Chutes chez la personne âgée : quand dépister une hypotension orthostatique et comment agir (cas clinique bref)
Cas clinique
Mme L., 84 ans, vit seule, autonome pour les AVQ avec canne. Deux chutes en 3 semaines, surtout le matin au lever, sans perte de connaissance. Hématomes cutanés, pas de fracture. ATCD : HTA, diabète type 2, dépression, arthrose. Traitements : amlodipine 10 mg, hydrochlorothiazide 25 mg, metformine, sertraline, zolpidem « si besoin » (en pratique quasi quotidien). Examen : TA couchée 142/78, debout à 1 min 110/70 avec étourdissement, FC 72→74. À 3 min : 108/68.
Points clés (EBM)
L’hypotension orthostatique (HO) est définie par une baisse ≥20 mmHg de la PAS ou ≥10 mmHg de la PAD dans les 3 minutes suivant le lever. Elle est fréquente en gériatrie, associée aux chutes, syncope, fragilité et hospitalisations. Les facteurs contributifs sont souvent iatrogènes (diurétiques, antihypertenseurs, hypnotiques), associés à la déshydratation, neuropathie autonome (diabète) ou déconditionnement.
Conduite pratique proposée
- Confirmer et caractériser : mesure couchée et debout à 1 et 3 min, symptômes, contexte (post-prandial, lever nocturne). Rechercher anémie, trouble hydro-électrolytique, infection, dénutrition.
- Revue médicamenteuse ciblée : discuter une réduction/arrêt du diurétique thiazidique si non indispensable, réévaluer dose d’amlodipine, déprescrire le zolpidem (risque chutes/délirium), revoir objectifs tensionnels selon fragilité et comorbidités.
- Mesures non pharmacologiques : lever progressif (au lit puis assis), hydratation et apports sodés si absence de contre-indication (IC/IRC), bas de contention si tolérés, éviter stations debout prolongées, fractionner les repas si HO post-prandiale.
- Prévention des chutes : évaluation marche/équilibre (TUG), correction visuelle, chaussage, sécurisation du domicile, kinésithérapie renforçant membres inférieurs.
Message à retenir
Chez une personne âgée qui chute « au lever », la HO est une cause fréquente et souvent réversible, surtout via une stratégie de déprescription raisonnée et des mesures simples, en respectant les préférences et la dignité de la patiente.
Sources : ESC Guidelines on syncope (2018) ; HAS – Chutes répétées chez la personne âgée (recommandations) ; NICE guideline NG197 Falls in older people (mise à jour).
3 commentaires
Cas très évocateur d’hypotension orthostatique (HO) symptomatique : chute de PAS ≥30 mmHg (ici 32 mmHg) dès 1 minute, avec étourdissement, et réponse chronotrope faible (72→74) suggérant une compensation limitée (possible dysautonomie diabétique et/ou iatrogénie). À dépister devant chutes matinales, sensations de tête vide au lever, faiblesse, flou visuel, surtout chez polymédiqués. Conduite : confirmer mesures TA/FC couché puis à 1 et 3 min (idéalement aussi après repas/à différents moments), évaluer déshydratation/anémie, glycémies, et revoir causes médicamenteuses. Ici, déprescrire/adapter en priorité : diurétique thiazidique (hypovolémie), amlodipine (vasodilatation), zolpidem (risque chute/sédation), et discuter objectifs tensionnels chez 84 ans. Mesures non pharmacologiques : lever progressif, hydratation, bas de contention, apport sodé si possible, éviter alcool/chaleur, kiné/renforcement. Si persistance : options type midodrine/fludrocortisone au cas par cas après bilan et surveillance.
