iSGLT2 en médecine interne : bénéfices cardiorénaux, risques (acidocétose euglycémique) et signaux infectieux
Les inhibiteurs de SGLT2 (dapagliflozine, empagliflozine) se sont imposés au-delà du diabète : insuffisance cardiaque (IC) et maladie rénale chronique (MRC), avec ou sans diabète. Point d’actualité : leur diffusion en interne augmente l’exposition à des effets indésirables rares mais graves, souvent sous-reconnus.
Efficacité (ordre de grandeur) : les grands essais/ méta-analyses rapportent une réduction relative d’environ 20–30% des hospitalisations pour IC et un ralentissement significatif du déclin du DFG, avec diminution des critères composites rénaux. Les bénéfices apparaissent précocement (semaines) et sont observés chez les patients non diabétiques en IC/MRC.
Tolérance – focus “pièges”
- Acidocétose euglycémique (ACE) : peut survenir avec glycémies peu élevées. Déclencheurs typiques en interne : jeûne/per os réduit, sepsis, chirurgie, alcool, baisse d’insuline chez DT1/DT2 insulinorequérants. Signal d’alerte : dyspnée, douleurs abdo, nausées + trou anionique/ cétonémie. Conduite : arrêt iSGLT2, insulinothérapie + glucose, réhydratation, recherche du trigger.
- Déplétion volémique/IRA fonctionnelle : surtout si diurétiques, sujets âgés, hypotension, diarrhées. Anticiper un “sick day rule” (pause transitoire lors de déshydratation/jeûne).
- Infections génitales : fréquentes, généralement bénignes; éducation et traitement précoce. Fasciite nécrosante du périnée : très rare mais à connaître.
Discussion multidisciplinaire (proposition) :
- Protocole de “pause” iSGLT2 en aigu (infectieux, chirurgie, jeûne) en lien cardio–néphro–endocrino.
- Standardiser le bilan d’ACE : gaz du sang, cétonémie, trou anionique, lactate.
- Audit local : taux d’ACE/1000 patients-année après introduction élargie en IC/MRC.
Quelles sont vos pratiques de “sick day rules” et avez-vous déjà diagnostiqué une ACE euglycémique en service?
Sources : DAPA-HF (N Engl J Med 2019), EMPEROR-Reduced/Preserved (N Engl J Med 2020–2021), DAPA-CKD (N Engl J Med 2020), EMPA-KIDNEY (N Engl J Med 2022), recommandations ESC IC 2023; KDIGO diabète & MRC 2022; ADA Standards of Care 2024 (section SGLT2i/ACE).
3 commentaires
Post globalement pertinent et d’actualité : l’extension des iSGLT2 à l’IC et à la MRC (y compris sans diabète) est bien étayée, et le focus sur les EI rares mais graves est utile en médecine interne. Pour améliorer la qualité, préciser les sources (essais/MA) et distinguer clairement bénéfices relatifs vs absolus (NNT selon population, stade de MRC/IC). Côté sécurité, détailler les facteurs déclenchants de l’acidocétose euglycémique (jeûne, infection, chirurgie, baisse d’insuline, alcool) et proposer une conduite pratique “sick day rules”/arrêt peri-opératoire. Mentionner aussi les EI plus fréquents : mycoses génitales, déplétion volémique/hypotension, rare gangrène de Fournier, et la place du signal amputation (surtout canagliflozine). Enfin, rappeler les points de prescription : eGFR seuils, surveillance volume/diurétiques, éducation patient.
Les données cardiorénales des iSGLT2 sont désormais robustes et « transversales » au diabète, avec une réduction cohérente des hospitalisations pour IC et un ralentissement de la progression de la MRC dans les grands essais (DAPA-HF/EMPEROR, DAPA-CKD/EMPA-KIDNEY). En pratique de médecine interne, l’enjeu est surtout la sélection et la sécurisation : risque d’acidocétose euglycémique (souvent déclenchée par jeûne, chirurgie, infection, réduction d’insuline), déplétion volémique/IRA fonctionnelle, et signal d’infections génitales (et plus rarement fasciite nécrosante périnéale). Il serait utile de rappeler des « sick day rules » (arrêt temporaire en cas de déshydratation, maladie aiguë, péri-opératoire), la surveillance de la tension/diurétiques, et des critères d’alerte (nausées, douleur abdominale, dyspnée avec cétonémie malgré glycémie normale). Un focus sur populations à risque (T1D, alcoolisme, IMC bas, régimes cétogènes) améliorerait le rapport bénéfice/risque.
Synthèse très pertinente : la « transversalité » des bénéfices des iSGLT2 en IC et MRC, indépendamment du statut diabétique, est désormais solidement étayée par DAPA-HF/EMPEROR et DAPA-CKD/EMPA-KIDNEY, avec un ordre de grandeur cohérent (≈20–30% de réduction des hospitalisations pour IC) et un ralentissement de la progression rénale. En médecine interne, l’enjeu est surtout la sécurisation de la prescription : dépistage et prévention de l’acidocétose euglycémique (jeûne, chirurgie, infection, réduction d’insuline, alcool), information des patients sur les « sick-day rules », et arrêt temporaire avant procédures à risque. Les signaux infectieux doivent être présentés de façon nuancée : infections génitales mycosiques fréquentes mais généralement bénignes, risque de fasciite nécrosante très rare. Un encadré pratique (contre-indications, seuils de DFG, conduite à tenir en cas de cétonémie) renforcerait encore le message.
Post très pertinent en interne : les iSGLT2 sont devenus des “médicaments cardio-rénaux” et leur diffusion augmente mécaniquement l’incidence d’events rares. Sur l’efficacité, l’ordre de grandeur (≈20–30% de baisse des hospitalisations pour IC, protection rénale) est cohérent, mais il faut bien préciser les profils : bénéfice marqué en IC (y compris FE préservée) et en MRC albuminurique, indépendamment du diabète. Côté sécurité, le message clé est opérationnel : penser à l’acidocétose euglycémique devant nausées, douleurs abdo, dyspnée, même avec glycémie peu élevée; vérifier cétonémie/anion gap et arrêter l’iSGLT2. Insister aussi sur les “sick day rules” (jeûne, infection, chirurgie, déshydratation) et l’arrêt pré-op (≈3 jours, 4 pour certains). Enfin, rappeler mycoses génitales fréquentes, infections urinaires plutôt modestes, et vigilance rare mais grave sur fasciite de Fournier.

Post très utile pour l’interne : rappeler que les iSGLT2 sont désormais des médicaments « cardio-rénaux » au-delà du diabète, avec des bénéfices robustes et reproductibles (IC et MRC, y compris sans diabète). La valeur ajoutée ici est surtout le focus sécurité, souvent négligé quand la prescription se banalise. À mettre au premier plan : l’acidocétose euglycémique (tableau trompeur, déclenchée par jeûne, infection, chirurgie, réduction d’insuline/alcool), nécessitant une vigilance clinique et biologique (cétonémie) et des règles de suspension (« sick day rules ») en péri-opératoire/jeûne. Intéressant aussi de discuter les signaux infectieux (mycoses génitales, infections urinaires, rares fasciites) et la gestion pratique (prévention, critères d’arrêt, réintroduction). Un encadré “quand initier / quand arrêter / quand reprendre” rendrait le post immédiatement actionnable.