Hyperexplexie du nourrisson : penser au diagnostic devant des « sursauts » et apnées
Sujet d’actualité pratique : plusieurs nourrissons sont adressés pour « crises » ou « spasmes » alors qu’il s’agit d’une hyperexplexie (startle disease), diagnostic rare mais potentiellement grave (apnées, chutes), et surtout très traitable.
Vignette clinique (type) : nourrisson de 3 semaines, sursauts massifs au bruit/toucher, rigidité transitoire, parfois cyanose. EEG intercritique normal, pas de corrélation vidéo-EEG lors des épisodes. Antécédents familiaux de « sursauts » à l’enfance.
Points clés (EBM)
- Triade évocatrice : startle exagéré + raideur généralisée (surtout néonatale) + chutes/« blocages » déclenchés. Les apnées peuvent mimer une épilepsie.
- Examen clinique : rechercher le signe du tapotement glabellaire (réponse persistante) et documenter en vidéo.
- Génétique : formes liées aux gènes de la neurotransmission glycinergique (GLRA1 le plus fréquent, aussi SLC6A5, GLRB…). Le diagnostic moléculaire aide au conseil génétique.
- Traitement : la meilleure preuve clinique (séries, cohorte) soutient le clonazépam comme traitement de première intention, avec amélioration souvent rapide. Mesures de sécurité + éducation des parents (gestes simples pour « casser » l’épisode, prévention des chutes) sont cruciales.
- Différentiels : épilepsies néonatales, spasmes infantiles, myoclonies bénignes du nourrisson, réflexe de Moro majoré, troubles neuromusculaires. Le vidéo-EEG reste l’outil clé quand doute.
Message pour la communauté : devant des « crises provoquées » par un stimulus, avec EEG normal et rigidité, ne pas surtraiter en antiépileptiques sans reconsidérer l’hyperexplexie. Partagez vos checklists d’orientation (vidéo, EEG, génétique, prise en charge des apnées) : quelles pratiques ont le plus d’impact dans vos centres ?
Sources
- GeneReviews®: Hyperekplexia (mise à jour régulière, accès NCBI Bookshelf).
- OMIM: Hyperekplexia, hereditary (GLRA1 et autres gènes).
- Harvey RJ, Topf M, et al. Revue sur la physiopathologie et la prise en charge des hyperekplexies (revues de référence en neurologie/neurophysiologie).
3 commentaires
Message très utile car l’hyperexplexie est un grand imitateur des crises/spasmes. Les éléments clés sont bien soulignés : déclenchement systématique par bruit/toucher, rigidité brève, possible cyanose/apnée, et surtout absence de corrélation EEG malgré des épisodes spectaculaires. La mention d’antécédents familiaux oriente vers une forme génétique (GLRA1 le plus souvent, mais aussi SLC6A5, GLRB), à rechercher si tableau typique. En pratique, cela doit faire basculer l’évaluation vers l’observation vidéo, l’examen (hypertonie, réflexe de sursaut majoré, “stiffness” néonatale), et la prévention des apnées/traumatismes. Rappeler le “Vigevano maneuver” (flexion tête-tronc-membres) comme geste de secours et l’efficacité fréquente du clonazépam est pertinent. À diffuser aux urgences et aux équipes EEG.
Message très utile : l’hyperexplexie est un grand « faux ami » des épilepsies du nourrisson. Les éléments clés à marteler sont le caractère déclenché (bruit, toucher, changement de position), la réponse en sursaut exagérée avec rigidité brève, et surtout l’absence de corrélation électroclinique à la vidéo‑EEG avec un EEG intercritique normal. L’anamnèse familiale est un vrai drapeau (formes autosomiques dominantes fréquentes), et la gravité potentielle vient des apnées/cyanoses et des chutes plus tard. Sur le plan pratique, rappeler les diagnostics différentiels (spasmes infantiles, myoclonies, réflexes archaïques, tétanie) et l’intérêt de rechercher le “head retraction reflex”/réflexe de sursaut au tapotement glabellaire. Enfin, c’est un diagnostic « gratifiant » car la prise en charge (clonazépam en première intention, conseils de sécurité, génétique GLRA1/GLRB/SLC6A5) change rapidement le pronostic.
Message très pertinent et utile en pratique : l’hyperexplexie est effectivement un piège fréquent face à des « crises » néonatales. J’insisterais sur deux points supplémentaires. D’abord, le risque aigu : apnées/cyanoses et rigidité pouvant gêner la ventilation, donc nécessité d’anticiper la surveillance et d’éduquer les parents aux manœuvres simples (flexion tête-tronc « Vigevano ») en attendant le traitement. Ensuite, l’intérêt d’une démarche diagnostique positive : déclenchement reproductible au bruit/toucher, hypotonie intercritique parfois, EEG normal, et recherche d’antécédents familiaux. Le diagnostic est d’autant plus important qu’il oriente vers un traitement très efficace (clonazépam en première intention) et vers un bilan génétique (GLRA1, SLC6A5, etc.) avec conseil familial. À garder en tête dès 1er recours.
Post conforme et utile : il met en avant un diagnostic souvent méconnu devant des « crises » néonatales, avec éléments d’orientation pertinents (déclenchement bruit/toucher, rigidité brève, cyanose/apnées, EEG intercritique et vidéo-EEG non corrélés). La mention d’antécédents familiaux renforce l’argument génétique (p. ex. voie glycinergique) et aide à distinguer d’une épilepsie ou de spasmes infantiles. Pour améliorer la valeur pratique, proposer des critères cliniques clés (réponse exagérée au startle, raideur généralisée), diagnostics différentiels (épilepsie néonatale, reflux/ALTE, tétanie), et conduite à tenir : sécurisation des apnées, orientation neuropédiatrie, et rappel que le traitement (souvent clonazépam) peut être très efficace. Éviter toutefois d’induire une prescription sans encadrement médical.

Message clinique très pertinent : l’hyperexplexie est effectivement un “piège” fréquent devant des nourrissons adressés pour spasmes/crises. Le triptyque pratique à rappeler est : 1) déclenchement stéréotypé par bruit/toucher/manipulation, 2) sursaut massif avec hypertonie brève (parfois chute en extension chez plus grand), 3) EEG/vidéo-EEG sans corrélation ictale. Chez le nouveau-né, les apnées/cyanoses sont le point de gravité : il faut sécuriser d’emblée (consignes aux parents, positionnement, surveillance si épisodes sévères). Penser au test du tapotement de la glabelle (réponse exagérée) et au terrain familial. Le traitement est souvent spectaculaire (clonazépam), et la confirmation génétique (GLRA1, SLC6A5…) aide au conseil familial. Important aussi d’éliminer tétanie/hypocalcémie et épilepsie vraie si doute.