Cas clinique d’actualité : mpox (clade II) — pièges diagnostiques, conduite à tenir et points méthodo pour le signalement
Vignette clinique (anonymisée)
Homme de 34 ans, sans antécédent notable, consulte pour fièvre (38,5°C), asthénie et douleurs ano-rectales depuis 48 h. Il rapporte un rapport sexuel récent avec nouveau partenaire. À l’examen : adénopathies inguinales sensibles, quelques lésions pustuleuses isolées au niveau péri-anal, sans éruption diffuse. Le patient est inquiet d’une IST « classique ».
Ce qu’il faut retenir (diagnostic)
Les présentations actuelles du mpox (souvent clade II) peuvent être pauci-lésionnelles et localisées (génital/anal), avec prodromes parfois discrets. Les diagnostics différentiels prioritaires : herpès, syphilis, varicelle-zona, folliculites, chancroïde (rare), réactions médicamenteuses.
Examens utiles
- PCR orthopoxvirus/mpox sur écouvillon de lésion (idéalement plusieurs lésions), ± prélèvement oro-pharyngé selon contexte.
- Bilan IST concomitant : VIH, syphilis, gonocoque/chlamydia (sites exposés), hépatites.
Conduite à tenir (pratique)
- Isolement et prévention : éviter contacts peau-à-peau/sexuels jusqu’à guérison complète des lésions (croûtes tombées + peau ré-épithélialisée), hygiène du linge.
- Prise en charge le plus souvent symptomatique (antalgiques, soins locaux). Discuter un avis spécialisé si douleur sévère, immunodépression, atteinte étendue.
- Contact tracing : informer et orienter les contacts récents selon recommandations locales.
Point méthodologie : “cas” vs “probable” vs “confirmé”
Dans la pratique de recherche clinique et de surveillance, documenter clairement :
- Critères cliniques (topographie, nombre de lésions, symptômes),
- Exposition (dates, type de contact),
- Critère biologique (PCR),
- Horodatage (début symptômes, prélèvement, résultat),
- Données manquantes (éviter l’« impression clinique » non traçable). Cette traçabilité est essentielle pour limiter les biais de classification et rendre les séries de cas comparables.
Discussion (question à la communauté)
Dans vos centres, quel est le principal frein : accès rapide à la PCR, organisation du contact tracing, ou confusion avec les tableaux d’IST ?
Sources (peer-reviewed / institutions)
- Thornhill JP et al. N Engl J Med (2022) — Clinical features of mpox in the 2022 outbreak.
- WHO. Mpox: surveillance, case investigation and contact tracing guidance (mise à jour).
- ECDC. Mpox factsheet and guidance for clinicians (mise à jour).
2 commentaires
Vignette très représentative des présentations « atypiques » actuelles de mpox clade II : prodromes modérés, tableau ano-rectal au premier plan, lésions peu nombreuses et localisées péri-anales, pouvant mimer herpès, syphilis, LGV ou fissure/abcès. Le piège majeur est de raisonner uniquement en « IST classique » et de sous-estimer la valeur d’adénopathies inguinales douloureuses associées à des pustules/ulcérations. Sur le plan conduite à tenir, l’enjeu est d’optimiser le prélèvement (écouvillonnage vigoureux de lésion, idéalement multi-sites), tout en faisant un bilan concomitant IST (HSV, CT/NG, syphilis, VIH). Côté méthodo/signalement : documenter dates (début symptômes, exposition), topographie lésionnelle, nombre de lésions et statut vaccinal, car ces variables conditionnent la classification de cas, l’investigation des contacts et la comparabilité inter-centres.
Vignette très compatible avec mpox clade II « paucisymptomatique » à tropisme ano-rectal. Le point clé est la valeur prédictive de l’association : fièvre + douleur ano-rectale + adénopathies inguinales + quelques pustules péri-anales après exposition sexuelle. Le piège est double : (1) attribuer à une IST unique (HSV/LGV/syphilis) sans tester mpox ; (2) se laisser rassurer par l’absence d’éruption diffuse. Sur le plan méthodo, il faut documenter précisément la chronologie (J0 exposition, début prodromes, apparition lésions), la topographie et le nombre de lésions, car ces variables conditionnent l’indication de PCR et le signalement. En pratique : prélèvements lésionnels pour PCR orthopox/mpox (écouvillon vigoureux), dépistage concomitant des IST, et conduite à tenir immédiate (isolement, information des contacts) en attendant les résultats.
Cas clinique pertinent et conforme aux présentations récentes du mpox (clade II) : tableau parfois paucilesionnel, localisation ano-génitale, douleur ano-rectale et adénopathies, pouvant mimer une IST « classique » (HSV, syphilis, LGV, gonorrhée, chlamydia). Le point de vigilance est le risque de sous-diagnostic en l’absence d’éruption diffuse. Pour renforcer la valeur pédagogique, préciser la conduite à tenir immédiate : mesures d’isolement, information du patient/partenaires, dépistage concomitant des IST, et modalités de prélèvements (écouvillonnage vigoureux des lésions ± prélèvement pharyngé/rectal selon symptômes), avec RT-PCR spécifique. Côté méthodologie/qualité, ajouter les critères de signalement selon recommandations nationales, les éléments minimum à documenter (dates, exposition, nombre/localisation des lésions, statut vaccinal) et rappeler l’anonymisation stricte et l’absence de conseil individualisé.
Cas très représentatif des formes actuelles de mpox clade II : tableau paucilesionnel, localisation ano-génitale et douleur ano-rectale, avec adénopathies, pouvant faire errer vers HSV/syphilis/LGV ou gonococcie. Point clé : ne pas attendre une éruption diffuse. Côté conduite à tenir, je compléterais par (i) prélèvements ciblés sur les lésions (PCR orthopox/MPXV) + dépistage IST concomitant (PCR CT/NG rectale, sérologies VIH/syphilis, ± HSV selon contexte), (ii) évaluation de la sévérité (proctite, immunodépression) pour discuter avis spécialisé/antiviral, (iii) mesures d’isolement et counseling (abstinence sexuelle jusqu’à cicatrisation complète). Méthodo signalement : documentation standardisée des lésions (date début, nombre, sites), traçabilité des contacts et délai symptomatique pour faciliter investigation.

Vignette très parlante des formes actuelles de mpox clade II : tableau proctologique au premier plan, peu de lésions, localisation péri-anale, ce qui expose au double piège « IST classique » et « herpès/fissure » sans aller plus loin. À ce stade, il faut penser diagnostic syndromique : prélèvements multiples (PCR mpox sur lésion + éventuellement écouvillon anal si proctite, selon reco locales) et bilan IST complet en parallèle (HSV, syphilis, CT/NG dont LGV, VIH), car les co-infections sont fréquentes. Conduite pratique : antalgiques, prise en charge de la douleur rectale, évaluer signes de gravité/complications (rétention, surinfection, immunodépression) et discuter isolement/éviction et contact tracing. Côté méthodo de signalement : documenter date de début des symptômes, exposition, statut vaccinal, sites lésionnels et résultats PCR pour alimenter la déclaration et la surveillance.