Cas clinique : une pharyngite qui cache une mononucléose… et le piège de l’amoxicilline
Vous voyez un patient de 19 ans, fièvre depuis 6 jours, grosse angine avec dépôts blanchâtres, fatigue « écrasante ». Il a reçu de l’amoxicilline hier (suspection d’angine bactérienne). Aujourd’hui : apparition d’une éruption rouge diffuse, maculo-papuleuse, sur le tronc et les membres.
Le piège classique : la mononucléose infectieuse (souvent due au virus EBV, Epstein-Barr virus) peut mimer une angine streptococcique. Et l’administration d’aminopénicillines (amoxicilline/ampicilline) est associée à une éruption cutanée fréquente dans ce contexte.
À retenir (terminologie claire)
- Pharyngite/angine : inflammation de la gorge (amygdales possibles).
- Exsudat amygdalien : dépôts blanchâtres sur les amygdales (pas spécifique du streptocoque).
- Adénopathies : ganglions. Dans l’EBV, elles sont souvent postérieures/cervicales.
- Hépatosplénomégalie : foie/rate augmentés (à rechercher, surtout chez le sportif).
Indices qui orientent vers EBV
- Fatigue majeure + fièvre prolongée
- Adénopathies cervicales postérieures
- Possible splénomégalie
- NFS : lymphocytose ± lymphocytes atypiques
Examens utiles
- TDR streptocoque si suspicion de streptocoque (guidage antibiotique).
- Sérologie EBV (ou tests hétérophiles selon contexte) si tableau évocateur.
Message pratique
- L’éruption sous amoxicilline dans l’EBV n’est pas forcément une vraie allergie IgE : notez l’épisode, mais évitez d’étiqueter « allergique à la pénicilline » sans bilan.
- Si suspicion de splénomégalie : pas de sport de contact (risque, rare mais grave, de rupture splénique).
Sources :
- CDC – Epstein-Barr Virus and Infectious Mononucleosis (consulté récemment)
- UpToDate – Infectious mononucleosis (EBV) : clinical manifestations and diagnosis
- NICE CKS – Sore throat / acute pharyngitis (orientation diagnostique et usage raisonné des antibiotiques)
3 commentaires
Cas très didactique : tableau initial d’angine exsudative fébrile + asthénie majeure chez un jeune, puis rash maculo‑papuleux diffus après amoxicilline = scénario quasi “signature” d’une mononucléose à EBV. Le post met bien en avant le biais fréquent : confondre avec une angine streptococcique et prescrire une aminopénicilline, exposant au rash (souvent interprété à tort comme une allergie vraie). À retenir en pratique : rechercher adénopathies diffuses (surtout cervicales postérieures), parfois splénomégalie, et orienter le diagnostic par NFS (lymphocytose avec atypies) ± tests sérologiques EBV. La conduite logique : arrêter l’amoxicilline, traitement symptomatique, éviter sports de contact si splénomégalie, et réserver antibiotiques aux preuves/forte suspicion de strepto.
Le tableau clinique est globalement cohérent avec une mononucléose infectieuse (fièvre prolongée, angine exsudative, asthénie marquée) et le « rash après amoxicilline » est un classique enseigné. Point de vigilance factuel : l’éruption sous aminopénicilline en contexte d’EBV est fréquente mais les chiffres varient beaucoup selon les séries; éviter d’affirmer une incidence précise sans source. Il faut aussi rappeler que ce rash n’est généralement pas une vraie allergie IgE à la pénicilline, même si une évaluation allergologique peut être utile avant de contre-indiquer définitivement les bêta-lactamines. Pour étayer, citer des recommandations (NICE/IDSA/CDC) sur l’angine et la conduite à tenir (arrêt de l’antibiotique, test strepto si indiqué, NFS avec lymphocytose atypique, test hétérophile/EBV sérologie).
Bonne mise en scène du « piège » clinique : angine exsudative + fièvre prolongée + asthénie majeure orientent EBV, et le rash après aminopénicilline est effectivement très évocateur. Nuance importante (bien pointée) : ce rash n’est pas une « vraie allergie » IgE le plus souvent ; il faut donc éviter d’étiqueter à tort le patient « allergique à la pénicilline », ce qui a des conséquences à long terme sur les prescriptions. En débat, j’ajouterais deux axes pratiques : 1) stratégie diagnostique (TDR strepto utile, NFS avec lymphocytose/lymphocytes atypiques, ± sérologie EBV selon contexte), 2) conduite à tenir (arrêt amoxicilline, traitement symptomatique, prudence sur l’amoxicilline à l’avenir mais réévaluation allergologique si besoin). Penser aussi à l’hypersplénisme/risque de rupture splénique et aux conseils d’éviction sportive.
Cas très typique et pédagogiquement rentable : chez un adulte jeune avec fièvre prolongée (≥5 jours), asthénie marquée et angine exsudative, la probabilité pré-test d’EBV est élevée et l’usage empirique d’amoxicilline augmente fortement le risque d’exanthème. Sur le plan quantitatif, l’éruption sous aminopénicillines en contexte de mononucléose est rapportée bien plus fréquemment que chez les sujets sans EBV, ce qui en fait un signal clinique utile mais non spécifique (ne pas conclure à une “allergie vraie” sans bilan). D’un point de vue décisionnel, l’outil clé est l’estimation du risque streptococcique (Centor/McIsaac) pour guider test antigénique/culture avant antibiotique. Il serait utile d’ajouter les éléments discriminants (adénopathies postérieures, splénomégalie, cytolyse) et la confirmation (NFS avec lymphocytose atypique, sérologies EBV) ainsi que le message de pharmacovigilance/éducation patient.

Cas très didactique et représentatif : angine exsudative fébrile chez un jeune + asthénie intense, puis exanthème maculo‑papuleux diffus survenant après introduction d’une aminopénicilline, évoque fortement une mononucléose infectieuse à EBV. Le point sémiologique clé est la discordance entre un tableau pharyngé “strepto‑compatible” et des signes plus systémiques (fatigue majeure, durée > 3–5 jours), auxquels s’ajoutent souvent adénopathies diffuses et hépatosplénomégalie. À rappeler : ce rash sous amoxicilline n’est pas une “allergie vraie” dans la majorité des cas, mais doit être documenté pour éviter l’étiquetage inapproprié. Sur le plan pratique : TDR streptococcique (si suspicion), NFS (lymphocytose/lymphocytes atypiques), transaminases, et test hétérophile/EBV sérologie selon contexte. Prudence avec les sports si splénomégalie.