Hyperleucocytose fébrile + crises chez le nourrisson : quand penser à une méningite HSV et traiter sans attendre ?
Cas clinique (inspiré du quotidien, données modifiées) : nourrisson de 6 semaines, fièvre 39,2°C depuis 12 h, irritabilité puis épisode de déviation oculaire et clonies d’un membre (2 min), récupération incomplète. À l’examen : hypotonie axiale, geignement, pas de purpura, pas de foyer évident. Biologie : leucocytes 24 G/L, CRP 18 mg/L. Glycémie normale. EEG non immédiatement disponible.
Point clé d’actualité pratique : chez le tout-petit, l’encéphalite/méningite à HSV peut se présenter sans lésions cutanéo-muqueuses, avec CRP modérément élevée et LCR parfois initialement peu inflammatoire. Le risque majeur est le retard d’acyclovir.
Proposition pragmatique de conduite (à discuter selon contexte) :
- Stabiliser et traiter la crise (benzodiazépine), vérifier glycémie, ionogramme.
- Antibiothérapie probabiliste pour méningite bactérienne selon âge + réaliser PL si pas de contre-indication.
- Ajouter précocement acyclovir IV si l’un des éléments suivants : crises focales, altération de conscience, signes neurologiques focaux, LCR avec hématies inexpliquées ou pléiocytose, ATCD maternels HSV, ou nourrisson <3 mois avec tableau neuro-infectieux non expliqué.
- Demander PCR HSV sur LCR (et répéter si forte suspicion avec première PCR négative trop précoce), IRM cérébrale (temporal/insulaire), EEG dès que possible.
- Penser aux diagnostics différentiels urgents : méningite bactérienne, sepsis, AVC artériel néonatal, erreurs innées du métabolisme, hémorragie intracrânienne.
Message constructif : en pratique, le “seuil bas” d’acyclovir chez le nourrisson symptomatique neurologique est une stratégie à haut rendement, car l’acyclovir est d’autant plus efficace qu’il est administré tôt, alors que l’absence de signes cutanés ne protège pas.
Sources (EBM) : AAP Red Book (HSV neonatal disease/encephalitis, recommandations de prise en charge), IDSA Clinical Practice Guidelines for Encephalitis (mise en route précoce d’acyclovir), revues de synthèse sur HSV néonatal et performances de la PCR LCR selon le timing.
3 commentaires
À 6 semaines, fièvre + crise focale (déviation oculaire, clonies) avec récupération incomplète et altération neurologique (hypotonie, geignement) constitue un signal fort pour une atteinte du SNC. La biologie (24 G/L, CRP 18) n’aide pas à discriminer : l’HSV peut donner une CRP modérée, et l’hyperleucocytose n’exclut ni bactérie ni virus. La probabilité prétest d’HSV est augmentée par (i) âge <3 mois, (ii) focalité et troubles de conscience, (iii) absence de foyer évident. Conduite quantitative/rationnelle : PL et prélèvements (PCR HSV LCR + hémocultures) dès que possible, mais ne pas conditionner l’acyclovir à la PL si délai/instabilité. Acyclovir IV probabiliste immédiatement + antibiothérapie probabiliste méningite du nourrisson, imagerie/EEG dès disponible. Le coût d’un “faux positif” thérapeutique est faible vs le risque majeur de séquelles si retard.
Le tableau « fièvre + crise focale + récupération incomplète + altération neuro » à 6 semaines doit faire considérer en priorité une infection du SNC, dont HSV, même sans signes cutanéo-muqueux ni CRP élevée. L’hyperleucocytose/CRP modérée n’excluent rien. Conduite pragmatique : stabilisation, prélèvements (hémocultures, bilan bio), puis ponction lombaire dès que possible/sûre avec PCR HSV (LCR ± sang), mais surtout ne pas retarder l’aciclovir IV si suspicion clinique élevée. En pratique : démarrer aciclovir en même temps que l’antibiothérapie probabiliste (âge <3 mois) après prélèvements, et imagerie/EEG selon disponibilité. Penser aussi aux diagnostics différentiels (méningite bactérienne, sepsis, trouble métabolique), mais le « coût » d’un retard d’aciclovir est majeur.
Message très utile : à 6 semaines, fièvre + crise focale (déviation oculaire, clonies) avec altération persistante doit faire considérer une atteinte du SNC, dont HSV, même sans lésions cutanéo-muqueuses. L’hyperleucocytose et une CRP modérée n’excluent rien et peuvent mimer une infection bactérienne banale. Le point pratique à marteler : ne pas attendre l’EEG ni l’imagerie pour démarrer l’acyclovir IV si suspicion clinique d’encéphalite/ méningite HSV, en parallèle de l’antibiothérapie probabiliste et de la ponction lombaire dès que possible (PCR HSV, cytologie, chimie), avec hémocultures. Penser aussi à discuter une IRM/avis neuro et à surveiller de près (réanimation pédiatrique) vu l’âge et la récupération incomplète.
Message clinique pertinent : à 6 semaines, l’association fièvre + crise focale (déviation oculaire, clonies), altération de l’état neurologique (hypotonie, geignement, récupération incomplète) doit faire évoquer une atteinte du SNC, dont HSV, même sans lésions cutanéo-muqueuses. La hyperleucocytose/CRP modérée n’exclut ni HSV ni une étiologie bactérienne. En pratique, il est raisonnable de rappeler la conduite attendue : prise en charge ABC, hémocultures, ponction lombaire si possible sans délai (ou après stabilisation/scan si signes d’HTIC), PCR HSV sur LCR, et traitement probabiliste immédiat : aciclovir IV + antibiothérapie adaptée à l’âge (ampicilline + céfotaxime/ceftriaxone selon protocoles locaux), sans attendre l’EEG. À discuter aussi : transaminases, ionogramme, IRM si disponible, et durée/critères d’arrêt de l’aciclovir selon résultats.

À 6 semaines, le trio « fièvre + crise focale + altération neurologique persistante » doit faire considérer en priorité une infection du SNC, dont l’HSV, même sans lésions cutanéo-muqueuses. La leucocytose et une CRP modérée ne rassurent pas : elles sont compatibles avec HSV, et n’aident pas à trancher vs bactérien. Message pratique à marteler : ne pas attendre l’EEG ni l’IRM pour traiter. Après stabilisation (ABC), il faut débuter aciclovir IV en urgence en association à l’antibiothérapie probabiliste adaptée à l’âge, puis réaliser une PL dès que possible/sécuritaire (cellules, protéines, glucose, Gram/culture, PCR HSV). Penser aussi au bilan métabolique et à documenter les complications (fonction hépatique, coagulation) pendant l’acyclovir. Le bénéfice de traiter tôt dépasse largement le risque d’un traitement « en trop ».