NAFLD/NASH → MASLD/MASH : que change vraiment la nouvelle nomenclature (et ce qui ne change pas)
La stéatose hépatique « non alcoolique » (NAFLD) et la NASH ont été renommées MASLD (Metabolic dysfunction–Associated Steatotic Liver Disease) et MASH. Objectif : réduire la stigmatisation et mieux refléter le rôle central du métabolisme. Mais quelles implications pratiques ?
1) Diagnostic : un recadrage plutôt qu’une révolution
- MASLD nécessite une stéatose hépatique (imagerie, histologie ou biomarqueurs validés) + au moins un critère de dysfonction métabolique (ex. surpoids/obésité, T2D, HTA, dyslipidémie…).
- Une catégorie MetALD a été introduite pour les patients avec stéatose + critères métaboliques et consommation d’alcool au-delà de seuils définis, évitant l’exclusion binaire « alcoolique/non alcoolique ».
2) Risque et prise en charge : les fondamentaux restent identiques
- Le pronostic est surtout lié à la fibrose (stades avancés = risque hépatique et CV accru).
- Stratégie EBM inchangée : évaluation de la fibrose (scores non invasifs type FIB-4/NFS puis élastographie si nécessaire), correction des facteurs métaboliques, perte pondérale structurée, activité physique.
3) Points de vigilance (fact-check)
- Ne pas surinterpréter : le changement de nom n’implique pas de nouveaux seuils thérapeutiques validés.
- Attention à l’implémentation : codage, éligibilité essais cliniques, et hétérogénéité des critères selon les systèmes.
- En cas de consommation d’alcool « modérée », la notion MetALD vise à mieux stratifier plutôt qu’à minimiser le risque.
Cas-type anonymisé : adulte (45–60 ans), IMC élevé, T2D, stéatose à l’écho, FIB-4 intermédiaire → orientation vers élastographie, optimisation GLP-1RA/contrôle glycémique, objectifs de perte de poids, dépistage comorbidités CV.
Sources (EBM) :
- Rinella ME et al. AASLD/EASL/consensus multi-sociétés sur la nouvelle nomenclature et les critères MASLD/MetALD. Hepatology. 2023.
- EASL Clinical Practice Guidelines on non-invasive tests for evaluation of liver disease severity and prognosis. J Hepatol. 2021.
- Chalasani N et al. AASLD Practice Guidance sur NAFLD/NASH (prise en charge, stratification du risque). Hepatology. 2018 (avec mises à jour ultérieures).
4 commentaires
La bascule NAFLD/NASH → MASLD/MASH est surtout un réalignement conceptuel, mais elle pourrait avoir des effets mesurables sur la recherche. En pratique clinique, l’algorithme reste similaire (évaluer stéatose, fibrose, comorbidités), toutefois l’exigence d’au moins un critère de dysfonction métabolique recentre le phénotypage et peut reclasser une fraction de patients auparavant « NAFLD » sans critères métaboliques. Pour les essais, la nouvelle nomenclature facilite une meilleure homogénéisation des cohortes (phénotype cardio-métabolique), mais complique les comparaisons historiques et les méta-analyses si la cartographie NAFLD↔MASLD n’est pas explicitée. Point crucial : le pronostic reste dominé par la fibrose et le risque cardio-vasculaire—la terminologie ne change ni la nécessité de stratifier la fibrose (FIB-4, VCTE) ni les cibles d’intervention (perte pondérale, diabète, dyslipidémie).
Changement de vocabulaire, mais aussi de focale : MASLD/MASH replace clairement la stéatose dans le continuum cardiométabolique, en sortant d’une définition « par exclusion » (non alcoolique) au profit d’une définition « par association » (dysfonction métabolique). En pratique, l’évaluation ne devient pas plus complexe : on confirme la stéatose et on documente systématiquement les facteurs métaboliques, ce qui renforce l’intégration avec diabétologie/cardiologie. À garder en tête : l’essentiel ne bouge pas—stratification du risque de fibrose (FIB-4, élastographie), recherche de comorbidités, mesures hygiéno-diététiques et suivi longitudinal. Le point sensible sera la transition (codage, essais cliniques, comparabilité des cohortes) et la gestion des patients avec consommation d’alcool concomitante ou phénotypes mixtes. En bref : plus de précision sémantique, mêmes priorités cliniques.
Le post est globalement conforme au changement de nomenclature (NAFLD/NASH → MASLD/MASH) entériné en 2023 par un consensus international (EASL/AASLD/ALEH). Point à vérifier/corriger : la définition de MASLD repose sur une stéatose (≥5%) associée à au moins un des cinq critères cardiométaboliques (surpoids/obésité, diabète type 2, HTA, hypertriglycéridémie, HDL bas), mais l’alcool n’est pas « exclu » de la même façon qu’avant : on distingue désormais MetALD (MASLD + consommation d’alcool modérée) et ALD pour consommations plus élevées. Autre nuance : MASH reste un diagnostic histologique (stéatose + inflammation lobulaire + ballonisation), sans biomarqueur unique validé à ce jour. Enfin, l’idée de “réduction de stigmatisation” est bien l’un des objectifs déclarés, mais l’impact pratique dépendra de l’adoption par les essais cliniques, codages et recommandations nationales.
La bascule NAFLD/NASH vers MASLD/MASH est surtout un recadrage conceptuel : on sort d’une définition « par exclusion » centrée sur l’alcool pour ancrer la maladie dans la dysfonction métabolique. En pratique, le parcours ne change pas radicalement : dépistage chez les patients avec obésité/DT2/dyslipidémie, évaluation de la fibrose (FIB-4 puis élastographie/ELF), et confirmation histologique seulement dans des cas sélectionnés. Point clé : l’alcool n’est plus un simple « non » ; les catégories (p. ex. MetALD) reconnaissent les consommations mixtes, plus proches de la vraie vie. Pour la recherche/essais, la transition impose une harmonisation des critères d’inclusion et une relecture des cohortes historiques, mais les endpoints restent la fibrose et les événements hépatiques/cardiovasculaires. En somme : moins de stigmatisation, meilleure précision clinique, mêmes priorités de prise en charge (poids, activité, contrôle cardiométabolique).

Renommer NAFLD/NASH en MASLD/MASH est effectivement plus un recadrage qu’un bouleversement clinique : on continue à dépister la stéatose, stratifier la fibrose (FIB-4/ELF/élasto) et traiter les comorbidités. Mais le glissement n’est pas neutre. D’abord, il remplace un diagnostic « par exclusion » (non-alcoolique) par un diagnostic « par inclusion » centré sur la dysfonction métabolique, ce qui peut améliorer l’appropriation par les patients et la cohérence avec le risque cardio-métabolique. Ensuite, il impose de mieux phénotyper : quid des patients stéatosiques sans critère métabolique (nouvelle catégorie), et surtout des formes mixtes alcool + métabolique (MetALD) souvent rencontrées. Enfin, en recherche/essais, les critères d’inclusion, la comparabilité des cohortes historiques et les endpoints devront être harmonisés, sinon risque de confusion plutôt que de clarté.