Cas compatible avec une HO symptomatique (diminution PAS 142→110 mmHg à 1 min, soit −32 mmHg) avec symptômes et persistance à 3 min (−34 mmHg). La faible réponse chronotrope (+2 bpm) renforce l’hypothèse de dysautonomie (diabète) et/ou d’effet médicamenteux. Le profil de risque iatrogène est élevé : association vasodilatateur (amlodipine 10 mg) + diurétique thiazidique (HCTZ 25 mg) favorisant hypovolémie, et zolpidem quasi quotidien augmentant le risque de chute indépendamment de la TA. Priorités d’action (quantitatives) : confirmer par mesures standardisées (1 et 3 min, répétées, idéalement orthostatisme actif) et évaluer hydratation/ionogramme. En première intention : déprescription/ajustement (réduire diurétique/amlodipine selon objectifs tensionnels, arrêter zolpidem), mesures non pharmacologiques (lever progressif, hydratation, bas).
Cas très évocateur d’hypotension orthostatique symptomatique (baisse systolique >20 mmHg à 1 et 3 min, symptômes reproduits) avec réponse chronotrope pauvre (FC quasi inchangée), faisant discuter une dysautonomie/neuropathie diabétique et/ou un effet iatrogène. Le contexte (chutes matinales au lever) et la polymédication orientent vers un dépistage systématique orthostatique chez tout patient âgé chuteur, surtout sous antihypertenseurs/diurétiques et psychotropes. Conduite pratique : sécuriser (lever progressif, bas de contention, hydratation, apports salés si possible, fractionner repas, éviter chaleur), revoir les traitements (réduire/stop HCTZ, réévaluer dose d’amlodipine, arrêter zolpidem, rechercher autres causes comme déshydratation/anémie), mesurer TA/FC orthostatiques répétées et idéalement automesures. Si persistance symptomatique malgré mesures et optimisation iatrogène, discuter bilan cardio-neuro et traitements spécifiques (midodrine/fludrocortisone) avec prudence.
Le tableau est très compatible avec une hypotension orthostatique (HO) symptomatique : baisse de PAS 142→110 mmHg à 1 min (−32 mmHg, seuil ≥20) avec symptômes, persistante à 3 min. L’absence de réponse chronotrope (FC 72→74) suggère une HO neurogène ou une incompétence chronotrope, mais iatrogénie très plausible (diurétique, amlodipine, hypnotique) + déshydratation matinale. Le dépistage est indiqué ici devant chutes matinales répétées : mesure TA/FC couché puis debout à 1 et 3 min, idéalement après lever/prise médicamenteuse. Actions quantitatives : réévaluer objectifs tensionnels (84 ans, chutes) et réduire facteurs de risque : arrêter zolpidem (corrélé aux chutes), diminuer/stopper HCTZ, discuter baisse amlodipine, vérifier ionogramme/créatinine, HbA1c et neuropathie diabétique. Mesures non pharmacologiques (hydratation, lever progressif, bas de contention, fractionnement repas) et suivi par carnet TA orthostatique. Si persistance symptomatique malgré optimisation, envisager midodrine/fludrocortisone avec surveillance (HTA couchée).

Cas très pédagogique illustrant une HO symptomatique : baisse tensionnelle précoce (dès 1 min) et quasi absence de réponse chronotrope, compatible avec dysautonomie diabétique et/ou effet médicamenteux. Le dépistage est indiqué devant chutes au lever, étourdissements, polymédication et diabète. Conduite à tenir : confirmer par mesures répétées (couché puis 1 et 3 min, idéalement après lever matinal), rechercher déshydratation/anémie et facteurs favorisants (repas, chaleur). Revoir les traitements : réduire/arrêter diurétique si possible, réévaluer dose d’amlodipine, limiter zolpidem (risque de chute/sédation), discuter alternatives et horaires de prise (éviter le matin). Mesures non pharmacologiques : lever progressif, hydratation, apport sodé si non contre-indiqué, bas de contention, exercices de contraction, sécurisation du domicile. Si persistance : avis spécialisé et discussion midodrine/fludrocortisone selon comorbidités.