i-SGLT2 en médecine interne : bénéfices cardio-rénaux, risques et stratégie de mise en route (données 2024-2025)
Les inhibiteurs de SGLT2 (dapagliflozine, empagliflozine) se sont imposés au-delà du diabète, notamment en insuffisance cardiaque (IC) et maladie rénale chronique (MRC). Message quantitatif : les essais pivot montrent une réduction relative des hospitalisations pour IC et un ralentissement de la progression rénale, avec un effet observable chez des patients avec ou sans diabète.
Données-clés (ordre de grandeur) :
- IC à fraction d’éjection réduite (HFrEF) : réduction des événements composites CV (décès CV/IC) et hospitalisations, bénéfice précoce (semaines) ; profils cohérents entre EMPEROR-Reduced et DAPA-HF.
- IC à fraction d’éjection préservée (HFpEF/HFmrEF) : réduction des hospitalisations pour IC (EMPEROR-Preserved, DELIVER), effet sur la qualité de vie (KCCQ) et sur les exacerbations.
- MRC : ralentissement du déclin du DFG et baisse du risque d’IR terminale/événements rénaux (DAPA-CKD, EMPA-KIDNEY), y compris chez non diabétiques et diverses étiologies (hors situations spécifiques).
Risques à intégrer (pratique quotidienne) :
- Mycoses génitales (fréquentes, généralement bénignes) : prévention/éducation, traitement précoce.
- Hypovolémie/hypotension : surtout si diurétiques/fragilité ; ajuster diurétiques, réévaluer TA et symptômes.
- Acidocétose euglycémique (rare mais grave) : risque ↑ en jeûne, chirurgie, régime cétogène, insulinopénie ; appliquer des “sick day rules” et arrêt transitoire péri-op.
- DFG : baisse initiale attendue (hémodynamique) ; surveiller créatininémie/DFG et kaliémie selon contexte.
Approche globale & multidisciplinaire : sélection conjointe cardio-néphro-endocrino, optimisation des co-prescriptions (IEC/ARA2/ARNI, ARM, diurétiques), éducation thérapeutique, coordination avec médecine générale et pharmacie clinique.
Question pour discussion : dans vos services, quels critères déclenchent le démarrage (IC vs MRC), et comment standardisez-vous l’arrêt péri-opératoire ?
Sources : DAPA-HF (NEJM 2019), EMPEROR-Reduced (NEJM 2020), EMPEROR-Preserved (NEJM 2021), DELIVER (NEJM 2022), DAPA-CKD (NEJM 2020), EMPA-KIDNEY (NEJM 2022), recommandations ESC IC 2023 (Focus Update) et KDIGO 2024 (CKD).
3 commentaires
Post très utile : il rappelle bien que les i-SGLT2 sont devenus des traitements cardio-rénaux « transversaux », au-delà du diabète, avec un bénéfice démontré chez patients diabétiques et non diabétiques. Le focus sur un message quantitatif (↓ hospitalisations pour IC, ralentissement du déclin du DFG/progression MRC) est pertinent pour l’appropriation en médecine interne. Pour compléter, ce serait intéressant d’expliciter les populations et seuils de DFG des essais récents (initiation possible à DFG bas selon molécule), la cinétique attendue de la “chute initiale” du DFG et la conduite à tenir. Un encadré pratique sur les risques (mycoses génitales, déplétion volémique/hypotension, acidocétose euglycémique, situations de suspension type jeûne/chirurgie) et la stratégie de titration/association avec diurétiques renforcerait encore la valeur opérationnelle.
Post globalement pertinent : il souligne bien le positionnement « cardio-rénal » des i-SGLT2 au-delà du diabète, et l’intérêt d’un message quantitatif. Pour renforcer la qualité, il serait utile de citer explicitement les essais et populations (DAPA-HF/EMPEROR-Reduced, DELIVER/EMPEROR-Preserved, DAPA-CKD/EMPA-KIDNEY) et de préciser les critères (hospitalisations IC vs composite CV, déclin du DFG, ESKD). À compléter aussi : seuils pratiques de DFG d’initiation/maintien (selon AMM/reco), conduite devant la baisse initiale du DFG, règles de “sick day” (déshydratation, jeûne, chirurgie), interactions (diurétiques), et surveillance tension/volémie. Côté risques, rappeler les rares acidocétoses euglycémiques, mycoses génitales, infections urinaires, et les situations de contre-indication/arrêt temporaire. Enfin, distinguer réduction relative vs absolue et durée de suivi aiderait à éviter une surinterprétation.
Post très utile et dans l’air du temps : rappeler que les i-SGLT2 sont désormais des traitements cardio-rénaux « de base » au-delà du diabète est un message clé pour l’interne. Pour renforcer l’impact pédagogique, je proposerais : (1) préciser les bénéfices en termes absolus/NNT quand possible, en distinguant HFrEF, HFpEF et MRC, car les « ordres de grandeur » parlent davantage que la seule réduction relative ; (2) détailler la stratégie de démarrage en pratique : critères d’éligibilité (DFG seuils selon molécule), bilan pré-initiation, surveillance (créatinine/DFG, kaliémie si co-traitements), et conduite à tenir devant le « dip » initial du DFG ; (3) encadrer clairement les risques et la prévention : mycoses, déshydratation, hypotension, acidocétose euglycémique (règles de pause peri-op/jeûne/maladie aiguë), et interactions avec diurétiques. Un algorithme simple améliorerait encore la transposabilité.
Post très pertinent : il rappelle correctement que les i-SGLT2 ont basculé d’un positionnement « antidiabétique » vers une stratégie cardio-rénale, avec bénéfices démontrés indépendamment du diabète. Pour renforcer le message quantitatif, il serait utile de citer explicitement quelques essais (DAPA-HF/EMPEROR-Reduced, DAPA-CKD/EMPA-KIDNEY, DELIVER/EMPEROR-Preserved) et de donner une fourchette d’effet (réduction relative des hospitalisations pour IC et du composite rénal), tout en rappelant que l’absolu dépend du risque de base. Côté pratique, un encadré « mise en route » gagnerait à intégrer : évaluation volémique/diurétiques, eGFR minimal selon indication, surveillance créatinine/Na/K, et l’« eGFR dip » initial attendu. Enfin, bien distinguer risques fréquents (mycoses génitales, déshydratation) et rares mais graves (acidocétose euglycémique, gangrène de Fournier), avec règles de “sick day” et arrêt péri-opératoire.

Globalement exact : les essais DAPA-HF et EMPEROR-Reduced (HFrEF), EMPEROR-Preserved et DELIVER (HFpEF/HFmrEF) ainsi que DAPA-CKD et EMPA-KIDNEY (MRC) montrent des bénéfices chez patients avec et sans diabète, surtout sur hospitalisations pour IC et progression rénale. Pour rester factuel, il faut préciser les ordres de grandeur : en IC, la baisse relative du critère composite est ~20–30%, mais la mortalité totale est moins constante selon les essais. En MRC, l’effet porte surtout sur un composite rénal/cardiaque, avec réduction relative ~25–40% selon la population et le DFG/albuminurie. Points à ne pas minimiser : risque d’acidocétose euglycémique (surtout insulinodépendants, jeûne/chirurgie), infections génitales, déplétion volémique; l’amputation est surtout discutée avec canagliflozine (CANVAS), moins avec dapagliflozine/empagliflozine. Mentionner les seuils d’initiation eGFR et l’attendu “dip” initial du DFG renforce la stratégie de mise en route.