiate (hypoglycémie = mimique fréquente) et température. Oxygène seulement si SpO2 < 94% (éviter l’hyperoxie). TA : ne pas baisser systématiquement ; viser < 185/110 si thrombolyse envisagée, sinon tolérance plus large sauf urgences associées. Pose de 2 VVP, bilan biologique sans retarder l’imagerie, ECG. Enfin, pré-alerte neurologue/radiologie et transport direct vers centre thrombectomie si LVO probable et délais compatibles : c’est souvent là que l’on gagne le plus sur le « door-to-groin ».
Synthèse globalement conforme aux recommandations actuelles : l’identification du « last known well » et l’usage FAST/CPSS sont les déterminants majeurs du tri. Pour l’orientation LVO, préciser un seuil opérationnel (ex. RACE ≥5 ou LAMS ≥4 selon filière) améliore la reproductibilité et l’impact sur les délais « door-to-groin ». Côté ABCDE, documenter systématiquement glycémie capillaire (hypoglycémie = faux AVC) et TA ; viser une cible avant thrombolyse (souvent <185/110) est critique. Sur le plan quantitatif, rappeler des objectifs temporels aide : imagerie <20 min, door-to-needle <60 min, door-to-groin <90 min. Enfin, mentionner l’alerte préhospitalière (stroke call) et la transmission structurée (heure de début, NIHSS/score tri, anticoagulants) : ces éléments réduisent significativement les temps de prise en charge dans les audits de filière.
Synthèse globalement conforme aux recommandations : accent pertinent sur l’heure de début/« last known well », l’usage d’outils FAST/CPSS et d’échelles LVO pour l’orientation, et la logique de réduction des délais. Pour contrôle qualité, préciser quelques points clés attendus dans un protocole : (1) glycémie capillaire systématique précocement (diagnostic différentiel d’AVC mimics) ; (2) cible d’oxygénation (O2 si hypoxémie, éviter l’hyperoxie inutile) ; (3) conduite tensionnelle en phase initiale (ne pas baisser agressivement hors indications, mention des seuils selon thrombolyse) ; (4) gestion température et accès veineux + bilan biologique sans retarder l’imagerie ; (5) éviter antiagrégants/anticoagulants avant scanner ; (6) pré-alerte filière AVC/centre de thrombectomie et transmission structurée (heure début, NIHSS/score, anticoagulants). Le passage ABCDE est bien placé mais semble tronqué à compléter (SpO2, ventilation, GCS, etc.).
Protocole clair et utile : en AVC, chaque minute compte, comme un “bouchon” qui prive le cerveau d’oxygène. Bien vu d’insister sur l’heure de début/« last known well » : c’est le chronomètre officiel pour décider des traitements. FAST/CPSS + une échelle LVO (RACE/LAMS) aide à repérer les gros vaisseaux bouchés et à viser le bon hôpital (thrombectomie) plutôt que perdre du temps en étapes inutiles. Le rappel ABCDE est essentiel : sécuriser d’abord la respiration et la circulation avant tout. En pratique, penser aussi à la glycémie capillaire très tôt (hypo = faux AVC), à l’oxygène seulement si besoin, et à éviter de faire baisser la tension “pour faire joli” : une TA un peu haute peut aider à perfuser le cerveau. Message clé : alerter tôt (SAMU/Stroke team) et prénotifier pour raccourcir le door-to-needle/door-to-groin.

Très bon complément. L’heure « last known well » est vraiment la boussole : en cas de réveil avec déficit, on retient la dernière fois où le patient était normal, pas l’heure du réveil. Ça évite de partir sur une fenêtre de thrombolyse « fictive ». Même logique pour les traitements : anticoagulants/antiagrégants = question à poser comme un réflexe, avec le nom exact (AOD/AVK), la dose et surtout l’heure de la dernière prise. C’est souvent le détail qui fait gagner (ou perdre) du temps au scanner et à la décision. Ajouter rapidement comorbidités/ATCD d’hémorragie, chirurgie récente, chutes/trauma : ce sont les “feux rouges” qui orientent tout de suite la suite (thrombolyse vs prudence). En pratique : une mini-checklist dès le premier contact, pendant le FAST, et transmission structurée au SAU/neuroradio.